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Nationale

Les craintes de la présidentielle

Les craintes de la présidentielle

On assiste depuis quelques jours à des marches et des mouvements de foule. Des marches sporadiques, vite stoppées ou noyées. Des courts vidéos sont balancés sur les réseaux sociaux, montrant des manifestations de jeunes et moins jeunes. Cela se passe à Oran, Kherrata, Sétif, Tiaret, Annaba ou Béjaïa.
Ces manifestants scandent des slogans hostiles uniquement à la candidature de Abdelaziz Bouteflika.
Aucune de ces marches enregistrées à l’intérieur du pays (dans la capitale, l’interdiction est maintenue depuis presque vingt ans) n’est attribuée à un quelconque parti politique impliqué directement dans le processus électoral ou dans une politique de boycott du scrutin.
Mieux, ces marches supposées spontanées ou même organisées, ne scandaient aucun nom d’un candidat indépendant. Un signe qui ne trompe pas que toute cette agitation est finement fabriquée et entretenue dans un unique objectif, celui de critiquer le cinquième mandat de Bouteflika, et surtout de mobiliser par petites touches avant de faire boule de neige sur tout le territoire national. La mission est de faire tache d’huile, de maintenir une atmosphère d’incertitude et de défiance, et également de provoquer les dérapages. Le schéma est déjà connu universellement.
Ainsi, bien qu’il existe des contestations ou une certaine colère, on balance des courts vidéos, certains sont bien anciens et truqués, avec un montage sophistiqué des séquences et des images « parlantes », qui diffèrent largement de la précampagne de 2014, où le mouvement Barakat avait échoué lamentablement à mobiliser les citoyens.
En fait, il est bien évident que la présidentielle de 2019 bat son plein sur les réseaux sociaux contre le cinquième mandat. Déjà, le mot d’ordre est largement diffusé, celui d’une action le 24 février prochain. Personne ne sait exactement de quoi il s’agit, mais on prétend que ce genre d’action équivaut à une marche populaire ou une manifestation, voire un sit-in. « Style gilet jaune », ou style qui rappelle le syndrome d’Idleb en Syrie ?
C’est une guérilla à sens unique, virtuelle et qui ne s’accommode guère des valeurs humaines et de l’éthique. Le danger est partout et l’hostilité est bien orchestrée sur cette Toile. Des vidéos alambiqués, des post fantasques et des fake news bombardent nos réseaux.
D’ailleurs, la ministre des TIC s’est alarmée avant-hier de cette vague hostile en déclarant que « des parties intérieures et extérieures cherchent à semer le chaos, mettant en garde contre un « plan de destruction sournois visant à attiser la Fitna que le président de le République a réussi à éteindre ».
Des menaces qui n’ont pas laissé indifférents les pouvoirs publics. Après les mises en garde de Gaïd Salah, le chef d’état-major de l’ANP et vice-ministre de la Défense, c’est au tour du ministre de l’Intérieur de lancer un ferme avertissement contre « toute tentative de sabordage de la présidentielle » et de menacer d’agir contre les « ennemis de l’Algérie » qui, selon lui, « parient sur le fiasco du rendez-vous électoral », en considérant que le scrutin du 18 avril prochain « focalise les regards au plan international ».
Pour Bedoui, « les enfants d’Algérie sauront, ensemble et partant de leur fidélité aux sacrifices des martyrs de la glorieuse Révolution et du devoir national, faire barrage à toutes les manœuvres car convaincus qu’ils n’ont pas le droit à l’erreur ».
Et d’avertir solennellement « tout un chacun à assumer ses responsabilités pour la préservation des acquis réalisés en matière de sécurité et de stabilité, et faire face aux enjeux sécuritaires et économiques ».
Plus personne ne croit que le pays sera sur le pied de guerre vendredi prochain. 
 

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