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Nationale

Les divergences minent l’opposition

Les divergences minent l’opposition

Le dernier sommet de l’Instance de concertation et de suivi de l’opposition, qui s’est tenu lundi au siège du MSP, aura mis à nu les grandes divergences qui minent les pôles politiques qui veulent proposer une alternative au pouvoir.

Ce n’est plus la question de la participation ou non aux élections législatives prochaines qui divise, mais plutôt la finalité même d’une institution politique comme l’ICS, voire les autres structures créées dans la foulée de la Présidentielle de 2014, comme la Coordination nationale des libertés et pour la transition démocratique (CNLTD) ou le pôle des Forces du changement. C’est d’ailleurs sur l’avenir de cet organe que les observateurs ont focalisé leurs intérêts et leurs regards.

L’ICS est elle devenue une coquille vide ? Une structure dépassée par les événements ? A-t-elle trahi ses premiers engagements, d’autant que la majorité de ses fondateurs, issus de la CNLTD ou du Pôle des FC ont, soit atténué leurs discours, soit l’ont nuancé ou complètement changé ?

La plate-forme de Zéralda, dont les signataires voulaient qu’elle soit un texte fondateur et fédéraliste des différentes sensibilités politiques, n’est plus évoquée, la vieille revendication d’une “transition démocratique”.

Faut-il vraiment croire que seules les élections législatives et leurs perspectives en sont la cause ? En fait, cette réunion de l’ICS aura enterré les dernières espérances de cette opposition, qui voulait forger un rapport de force en face de l’autre bloc constitué des alliés de la mouvance présidentielle. Pratiquement, toutes ces ambitions ont volé en éclats, comme en témoignent les grands absents à cette rencontre.

Certains n’ont délégué qu’un représentant de deuxième rang, juste pour accomplir une formalité ou pour éviter d’autres interprétations politiques.

Pour Mokri, cette question était visible et ne pouvait échapper aux médias, le poussant à atténuer l’impact de cette désaffection en déclarant que “l’ICS considère que la position des élections législatives est une affaire qui concerne la souveraineté des partis”.

Même le communiqué officiel indique aux indécis que l’ICS n’a aucune position relative à ces échéances, comme si cela ne la concernait pas. Il fallait réitérer la position de respect du choix des partis membres de cette structure.

Or, ni les boycotteurs (Talai el Houriyat de Benflis et Jil Djadid) ni les participationnistes comme Djaballah n’ont daigné montrer une vraie disponibilité à ce rendez-vous. Le nouveau Front islamiste fondé par l’inamovible Djaballah a refusé d’envoyer un délégué, estimant aujourd’hui, avec la création de son bloc électoral Ennahdha “historique”, qu’il se suffit à lui-même et qu’il n’aura plus besoin de nouvelles alliances.

Rappelons que les grands noms politiques de l’ICS qui ont répondu à l’appel du MSP sont, entre autres, Mokri l’hôte, Belabbas Mohcine du RCD, Filali Ghouini d’El Islah, Benbaibèche de Fajr et l’ancien chef de gouvernement Ahmed Benbitour.

Cependant, pour donner un nouveau souffle à l’ICS, Mokri et ses partenaires ont affirmé qu’il ne baisseront pas les bras et qu’ils vont “poursuivre leur travail politique commun pour trouver une solution à la crise”, exprimant également “des préoccupations” quant à ce qu’ils ont qualifié de “souffrances sociales qui touchent une large frange des citoyens à cause des politiques erronées du pouvoir”, des erreurs contre lesquelles ils disent avoir “mis en garde à maintes reprises”.

Dans la même foulée, l’ICS n’a pas manqué de donner son soutien aux boycotteurs, en faisant allusion aux récentes déclarations du ministre de l’Intérieur, qui avait menacé de sévir en s’interrogeant sur le pourquoi de donner des agréments à des partis politiques qui ne participent pas à l’animation de la vie politique du pays.

Des déclarations de routine, mais qui ne semblent point redonner vie à une opposition qui va sans doute aller en rangs dispersés aux législatives. Pire, une situation pareille signifie pour de nombreux observateurs la première faillite de l’expérience de l’Instance de concertation et de suivi, qui n’a pas résisté aux soubresauts politiques et électoraux. En voulant, mal, cacher l’échec flagrant de cette instance, Mokri sait que d’ici les législatives et sa campagne électorale, l’ICS va s’autodétruire.

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