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Les Etats-Unis et l’UE achèvent le rêve marocain

Les Etats-Unis et l’UE achèvent le rêve marocain

Les Etats-Unis et, tout récemment, l’Union européenne (UE) ont fini par achever le rêve marocain qui veut imposer son plan d’autonomie aux territoires sahraouis, occupés illégalement par le Maroc depuis plus de 40 ans.

Lors de l’examen par le Conseil de sécurité du rapport du SG de l’ONU Ban Ki-moon sur sa tournée dans le cadre du règlement de la question sahraouie, un tweet du 19 mars de Kurtis Cooper, porte-parole de la représentation permanente des Etats-Unis à l’ONU, a laissé entendre que son pays « considère le plan marocain d’autonomie sérieux, réaliste et crédible ».

Finalement, les Etats-Unis ont pris à contrepied les Marocains et ont enterré défensivement leur plan d’autonomie. Depuis, les événements continuent de montrer que sur la question du Sahara occidental, Washington prend progressivement ses distances avec la position de Rabat et va même à contre-courant des thèses du Palais royal.

Le ton du communiqué du ministère de l’Intérieur montre que la page de la confrontation entre Rabat et Washington au Conseil de sécurité, sur la question du Sahara occidental, est loin d’être tournée. Les divergences entre les deux « partenaires » sont si graves qu’elles sont désormais étalées sur la place publique. 

Le torchon brûle encore entre Rabat et Washington. Le 13 avril dernier, les services de John Kerry publiaient leur rapport annuel sur les droits de l’homme. Le document avait pointé du doigt des « problèmes persistants » entravant le respect des droits humains au royaume, tels la « corruption », la « détention arbitraire », « l’usage excessif de la force », la « torture » et les mauvaises conditions de détention ».

Le Maroc, qui a toujours nié l’existence de prisonniers politiques, a relâché, dimanche dernier, un détenu politique emprisonné depuis le 22 mai 2007 à la prison Toulal de Meknès.

Répondant au nom de Mustapha Oussaya, âgé de 33 ans, celui-ci a retrouvé la liberté. La pression américaine a fait son effet. Mais la réaction marocaine ne s’est pas fait attendre. Tout un chapelet de critiques envers le Département d’Etat ont été enregistrées. Mais ces critiques ont été vite balayées par le porte-parole du Département d’Etat.

Celui-ci a rejeté en bloc toutes les critiques exprimées par les responsables marocains. Un « écart » qui a valu à Dwight Bush d’être convoqué une seconde fois, en l’espace de quelques jours, par le ministre délégué aux Affaires étrangères. Ce qui n’exclut pas d’autres développements, dans les jours à venir, concernant cette crise entre Rabat et Washington.

Le Maroc groggy

L’UE a exprimé son soutien à la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso), soulignant l’importance de son mandat pour parvenir à une solution conforme à la légalité et au droit international.

« L’UE soutient la Minurso et son important mandat », a écrit Federica Mogherini, chef de la diplomatie européenne, au nom de la Commission européenne, dans sa réponse apportée à la question de l’eurodéputée espagnole Paloma Lopez, qui l’interpellait sur l’expulsion de la composante civile de la Mission de maintien de la paix des Nations unies au Sahara occidental, soulignant que l’Union « a abordé cette question dans le cadre de son dialogue politique avec le Maroc ».

La haute représentante de l’UE aux Affaires étrangères et à la politique de sécurité a réitéré, à ce titre, le soutien de l’Union aux efforts déployés par le SG de l’ONU, Ban Ki-moon, pour « parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara occidental dans le cadre d’arrangements conformes aux buts et principes de la Charte des Nations unies ».

Federica Mogherini a salué, en outre, les efforts fournis par l’envoyé personnel du SG de l’ONU, au Sahara occidental, Christopher Ross, relevant que « le Conseil de sécurité des Nations unies reste saisi de la question ». L’Union européenne « salue les efforts fournis par Christopher Ross, l’envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies », a écrit Mogherini dans sa réponse à la question de l’eurodéputé Hugues Bayet.

Le chef de la division Maghreb au service Action extérieure de la Commission européenne, Bernard Savage, a exprimé il y a quelques semaines, à l’occasion d’une réunion de la Délégation pour les relations avec les pays du Maghreb et l’Union du Maghreb arabe (DMAG) à Bruxelles, le soutien de l’UE à la Minurso, plaidant pour son maintien après l’annonce de la réduction de son effectif par le Maroc.

« Comme le Conseil de sécurité des Nations unies qui a la compétence, nous soutenons la mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso) qui doit être, à notre avis, préservée », a-t-il affirmé lors de cette réunion de la DMAG.

En insistant sur le droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination, le SG de l’ONU a indiqué qu’il « allait œuvrer à faire avancer ce processus », qualifiant la présence marocaine au Sahara occidental « d’occupation ».

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