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Les Brics défendent le multilatéralisme

Les Brics défendent le multilatéralisme

Le sommet des BRICS, qui s’est achevé jeudi, a privilégié les sujets commerciaux qui unissent le Brésil, hôte de la réunion, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud, plutôt que d’aborder les problèmes politiques sensibles du moment.
Le multilatéralisme doit être, selon le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud, “renforcé et réformé” pour être “plus ouvert”, indique leur communiqué final.

“Il est essentiel que les membres de l’OMC évitent toute mesure unilatérale et protectionniste”, insistent les cinq pays membres du groupe des Brics, en pleine guerre commerciale entre les Etats-Unis de Donald Trump et Pékin.

Jeudi matin, le président chinois Xi Jinping avait annoncé la couleur. “Le protectionnisme montant et l’unilatéralisme créent un déficit de gouvernance, de développement et de confiance” et “déstabilisent l’économie mondiale”, a-t-il lancé.

Pas un mot dans la déclaration finale sur le Venezuela ou la Bolivie, encore moins sur Hong Kong. En revanche, le premier ministre indien Narendra Modi a estimé que le commerce entre les cinq pays membres devaient à l’avenir atteindre 500 milliards de dollars par an.

Souvent critiqué pour son alignement aveugle sur les thèses défendues par Donald Trump, le président brésilien Jair Bolsonaro a su pratiquer le grand écart. « Il a montré comment un leader devait se comporter, surtout vis-à-vis de la Chine », estime Roberto Dumas, professeur d’économie à l’école de commerce Insper.

Jair Bolsonaro a non seulement offert une nouvelle tribune à Xi Jinping, qui a fustigé « le protectionnisme et les intimidations à contre-courant [qui] bouleversent le commerce international et accentuent les pressions récessionnistes sur l’économie mondiale », mais il en a profité pour afficher ses nouvelles convictions : « la Chine fait de plus en plus partie de l’avenir du Brésil », a assuré le président d’extrême droite, qui avait auparavant soupçonné la Chine d’avoir des visées impérialistes sur le Brésil.

Zone de libre-échange
Et Xi Jinping de lui retourner le compliment, en promettant des échanges « d’égal à égal ». Visiblement, le courant passe bien entre les deux chefs de l’Etat, qui se sont déjà rencontrés deux fois en moins d’un an. Il s’agit peut-être d’une stratégie de la Chine pour mieux placer ses entreprises dans la course à l’implantation de la technologie des 5G (cinquième génération) au Brésil.Quant à Vladimir Poutine, il a eu beau jeu d’appeler ses homologues des BRICS « à ne pas se laisser abattre » par le protectionnisme.

En matière de flirt avec Pékin, c’est le ministre brésilien de l’Economie qui remporte la palme d’or. « Nous avons évoqué la possibilité de créer une zone de libre échange avec la Chine, simultanément à notre demande d’entrée à l’OCDE », a annoncé Paulo Guedes. « Le Brésil est resté isolé pendant quarante ans, et il a encore l’une des économies les plus fermées au monde. Ce que nous voulons, c’est davantage d’intégration. Nous avons perdu trop de temps, nous sommes pressés. Nous voulons rattraper le retard de quarante ans en quatre ans », a-t-il affirmé. Les conseillers du ministre ont par la suite précisé que le libre-échange avec la Chine était un objectif à long terme, mais cette déclaration d’intention démontre bien l’importance du rapprochement opéré au sein des BRICS.

Fondé en 2006 (sans l’Afrique du Sud), le groupe des BRICS s’est peu à peu éloigné de ses origines idéologiques. « Les BRICS ne sont plus le bastion de la défense des intérêts du tiers-monde, assure un responsable brésilien, mais ils peuvent offrir une alternative de financement de projets d’infrastructures grâce à la Nouvelle banque de développement (NDB) ». Cette institution, surnommée la Banque des BRICS , a accordé des prêts de 12,5 milliards de dollars depuis sa création en 2015. Elle souhaite admettre de nouveaux membres en son sein afin de prêter davantage à l’avenir.

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