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Nationale

Les décisions de Boudiaf sont politiques

Les décisions de Boudiaf sont politiques

La corporation médicale se devait de réagir aux récentes purges opérées par le ministre de la Santé et de la Réforme hospitalière. Professeurs, médecins et sages-femmes sont montés au créneau pour dénoncer les dernières décisions de Abdelmalek Boudiaf qu’ils qualifient de politiques, visant à apaiser le front social.

La majorité des praticiens de la santé, dans la capitale de l’Est, accuse le ministre d’avoir agi de manière illogique et même injuste dans la mesure où, précisent-ils, il a puni les employés d’un service dont la charge de travail a dépassé tout entendement alors que des dizaines de maternités à travers plusieurs wilayas de l’Est se contentent de transférer leurs patientes vers celle du CHU Dr Benbadis. Selon eux, il aurait été plus judicieux de punir les services passifs.

Un communiqué portant le sceau du bureau de Constantine du Syndicat national des chercheurs hospitalo-universitaires (Snechu) n’a pas non plus été tendre avec le ministre. Selon la structure syndicale, la mise à l’écart d’un professeur de la stature du désormais ex-chef de service de la maternité du CHU de Constantine, le professeur Barkat, n’a rien de professionnel dans la mesure où ce dernier a pas moins d’un demi siècle d’expérience médicale.

« C’est une décision politique et non professionnelle « lit-on sur la missive signée par le président du bureau syndical de la capitale de l’Est, le professeur Benhcen. Les enseignants chercheurs s’interrogent aussi sur les objectifs réels visés par ces mesures et tout ce tapage médiatique qualifié aussi de « populaire « .

Les professeurs hospitalo-universitaires qualifient en outre la décision de sanctionner des employés sur la base d’un documentaire est contraire à la législation –faisant référence au reportage sur l’état de la maternité du CHU de Constantine diffusé par la télévision algérienne, et dont la réalisation aurait été « commandée « par le ministre lui-même -.

« L’administration du CHU est aussi responsable
du désordre »

Les médecins s’interrogent aussi sur le fait que la direction de la mégastructure sanitaire s’est sortie indemne de toute cette histoire alors qu’il aurait été plus judicieux de demander des comptes aux chargés de l’administration dont la responsabilité reste entière.

Dans leur réaction les professeurs imputent même une partie de la responsabilité du désordre qui règne au sein du CHU à l’actuel chef du département, accusé de n’avoir rien fait pour améliorer les choses lorsqu’il était wali de Constantine de 2006 à 2010.

Il est utile de rappeler, par ailleurs, l’incompréhension qui entoure le cas de l’EHS Daksi, communément appelé clinique des reins. La clinique a vu, à en croire des indiscrétions, son directeur promu, à un poste plus important, alors qu’il avait été suspendu momentanément à la suite de l’envoi par le ministre d’une commission d’experts chargée de faire le point ou plutôt une évaluation de la situation de l’établissement, qui vit les pires moments depuis son entrée en activité.

La totalité des interventions effectuées depuis la reprise de l’activité de greffe en avril 2014 ont en effet échoué (voir le Jeune Indépendant du samedi 1eraoût).

Sur un autre volet, Il est aussi à rappeler que le ministre avait annoncé, lors de sa visite dans la ville des ponts, sa décision de mettre fin au temps complémentaire, qui permettait jusque-là aux médecins et médecins spécialistes de pratiquer aussi bien dans le public que dans le privé.

Abdelmalek Boudiaf s’était alors montré intransigeant sur le sujet : « Je suis le ministre et j’ai décidé de mettre fin au temps complémentaire », avait-il dit, précisant au passage que celui qui veut travailler chez le privé est libre et n’a qu’à prendre une décision, ajoutant qu’il était inconcevable pour tout professionnel de la santé de mettre un pied dans le public et un autre dans le privé.

Des propos mal perçus par le syndicat des professeurs, chercheurs, lequel avait annoncé, lors d’une déclaration antérieure à celle du ministre -avant que n’éclate le scandale de la maternité de Constantine- que ses membres étaient contre la suppression de l’activité complémentaire.

Les médecins avaient précisé que l’Algérie « n’a rien inventé en autorisant l’activité complémentaire qui, en France, se fait au sein même des hôpitaux. Le président du syndicat, s’était interrogé : « Comment peut-on supprimer une activité régie par une loi via des instructions verbales ? »

Il avait estimé que « supprimer cette activité est une mauvaise réponse à un vrai problème, d’autant que nombreux sont les médecins qui activent au noir « . « Il serait préférable, selon le syndicat, d’autoriser cette activité le week-end et les jours fériés, tout en veillant à l’application stricte de la loi même quand c’est une sommité qui la viole « .

Tout en valorisant les efforts fournis jusque-là pour améliorer le secteur, les syndicalistes de Constantine ont par ailleurs mis l’accent sur le fait que si les mêmes méthodes ayant concouru à la fermeture de la maternité de Constantine sont utilisées, il est peu probable que soit maintenue en activité une seule structure publique ou privée. Seules seront épargnées celles qui reçoivent les malades pour seulement les réorienter vers d’autres structures, précisent-on aussi.

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