-- -- -- / -- -- --
Nationale

Les droits de l’homme, une priorité au Sahara occidental

Les droits de l’homme, une priorité au Sahara occidental

Le Front Polisario a appelé la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, à faire de la question des droits de l’homme au Sahara occidental un dossier prioritaire dans les relations de l’UE avec le colonisateur marocain.

« En tant que Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité de l’UE, il vous appartient, en urgence, de rendre non ambigus les engagements de l’UE en faveur des droits de l’Homme au Sahara occidental, en les mettant au centre de vos relations avec le Maroc », a affirmé le ministre délégué pour l’Europe, représentant du Front Polisario auprès des institutions européennes, Mohamed Sidati, dans une lettre adressée à la responsable européenne, au moment où l’Assemblée générale de l’ONU débattait sur le Sahara occidental.

Le responsable sahraoui a rappelé dans ce sillage que l’UE s’est engagée à promouvoir les droits de l’homme, la démocratie et l’autorité de la loi dans toutes les zones où l’UE exerce ses actions extérieures, sans aucune exception », et à « mettre les droits humains au centre de ses relations avec tous les pays tiers ».

L’UE a conclu différents accords avec le Maroc qui incluent toute une clause portant engagement de promouvoir les droits de l’homme et de respecter une solution pacifique au Sahara occidental pourtant, « aucun de ces objectifs n’a été atteint », a-t-il regretté. De ce fait, soutient-il, l’UE ne peut camper sur son rôle d’« observatrice » face aux pratiques du Maroc, qui « mettent en danger tous ces efforts, d’autant qu’elle a soutenu les recommandations de l’ONU en faveur de la recherche d’une solution juste, pacifique et durable au conflit au Sahara occidental ».

Plusieurs ONG, dont Amnesty International et Human Rights Watch (HRW), « ont signalé et dénoncé des violations flagrantes des droits de l’homme dans les territoires occupés du Sahara occidental, ainsi que des cas d’atteintes aux droits des prisonniers, tel le recours à la torture et à d’autres méthodes illégales et inhumaines. » Dans sa lettre dont une copie a été obtenue par le Jeune Indépendant, Sidati explique vouloir « attirer l’attention de l’UE sur des violations graves des droits humains commises par les autorités marocaines ces derniers jours ».

Il fait état des sévices subis par 21 prisonniers politiques sahraouis du groupe dit de Gdeim Izik, qui ont été insultés et humiliés, leurs effets personnels ont été détruits et plusieurs d’entre eux ont été sévèrement battus, lorsque des gardiens marocains ont fait une descente violente dans leurs cellules dans une prison à Rabat.

Ces prisonniers politiques avaient été arrêtés en 2010, à l’issue du « démantèlement brutal du camp de protestation pacifique de Gdeim Izik qui avait rassemblé des milliers de civils sahraouis réclamant l’application de leurs droits économiques et sociaux ainsi que celle du droit à l’autodétermination », a-t-il rappelé.

 Le 28 septembre dernier, des dizaines de jeunes Sahraouis sont descendus dans les rues pour demander pacifiquement la libération du Sahara occidental et évoquer la mémoire de Hassana El Ouali, activiste des droits de l’Homme et prisonnier politique sahraoui, décédé en prison en septembre 2014 du fait d’une grave négligence médicale. Mme Mogherini a été, ainsi, interpellée au moment où l’Assemblée générale des Nations unies débat sur le Sahara occidental, et où l’UA affirme très clairement son soutien à la décolonisation définitive de ce territoire à travers un référendum. 

Dans une interview parue mercredi dernier dans le quotidien suisse « Tribune de Genève », le coordonnateur du Front Polisario avec la MINURSO, Mhamed Khaddad, a appelé l’ONU à faire respecter le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui compte tenu de ses engagements à mettre fin à l’occupation du Sahara occidental par le Maroc. 

« L’ONU doit faire respecter le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui », a déclaré M. Khaddad en réponse aux questions du quotidien suisse, avant de rappeler que l’ONU s’était engagée à organiser un référendum d’autodétermination du peuple sahraoui et « doit même fixer une date (pour cette consultation populaire) ». Le conflit du Sahara occidental est le plus vieux en Afrique.

Les belligérants, le Maroc et le Front Polisario, ont conclu un cessez-le-feu en 1991 suivi de négociations qui ont conduit à la signature des accords de Houston (Etats-Unis). Ces accords prévoient la tenue d’un référendum d’autodétermination du peuple sahraoui, qui a été ensuite renié par l’occupant marocain.

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email