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Nationale

Les banques algériennes doivent prendre plus de risques

Les banques algériennes doivent prendre plus de risques

Le système bancaire algérien montre certaines lacunes, comparé à celui du Moyen-Orient et des autres pays de l’Afrique du Nord. Des lacunes essentiellement liées aux capacités « limitées » des banques dans l’évaluation et la prise de risques. C’est le constat établi par Raif Mokretar Karroubi, expert financier, lors de son passage hier sur les ondes d’Alger Chaîne 3.

Selon lui, cette situation justifie les critiques à l’égard des banques. Prenant un exemple précis, l’expert international en finances juge « anormal » que des financements accordés par ces banques, même sur une année, soient garantis, soit par le gouvernement, soit sous forme d’hypothèques couvrant plusieurs fois le montant de ces financements.

Cette manière de faire, explique-t-il, a pour effet de limiter l’accès aux crédits, notamment aux PME lesquelles, rappelle-t-il, représentent un moteur de croissance, et de contribuer à bloquer de « bon projets », pour lesquels les clients n’ont pas beaucoup de garanties à donner. Il s’agit, selon lui, d’une situation liée « à l’incapacité des banques de calculer le risque et de l’évaluer ». « Les banques doivent prendre des risques pour financer des projets, pas uniquement ceux qui présentent des garanties nécessaires », préconise-t-il. Selon ses propos, il y a de mauvais projets avec de bonnes garanties, qui bénéficient de financement, d’un côté. De l’autre côté, de bons projets en manque de garanties, ne seront pas financés. « Cette situation évince du financement beaucoup de bons clients », fait-il savoir. Kharroubi estime qu’« une banque se juge et s’évalue à sa capacité de calculer et de prendre de bons risques », car il y a des risques qu’il faut prendre. Une démarche qui sera accompagnée de certaines mesures, à l’instar de la création d’un fichier central recensant les mauvais payeurs. Les opérateurs économiques auront ainsi accès à ce fichier. Ce modèle de gestion de risques peut bien être appliqué en Algérie, souligne-t-il, tout en l’accompagnant de certaines mesures techniques, ainsi que par la dépénalisation de l’acte de gestion.

Plus critique, cet expert observe que les institutions financières en Algérie fonctionnent « comme un cartel », en s’entendant pour développer les mêmes produits, les proposer au même prix, en « se partageant le marché ». Il a cependant mis l’accent sur le rôle des banques dans le financement de l’économie nationale : « Financer l’économie relève de la compétence des banques ; ce n’est pas à l’Etat de le faire », précise-t-il.

Citant les activités des banques étrangères installées en Algérie, il note qu’elles se sont installées dans des « niches de rentabilité », en faisant en sorte de gagner « pas mal d’argent sans prendre de risques ». En réalité, révèle-t-il, ces banques, « en situation de confort », ne financent pas de projets. Elles laissent le soin à leurs clients de le faire « jusqu’à 110% avec leur propre argent ». Dans l’intervalle, ajoute-t-il, « elles placent celui-ci et prennent des commissions ».

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