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Nationale

Les bulletins nuls, un record

Les bulletins nuls, un record

Le ministère de l’Intérieur vient de publier des résultats complémentaires sur les législatives en révélant le nombre de bulletins annulés qui a atteint, selon lui, le chiffre ahurissant de 2 109 117.

Ces deux (2) millions de voix sont à soustraire des 8 528 355 (37, 9%) qui ont voté jeudi dernier car elles ne comptent pas dans le décompte final. Ce qui donne exactement un total de 6 419 238 qui ont réellement voté, soit un peu plus du chiffre de l’élection de 2014 où il avait atteint 1,7 millions de voix.

C’est bien dérisoire par rapport aux 23 millions d’électeurs qui représentent le corps électoral. Autrement dit, à peine un peu plus d’un quart des Algériens inscrits sur les listes électorales ont acté leur décision.

Cette masse d’électeurs qui a décidé de voter blanc dépasse largement celle qui a voté pour le FLN qui a récolté 264 sièges. Dans de nombreux bureaux de vote, le bulletin blanc était majoritaire.

En 2012 par exemple, 1, 3 millions d’électeurs ont voté pour le FLN qui s’était taillé la part du lion avec 221 députés. Le vote blanc représente le refus global de l’offre politique. Le vote blanc ne compte pas dans les résultats.

Le vote blanc consiste à déposer dans l’urne une enveloppe vide ou contenant un bulletin dépourvu de tout nom de candidat (ou de toute indication). C’est aussi un bulletin déchiré ou griffonné qui n’est pas pris en compte dans les résultats de l’élection. Il est parfois difficile d’interpréter le sens d’un vote nul.

L’électeur n’a pas forcément souhaité que son vote soit nul. Mais il arrive également que l’électeur ait volontairement déposé un bulletin nul pour manifester son opposition aux différents candidats et programmes présentés. Ce type de vote indique toutefois une volonté de se démarquer du choix proposé par l’élection.

On dit qu’il n’est pas comptabilisé dans les suffrages exprimés. Le vote blanc n’est pas considéré comme un vote. Il traduit en réalité soit un désintérêt total pour la vie publique, soit un choix politique consistant à ne pas se prononcer afin de montrer son désaccord avec la politique en général ou l’activité partisane.

Néanmoins, l’abstention semble traduire une crise de la représentation et peut poser la question de la légitimité du pouvoir politique élu avec une faible participation. C’est le cas notamment du FLN qui a pris la première place et qui aspire selon son SG, Ould Abbès, à piloter le futur gouvernement.

De quelle légitimité populaire peut-il aujourd’hui se prévaloir si le nombre de votants pour ce parti ne dépasse pas 1 million d’électeurs sur les 23 millions inscrits au fichier national ? Pour autant, la responsabilité de la classe politique est aussi mise en cause en raison du faible intérêt accordé à la pratique partisane. Durant toute une législature, les partis sont totalement absents du débat politique au sein de leur commune ou région.

Les citoyens ne sont sollicité que durant la campagne électorale qui dure vingt-et-un jours. Très peu pour susciter l’adhésion et l’enthousiasme des personnes sollicitées.

Si le niveau de l’abstention qui a atteint 63% est une gifle pour l’administration, le vote blanc constitue une humiliation pour la classe politique. Le message est en effet le suivant : « J’accomplis mon devoir électoral, mais refuse tous les candidats que vous me proposez ». 

Ainsi après les abstentionnistes (14 millions d’électeurs), c’est le « parti » des bulletins blancs et nuls qui s’est illustré lors de ces élections législatives. Avec 24,47% des votants, le taux de ces bulletins ne choisissant aucun des 60 partis ni aucune des 168 listes indépendantes a, en effet, atteint un niveau record, dépassant celui enregistré en 2012. Il dépasse même le FLN, le parti majoritaire.

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