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Nationale

Les cours pour le BAC à 20 000 DA le mois

Les cours pour le BAC à 20 000 DA le mois

A deux mois et demi des épreuves des examens de fin d’année, BEM et le Bac, les parents s’affairent à garantir à leurs enfants, candidats à ces examens, les conditions de réussite quitte à casser les tirelires.

C’est ainsi qu’en dehors des cours « offerts » par la tutelle via la télévision nationale et autres sites sur le net, les parents sont pour beaucoup confrontés aux difficultés d’assimilation de leurs enfants via ces canaux peu habituels pour nombre d’entre les candidats.

La méthode en vogue, de surcroit la plus vieille, reste les cours particuliers. Face aux mesures préventives induites par la pandémie de la covid-19 on tente ici et là à mettre en place des mécanismes de substitution afin de maintenir « la clientèle ». Jusque-là les écoles de soutien scolaire souvent illégalement « créées » par des retraités du secteur visaient à absorber une demande toujours en hausse.

A Constantine, les candidats au Bac se ruent principalement sur les enseignants des matières essentielles .Les Mathématiques, physiques et sciences expérimentales essentiellement mais aussi les langues étrangères, françaises et anglaises, notamment, viennent en tête des matières les plus convoitées par les candidats.

Ceci sans omettre de signaler les conditions du déroulement des cours. Autrefois, des appartements ou des bâtisses de maison inachevées servaient de classes pour les cours. Aujourd’hui, les “prestataires” de ce type de service s’arrangent désormais avec les candidats pour les déplacements au domicile familial de l’élève mais avec la clef une bonne contrepartie.

La moyenne des cours est négociée à 20 000 DA le mois avec deux séances de deux heures par semaine soit huit séances mensuellement.

Certains enseignants ayant la côte sur la place de la “bourse des cours au noir ” se font désirer et ne baissent jamais leur tarifs en dessous de 15 000 DA les quatre séances de deux heures chacune par mois.

D’autres s’ingénient à trouver des combines qui consistant notamment à convaincre un élève de réunir une demi-douzaine de ses camarades pour des cours collectifs à 50 000 DA le mois avec une séance de deux heures par semaine, soit huit heures le mois.

Des déplacements sont alors arrangés souvent chez l’enseignant. Les familles aux revenus modestes, confrontées aux difficultés financières résultants du confinement et à l’arrêt de certaines activités économiques, éprouvent toutes les peines du monde à subvenir aux besoins vitaux du foyer sont aussi confrontées au dictat de ces “professionnels” des cours de soutien.

« Il n’est pas question que je laisse ma fille travailler toute seule. Je me suis arrangé avec deux enseignants, un pour les mathématiques et un autre pour les sciences naturelles à raison de 30 000 DA le mois, 15 000 pour chacun d’entre eux, pour que ma fille puisse faire des révisions correctes », explique un père inquiet du fait que son enfant n’a pas pu suivre les cours depuis la mi-mars.

« Je ne vous cache pas qu’au début de la pandémie, il y a eu un relâchement total, on avait cru que les examens allaient être repoussés pour l’hiver, mais dès que les rumeurs sur la tenue des examens au plus tard au mois de novembre, ma fille a commencé à suivre sérieusement les cours à la télé », a-t-il dit.

« Maintenant que les dates des examens sont fixées du 13 au 17 septembre, les cours à la télévision ne suffisent plus, du moins c’est ce que m’a dit ma fille, alors il fallait revenir aux anciens reflexes, mais trouver des enseignants ne fut pas chose aisée, beaucoup ont peur de la contagion, alors je ne vous cache pas que je suis prêt à faire des sacrifices », a-t-il lancé avec amertume.

Ainsi face aux failles dans le système, les parents n’ont d’autre choix que de recourir à des « professionnels » qui imposent leur diktat en attendant que l’Etat veuille bien se pencher sur ce phénomène devenu un créneau juteux.

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