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Nationale

Les banques étrangères «s’adjugent» les premiers clients de la Symbol

Les banques étrangères «s’adjugent» les premiers clients de la Symbol

Différemment accueilli aussi bien par les citoyens que par les organismes concernés (producteurs, revendeurs et établissements bancaires), le crédit à la consommation est timidement relancé bien que le feu vert ait été donné.

Au moment où la publication au journal officiel du texte fixant la liste des produits éligibles au crédit devait lever le dernier obstacle, il s’avère que la plupart des banques n’ont toujours pas entamé les modalités octroi des crédits. Et pour celles qui l’ont fait celles-là l’ont jusque-là limité à quelques produits si ce n’est à un seul.

Et, pour cause, on voudrait limiter au maximum les risques de non remboursement des crédits.

Hormis des banques privées, à l’image de BNP Paribas, dont les guichets ont entamé la réception des dossiers des clients, ou encore Société générale dont le début de l’opération a été fixé pour demain, soit le 1er février, la plupart des autres banques, publiques notamment, n’ont toujours pas fixé de date.

A en croire les chargés du dossier au niveau de quelques succursales, le principe désormais acquis, finira par être vulgarisé. Un simple chiffre fourni permet, en effet, de constater l’afflux des Constantinois pour la nouvelle souscription.

Chez le seul concessionnaire automobile dont un des produits a été élu made in Algeria, la Symbol en l’occurrence, une affluence inhabituelle a été constatée au niveau du showroom de la marque dans la capitale de l’Est. Selon le préposé à l’information du représentant de la marque au losange, Ils sont déjà près de deux cent trente demandeurs à avoir souscrit chez le concessionnaire pour la seule acquisition de la Symbol via le prêt bancaire. Une course contre la montre semble s’être emparée de certains citoyens algériens.

Même constat au niveau de la succursale du centre-ville de BNP Paribas. D’habitude, relativement calme, la banque est bien plus animée depuis que radio trottoir a diffusé l’information que l’établissement bancaire français a entamé à la mi-janvier la réception des dossiers de prêt pour l’achat de la Symbol, et du coup l’engouement se fait de plus en plus important. Des dizaines de citoyens prennent d’assaut quotidiennement la succursale, qui pour s’informer qui pour déposer sa demande.

Selon un des agents de la banque, les règles nécessaires devant régir les procédures d’octroi des prêts sont fin prêtes, mais seulement pour les véhicules. Les souscripteurs sont tenus de prouver qu’il ont bel et bien fait une demande au niveau du concessionnaire. Ils déposeront par la suite au niveau de la banque un dossier où le fameux certificat de conformité est obligatoire.

Ce dernier devrait prouver « l’algérianité » du produit. Les demandeurs seront aussi tenus de présenter un dossier composé de la facture pro-forma, d’une attestation de travail et des fiches de paie, en sus de documents prouvant leur solvabilité.

Toujours selon le représentant de la banque, après dépôt l’accord pour l’octroi de crédit ne prendra pas plus d’une quinzaine de minutes. Restera alors l’étude du dossier qui normalement est centralisée au niveau de la direction générale à Alger.

Il sera alors procédé à l’étude au cas par cas sur la base de laquelle sera défini le montant de l’apport initial du client, celui du crédit ainsi que la durée de remboursement qui ne pourra en aucun cas dépasser les 60 mois ainsi que le montant mensuel du financement accordé lequel ne peut dépasser les 30% du salaire mensuel du souscripteur. Et c’est bien entendu à ce dernier d’accepter ou de refuser l’offre de la banque.

Ceci sachant que la banque prend sous hypothèque le véhicule durant toute la période du prêt, nonobstant une assurance tout risque prise en charge par le client et même une souscription à un capital décès du propriétaire-préteur.

Concernant le taux d’intérêt, la banque a plafonné ses bénéfices entre 9.2 et 10.40% du prêt. Bien qu’à l’entame de l’opération, une petite faveur a été faite aux premiers clients soit un taux d’intérêt variant entre 8.6 et 9.3% pour ceux ayant déposé leurs dossiers au mois de janvier.
Un taux pas très loin de celui devant être appliqué par la Société Générale.

A ce propos, selon l’un des agents de cette dernière le taux d’intérêt de la banque française sera fixé entre 7 et 10%. Ceci au moment où peu d’informations ont filtré des banques publiques. Selon le responsable d’une agence CPA sise à la périphérie de Constantine, aucune instruction n’a été encore donnée à ce sujet.

Entre engouement et réticence, les consommateurs algériens apprécient différemment la formule. Si pour Salim, un citoyen rencontré à la succursale de BNP Paribas, le crédit à la consommation est une aubaine pour sa famille et lui pour acquérir un véhicule neuf, Hamid, la quarantaine, refuse d’adhérer à la formule, notamment pour l’achat de véhicule, pour la simple raison qu’il estime que l’automobile reste un luxe dont il peut s’en passer en ville.

Les moyens de transport en commun se sont développés (bus, tramway et métro à Alger) et « puis le prix du carburant finira par doubler si ce n’est par tripler dans quelques années, je préfère alors utiliser le transport collectif ».

Djamila, quant à elle, rencontrée chez le représentant de l’unique marque automobile circulant sur le marché algérien à avoir été élu produit made in bladi, ne veut pas rater cette occasion. Pour elle, le crédit à la consommation va lui permettre d’acquérir le plus tôt son premier véhicule.

Âgée de 28 ans, Djamila a décroché il y a deux ans un poste au niveau d’Algérie Télécom comme aide-comptable. Elle a réussi à mettre de côté 200 000 dinars, une somme insuffisante pour l’acquisition d’une voiture « respectable, alors je préfère investir à long terme sur une bagnole sûre », nous dit-elle. « Certes, je vais hypothéquer pour cinq ans près de 30% de mon salaire mais cela vaut la peine », précise-t-elle.

Chez le concessionnaire Renault, où l’afflux est très important, une réduction allant de 3 à 13 millions de centièmes a été cédée pour les souscripteurs du mois de janvier. Le prix de la Renault Symbol est fixé entre 117 et 138 millions de centimes.

Pour le seul mois de janvier, le concessionnaire a délivré plus de deux cents factures pro-forma destinées aux demandes de crédit à la consommation. Des demandes qui ne seront satisfaites qu’après trois mois, nous dit-on encore au niveau du représentant de la marque française.

S’il est clair que les banques étrangère plus rodées à ce type de formules semblent ne pas perdre de temps, et tentent de s’adjuger les premiers clients, notamment ceux pressés d’acquérir un véhicule, les banques étatiques continuent de sonder les risques. Mais pour ces dernières beaucoup s’attendent aussi à ce que le taux d’intérêt soit plutôt attractif.

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