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Nationale

Les bienfaiteurs de Bourached

Les bienfaiteurs de Bourached

Restos de la solidarité ou restos de la rahma, l’appellation importe peu. Ce qui importe, ce sont les actions caritatives qui se multiplient pendant le Ramadhan.

Le mois sacré de ramadhan est une période à part, synonyme de miséricorde, de partage et de piété. Durant le mois du jeûne, des personnes dans le besoin, des sans domicile fixe (SDF), ou bien des voyageurs de passage, sont confrontés à un véritable souci, celui de trouver un endroit où se restaurer et rompre ainsi une journée de jeûne.

En effet, cette catégorie de jeûneurs prennent la direction des restaurants dans lesquels les plats sont préparés bénévolement, dans une ambiance bon enfant et conviviale.  Ces endroits affichent complet deux heures avant l’Adhan d’El Iftar.

Comme chaque année des restaurants Rahma ouvrent un peu partout, gérés par des bénévoles, pour servir un plat chaud aux personnes nécessiteuses.

Pour répondre à la forte demande, le ministère de la Solidarité nationale et de la Famille, les scouts musulmans, le Croissant-Rouge, les commissions locales de la solidarité, les APC, les associations agréées ainsi que certaines entreprises étatiques et privées ont tous redoublé d’efforts pour servir des repas gratuits et alléger le quotidien de ces personnes.

Promouvoir la citoyenneté par l’action 

Ainsi, sur l’autoroute Est-Ouest, sur tout le long de son itinéraire, on trouvera ces bienfaiteurs à hauteur de la bretelle de la commune de Bourached, une petite ville, située au sud de Aïn Defla et distante de 9 km du chef-lieu de wilaya.

Ce sont une vingtaine de personnes postées au bord de la chaussée, pas loin du contrôle de la Gendarmerie, munies d’un gilet fleuri et d’une pancarte sur laquelle est écrits en gros caractères noirs « resto Rahma », faisant de grands signes aux automobilistes de passage qui se voient offrir, s’ils choisissent de s’arrêter, un repas chaud.

C’est dans une école pas loin de l’autoroute que ce resto a choisi d’ouvrir ses portes, un endroit sécurisé, « la présence des éléments de la Gendarmerie nationale qui participent à cette action en sécurisant la circulation routière, dissipe toutes les appréhensions « , nous affirme l’initiateur, Selmane Noureddine, P/APC : « Des routiers au long cours, des citoyens voyageant en bus et même des familles circulant à bord d’un véhicule de tourisme s’arrêtent, sans arrière-pensée » explique, notre interlocuteur.

Forte de son expérience qui date de l’année dernière, ce restaurant Rahma sert entre 250 et 300 repas chaque soir pendant le ramadan. Il faut dire que cette école, dispose d’une cantine spacieuse.

Dans les cuisines, c’est une vraie fourmilière. Une trentaine de bénévoles s’occupent de la préparation, de la mise en place des couverts, du service et du rangement ; l’un des bénévoles nous déclare « Je travaille dans l’humanitaire depuis 10 ans maintenant. Ça me fait plaisir quand je rends service aux autres. Nous essayons de faire de notre mieux pour que ces gens soient rassasiés et se sentent comme chez eux « , a-t-il ajouté.

Ces bénévoles effectuent 2 à 3 services, « Nous faisons entrer les familles d’abord, car elles sont accompagnées de leurs enfants, ensuite les autres. Tout le monde a droit à un repas » rétorque un bénévole.
Quelques minutes avant l’appel à la prière de maghreb, on remarque que les bénéficiaires sont nombreux. Citoyen lambda, routier, policier, gendarme, et journaliste… sont de la partie.

La plupart se restaurent sur place, dans le réfectoire de l’école. Ils sont principalement des passagers d’occasion, mais pas seulement, certaines natifs de la région et démunis viennent seuls, pour manger mais aussi profiter de l’ambiance chaleureuse régnant les soirs de ramadan ; c’est l’exemple de Hocine : « C’est le deuxième ramadhan que je passe ici ; les gens sont sympas, la bouffe est bonne et c’est tout près du dortoir où je passe la nuit ». De temps à autre Hocine prend un tablier et aide au service. Tout le monde a pris sa place à l’intérieur.

Il y avait même quelques places libres pour les retardataires. Ainsi, la rupture du jeûne met fin à toutes les discussions pour céder place au cliquetis des cuillères. Dans la salle, les discussions ont repris. Certains ont déjà fait connaissance depuis le rassemblement de la placette.

Apres le Ftour, il ne restait que les bénévoles ; plus personne, une salle et une placette vides, La première question qui vient à l’esprit a ce moment là : quel est le coût de cette opération ? « À approximativement 80 000 DA est le chiffre « qui est avancé pour chaque soir. Mais sans s’étaler, le premier responsable de cette commune explique, que « ce n’est nullement une question d’argent, mais une action de générosité et de solidarité ».
 

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