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Nationale

Les copies d’examens sous la loupe des experts

Les copies d’examens sous la loupe des experts

Pour lutter contre l’échec et la déperdition scolaire, le ministère de l’Education nationale a mobilisé un groupe d’experts algériens afin de déceler les difficultés d’apprentissage et d’assimilation qui freinent la réussite de certains élèves.

Selon la ministre de l’Education, Nouria Benghebrit, des experts sont actuellement en train de décortiquer des millions de copies des examens de la 5e, du BEM et du Bac, afin d’élaborer une grille d’analyse permettant de déceler les failles ou les erreurs à répétition chez les élèves.

« Le groupe de travail rendra les résultats de ses analyses en mai prochain, ce qui permettra de donner à l’enseignant la solution pour parer à certaines faiblesses récurrentes des élèves », a-t-elle indiqué hier dans une interview à l’APS. La ministre a ajouté qu’il s’agit d’un travail énorme qui se fait car « il nous faut un protocole, comme cela se fait à travers le monde ».

Soulignant l’utilité de cette analyse, elle a expliqué qu’elle mettra à la disposition de l’enseignant la clé pour remédier aux points faibles de ses élèves. « Si des erreurs de syntaxe, de grammaire ou autres se répètent, l’enseignant est dans l’obligation de diriger ses efforts dans ce sens », a-t-elle souligné, avant d’ajouter que seul le système de remédiation pédagogique est à même de réduire le taux de déperdition scolaire et pourra donner une seconde chance aux enfants scolarisés.

« Si on ne passe pas au système des curriculums, et que l’on reste dans les programmes, on ne va pas changer les choses », a-t-elle insisté, expliquant que rien n’empêche qu’il y ait des compositions de rattrapage pour des élèves ayant obtenu des moyennes qui frôlent 10/20.  

Mme Benghebrit se défend de « réformer les réformes », expliquant qu’une réforme sous-entend une rupture à tout point de vue notamment en termes de contenus, d’architecture du système et de son dimensionnement.

« Nous œuvrons à améliorer ce qui a été appliqué depuis 2003. Il y a lieu d’observer et de rectifier », a-t-elle dit, rappelant que le système éducatif algérien n’a connu que deux réformes, celles de 1976 et de 2003. Dans ce contexte, elle a affirmé que la mise en œuvre des programmes de deuxième génération entre dans le cadre de « la révision ordinaire » des programmes.

« La commission au niveau du ministère de l’Education travaille sur la révision des programmes depuis 2009, et cela entre dans le cadre de la révision ordinaire des programmes », a-t-elle précisé. Elle a même noté un retard dans la révision des programmes scolaires en arguant que cette commission s’est penchée sur les programmes de 2003, ce qui donne environ 13 ans de durée, alors que « la norme internationale oscille entre 3 et 5 ans ». 

Défendant ses réformes, elle a assuré que « les nouveaux programmes, dits de deuxième génération, accordent plus de liberté à l’enseignant et plus de responsabilité dans l’évaluation des élèves, en prenant en considération ses différentes compétences dans l’apprentissage ». Pour elle, c’est une vision qui donne une meilleure cohérence et un confort à l’enseignant, qui doit avoir une capacité de mesure.

« Nous sommes passés du programme au curriculum, a explicité Benghebrit », en ajoutant que cette nouvelle méthodologie permet à l’enseignant de prendre en compte l’ensemble des compétences, capacités et activités de l’élève.
La ministre a estimé qu’aucun changement ne peut se faire s’il n’y a pas de changement de méthode d’évaluation, « car les compétences de l’élève sont multiples, dont l’analyse et le potentiel communicatif ».

Concernant les nouveaux manuels scolaires, la ministre a assuré qu’ils seront disponibles pour la prochaine rentrée scolaire, d’autant que son département est assujetti à un agenda et un programme, révélant l’existence d’une commission d’homologation chargée de « contrôler et suivre » l’évolution de l’élaboration de ces supports afin d’éviter les erreurs.

« Nous avons des experts qui veillent au suivi de l’élaboration des quatre manuels scolaires destinés la 1ère et la 2e années primaires. Et nous faisons appel aux experts pour chaque discipline, comme l’Histoire et les affaires religieuses », a-t-elle expliqué.

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