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Nationale

Les explications de la Banque d’Algérie

Les explications de la Banque d’Algérie

Le vice-gouverneur de la Banque d’Algérie aura été très rassurant dans son intervention hier matin sur les ondes de la Radio nationale. Rassurant surtout sur la capacité de notre monnaie nationale à résister aux chocs et aux dépréciations.

Pour Djamel Benbelkacem de la BA, la valeur du dinar a reculé de 20% à 22% en 2015, alors que la baisse en 2016 se situe autour des 3%, expliquant cela par rapport au dollar, d’autant que les « monnaies de nos partenaires ont toutes été dépréciées ».

Il dira que des pays comme la Russie, la Turquie ou la Norvège ont tous connu une baisse de la valeur de leur monnaie, jusqu’à 50% pour le rouble russe.

Pour le responsable de l’institution financière, c’est la baisse des cours du pétrole qui a motivé la dépréciation du dinar, d’autant que notre monnaie est gérée dans le cadre d’un régime spécial dit de « flottement dirigé ». L’effondrement des recettes d’hydrocarbures a créé un contexte assez particulier, nécessitant une adaptation urgente des ressources aux dépenses.

« Nous considérons, à la Banque d’Algérie, que le dinar a joué son rôle de premier amortisseur. Mais il ne faut pas que ce soit la seule variable d’ajustement » a prévenu Benbelkacem, affirmant qu’il existe « d’autres variables qu’il faut mettre en œuvre pour pouvoir ajuster notre économie, comme la consolidation budgétaire.

Concernant la valeur réelle de la monnaie nationale, le vice-gouverneur affirme que notre dinar est encore surévalué aux yeux des institutions internationales comme le Fonds monétaire, rappelant que la BA raisonne sur le moyen terme et veut arriver à un dinar stable mais pas de manière conjoncturelle.

Ces déclarations surviennent comme une première réaction aux récents rapports émanant des institutions internationales, comme le FMI ou la Banque mondiale. Mais aussi à la dernière synthèse de l’ONU qui prévoit en 2017 une faible croissance et surtout une inflation élevée.

S’agissant de l’inflation et de son imbrication étroite avec le dinar, le vice-gouverneur pense que ce phénomène n’est pas causé par la dépréciation. « Je ne crois pas que la baisse du dinar soit à l’origine de la forte inflation » dira t-il, bien que les économistes lient toujours celle-ci à la hausse de la masse monétaire en circulation. « En Algérie, cette masse n’a augmenté que de 0,13% en 2015 contre 12 à 15% par an lors des années précédentes » affirme t-il. 

Allant plus loin dans son analyse, il estime que le panier de la ménagère n’est constitué que de 25% de produits importés, c’est à dire sensibles à la variation du dinar, d’ou l’impact « pas énorme » sur les prix. Selon les statistiques de l’ONS (Office national des statistiques), le mois de décembre 2016 aura connu un bond inflationniste de 6,4%. 

Benbelkacem pense que l’origine de cette inflation est surtout liée au manque d’organisation de nos marchés, accusant des formes de spéculation sur les produits frais et un manque de régulation. D’un autre côté, le vice-gouverneur a rappelé la dernière mesure prise par son institution. Ainsi, les banques sont amenées à se refinancer auprès de la Banque centrale, ce qui constitue un retour à la normale pour le marché financier.

 Cette mesure devrait plutôt soutenir l’investissement et le refinancement des banques. Selon ses affirmations, la BA a financé les banques à hauteur de 430 milliards de dinars depuis le dernier trimestre de l’année dernière. Des réescomptes à des échéances diverses. 

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