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Nationale

Les cabinets médicaux devront afficher les honoraires

Les cabinets médicaux devront afficher les honoraires

Le secteur de la santé du pays compte plus de 85 000 praticiens entre dentistes, pharmaciens, généralistes et spécialistes, selon un document sur la situation démographique et sanitaire (2000-2017) rendu public par le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière. Plus de défaillance dans les prix des consultations à travers les cabinets médicaux. Le ministère de la Santé a décidé de sévir et d’imposer, en se référant à une nouvelle réglementation adressée à tout le personnel médical privé, l’affichage des prix des consultations aux patients. Mercredi passé, de nombreux cabinets médicaux d’Alger et ses environs ont été soumis à l’obligation d’appliquer cette nouvelle mesure. Des affiches ont été placardées pour cela sur les portes des cabinets, appelant les propriétaires à afficher à la vue du public les prix des consultations. Désormais, la liste des prix des consultations ou autres types d’intervention médicale ou chirurgicale doit être affichée, souligne la note du ministère de tutelle. Au total, 32 184 structures de santé privées sont concernées par cette nouvelle mesure organisationnelle.

Il s’agit de 237 cliniques médicochirurgicales, 33 cliniques médicales, 148 centres d’hémodialyse, 18 centres de procréation médicament assistée, 380 unités de transport sanitaire, 8 352 cabinets de consultations spécialisées, 6 910 cabinets de consultations généralistes, 6 144 cabinets de chirurgie dentaire et 9 962 officines pharmaceutiques. Par ailleurs, cette nouvelle réglementation vise à mieux organiser le secteur de la santé privée et également à imposer la transparence des prix des consultations aux patients.

Grâce à cette nouvelle réglementation, les malades et avant de s’engager seront au courant des prix des consultations, des analyses ou encore des interventions chirurgicales qui sont proposés par les structures de santé privées. Une réglementation qui permettra surtout de mieux lutter contre l’escroquerie sur les prix des soins dont de nombreux patients furent victimes durant ces dernières années. Elle permettra aussi de créer une sorte de concurrence loyale entre les propriétaires de cabinets médicaux, où chacun aura l’obligation d’afficher et de proposer publiquement des prix concurrentiels afin d’attirer plus de patients. Le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière veut aussi, à travers l’affichage des prix des consultations, défendre le droit des patients. En face, ces derniers sont confrontés, depuis ces cinq dernières années, à une augmentation des prix des consultations imposée par de nombreux cabinets médicaux. Rares sont les cabinets qui proposent une consultation à 1000 DA, puisque les consultations commencent à partir de 1500 DA chez la grande majorité d’entre eux, pouvant atteindre 3500 DA chez certains. Devant la cherté des soins chez le privé, de nombreux patients (aux revenus vulnérables) se rabattent sur le secteur public, mais d’autres soucis de taille affectent leur portefeuille. Les patients hospitalisés dans des hôpitaux publics doivent, dorénavant, se débrouiller pour assurer les frais de transport liés à une hospitalisation (entrée et sortie de l’hôpital et séances médicales), quelle que soit la durée de l’hospitalisation (complète, partielle ou ambulatoire). En plus, les examens d’échographie, de radioscopie et d’analyses seront à la charge des patients. Un véritable calvaire pour les personnes hospitalisées et surtout celles ne possédant pas la carte Chifa (une carte de sécurité sociale) car l’ensemble des frais payés par ces derniers ne leur seront pas remboursés. Pis, de plus en plus de directeurs d’établissement de santé publique ont décidé de s’abstenir de prendre en charge certaines mesures au profit des malades, il s’agit pour eux de charges « secondaires », par exemple ne plus transporter gratuitement les

malades hospitalisés dans des ambulances vers d’autres hôpitaux publics ou des établissements privés pour faire des analyses ou un examen radiologique, etc. Cette démarche, qui s’inscrit dans le cadre de la politique d’austérité décidée par l’Etat, permet la diminution des frais pour les hôpitaux publics en ces temps de crise. Du coup, les hôpitaux publics n’auront plus le droit de prendre en charge les malades en matière de transport (ambulance), mais aussi dans d’autres démarches telles que les radios, les analyses et le scanner qui, désormais, seront assurées par d’autres structures de santé, parfois privées, mais avec l’argent des malades.

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