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Nationale

Les caisses de l’Etat menacées

Les caisses de l’Etat menacées

L’Algérie a enregistré sur les cinq premiers mois de l’année un recul de 45,47% de ses revenus liés aux exportations d’hydrocarbures, en raison de la chute des cours de pétrole, provoquant un important déficit de sa balance commerciale, ont annoncé les Douanes mardi dernier.

De janvier à mai, le déficit de la balance commerciale s’est élevé à 6,38 milliards de dollars, contre un excédent de 3,44 milliards de dollars durant la même période en 2014.Les exportations d’hydrocarbures, qui ont représenté 93,52% du total des exportations, ont généré 14,91 milliards de dollars de revenus, contre 27,35 mds USD à la même période de 2014, selon les données du Centre national de l’informatique et des statistiques des Douanes (Cnis), citées par l’agence APS. Au total, les exportations algériennes se sont élevées à 15,94 milliards de dollars, en baisse de 43,67% sur un an. Les importations se sont chiffrées de leur côté à 22,33 mds USD, en recul de 10,22%.

A l’instar de tous les pays aux économies basées essentiellement sur la rente pétrolière, l’Algérie a basculé en l’espace de quelques semaines dans un nouvel épisode d’incertitudes à l’ombre de la chute brusque des cours du brut sur le marché international. Avec une production moyenne de 1,1 million de barils par jour, dont la majorité est destinée à l’exportation à l’état brut, l’Algérie est le 11ème producteur de pétrole à l’échelle mondiale et 3ème en Afrique après le Nigéria et l’Angola.

Avec le passage des cours du pétrole sur le marché mondial sous la barre des 60 dollars, l’Algérie se retrouve dans une position très inconfortable, après avoir connu une embellie qui aura duré au moins 10 ans.

Faible impact des investissements et de l’exploration
Conséquence de ce revirement de situation, les secteurs stratégiques de l’économie algérienne très fortement dépendants des revenus pétroliers, subissent l’impact de la chute actuelle des cours du baril.

Sur les raisons de la baisse des cours de pétrole, la lente reprise de l’économie mondiale après la crise financière internationale en est une cause. Mais pas seulement. Les experts internationaux pointent l’avènement du gaz de schiste dont la production a démarré dans de nombreux pays très consommateurs aussi tels les Etats-Unis d’Amérique.

Par ailleurs, les experts soulignent également les besoins énormes dont souffre l’économie pétrolière et gazière algérienne en termes de rénovation et de modernisation et dont le rythme des travaux en cours demeure insatisfaisant. Aussi, on pointe du doigt la faiblesse de l’exploration dont l’expression manifeste reste l’annulation de beaucoup d’avis d’appels d’offres dans le domaine de l’exploration…faute de prétendants !

Il y a lieu de mentionner aussi les rivalités au sein des pays de l’OPEP et leur impact négatif sur les décisions de cette organisation dont l’Algérie est membre.

Comme conséquence de ces nouvelles mutations énergétiques et de cette richesse artificielle que la majorité des pays rentiers n’arrivent pas à transformer en richesse réelle, subventionnant pour acheter la paix sociale, (subventions et transferts sociaux représentent en Algérie 60 milliards de dollars soit 27/28% du PIB).

Selon l’économiste algérien Abderrahmane Mebtoul, « l’Algérie est le pays qui subventionne le plus au monde les carburants, occasionnant un gaspillage.

La consommation intérieure en gaz en Algérie à ce rythme dépassera les exportations actuelles horizon 2025/2030 qui peinent à arriver à 55 milliards de mètres cubes gazeux, puisque selon les propos du ministre algérien, elle doublera horizon 2030, pour quadrupler horizon 2040 devant penser à un nouveau modèle de consommation reposant sur un MIX énergétique.

En attendant, cette situation de contraction des recettes d’exportation des hydrocarbures impacte négativement aussi le niveau des réserves de change qui observe une stagnation depuis des mois.

A cela, s’ajoute le recours à ces mêmes réserves pour la budgétisation de la Loi de finance complémentaire 2015 en raison du recul du niveau des recettes pétrolières. Les experts considèrent que les contrats signés par Sonatrach avec les pays africains ne sont pas suffisants pour renverser la vapeur et recréer l’excédent commercial des années 2 000.

Ces experts restent circonspects sur les résultats de ces contrats africains tant que la compagnie publique des hydrocarbures n’a pas modernisé ses structures et ses méthodes de gestion qui font d’elle actuellement une entreprise budgétivore. Sur les perspectives à court et moyen termes, l’Etat dispose d’une marge de sécurité de plusieurs mois, sachant que les réserves de change du pays qui avoisinent actuellement les 200 milliards dedollars peuvent assurer au pays plus de 3 années d’importations, tous produits confondus.

Pour le long terme, le développement d’une économie de substitution aux hydrocarbures demeure d’actualité, même si pour l’heure rien n’est fait ou très peu pour permettre à cette économie de substitution de voir le jour, comme en témoigne la course effrénée pour l’exploitation du gaz de schiste en dépit des craintes et opposition que suscite cette perspective énergétique nouvelle.

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