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Nationale

Les archives, un dossier qui incommode Paris

Les archives, un dossier qui incommode Paris

Face aux tergiversations de la partie française, le traitement de la question de la mémoire entre Alger et Paris peine à avancer sérieusement. C’est notamment le dossier des archives qui pose plus problème à Paris, qui n’affiche pas la même volonté de les restituer à Alger comme c’est le cas pour les restes mortuaires des résistants martyrs, dont une partie a été récupérée juillet passé.

C’est du moins ce qu’a affirmé le conseiller du président de la république chargé de la mémoire et des Archives nationales, Abdelmadjid Chikhi, lors de son passage, jeudi soir, à la télévision nationale, précisant que le dialogue est suspendu en ce moment.

Chikhi a indiqué que le chantier mémoriel n’a pas un calendrier fixé et que les négociations avanceront en fonction des obstacles rencontrés dans chaque dossier auxquels les conditions  sanitaires actuelles viennent en rajouter une couche.

« Nous avion une demande à faire, nous  l’avons faite, et   nous attendions un retour dans des délais assez raisonnables, mais les choses ont  duré quand même un certain  temps », a déclaré M.Chikhi sur le laxisme de la partie  française  dans la gestion du dossier mémoriel.

Pour les raisons invoquées concernant le retard accusé dans la remise des crânes par les autorités françaises, l’historien a indiqué qu’elles sont d’ordre « légal et scientifique ».

« Le dialogue  est  suspendu  pour des raisons  liées à cette pandémie. Mais  pour  ce qui est des archives, il est suspendu, depuis trois ans, pour d’autres raisons », faisant constater qu’Il y a  « un  problème très profond  dans la société française qu’il convient de traiter ».

« On cherche des échappatoires pour  ne pas  rendre  ces archives. La  dernière en date, la domanialité des archives, c’est-à-dire que ces archives appartiennent au domaine public français, alors que l’Algérie les réclame depuis plus de 50ans », explique-t-il.

Et de poursuivre son constat : «  La bonne foi et la bonne  volonté qui ont présidé à la remise des  restes mortuaires  ne sont pas les mêmes  dans la gestion du dossier des archives ».

Pour le chargé du  dossier de la mémoire au palais d’El Mouradia les choses  sont claires. « Le transport des archives  a été une décision d’Etat. Or, les comportement constatés aujourd’hui  vont à l’encontre de tous les règlements internationaux,  parce que les archives appartiennent au territoire sur lequel  ont été produites ». Il précise que  la partie  restituée aux  autorités algériennes reste  vraiment « insignifiante »  au  regard du  volume immense des archives citées par les historiens et chercheurs français dans les instruments de recherche.

Il relève, dans ce sens,  que les autorités françaises classent ces archives détenues en deux catégories ;  archives administratives et celles  dites de souveraineté, mettant l’accent  sur l’urgence de restituer  immédiatement la partie administrative, car  il n’y a aucune raison valable pour la garder jusqu’à ce jour.

Concernant les copies originelles de ces archives, Abdelmadjid Chikhi est catégorique. L’Algérie ne renoncera pas  aux originaux et  attend  toujours  leur copie numérisée, dont la remise n’a pas encore vu le jour.

«  Si je renoncerai  aux originaux  je me considère comme  étant un  traitre, je ne pourrais pas  renoncer à une propriété algérienne (…), on a signé un accord où il est écrit textuellement que l’Algérie ne renonce pas aux originaux. J’ai admis le principe de la copie numérisée pour faciliter le travail  des chercheurs, les Français l’ont accepté et il n’a jamais été appliqué », ajoute-t-il.

Tout en restant optimiste concernant la position de l’interlocuteur, Chikhi estime qu’il y a  une possibilité de régler ce dossier dans ses différents segments.

L’intervenant a tenu à éclairer sans équivoque que  « ce travail duo qu’il devrait conduire avec son collègue et historien français, Benjamin Stora est censé être réalisé objectivement, sans mentir ou cacher des vérités historiques ».

«  Nous sommes en train de nous chercher, M. Stora et moi en vue de trouver un  train d’entente pour qu’on puisse coopérer  et avoir une vision qui n’est pas forcement  commune mais qui pourrait être intéressante ».

Les deux parties algérienne et  française, dira-t-il, sont censées, dans ce processus lancé  à long terme, maintenir l’existence d’une collectivité humaine dans la vérité  historique. Il a, cependant, souligné que la mémoire  d’un peuple ne s’efface pas, surtout que l’Algérie a été  victime d’un comportement parfois très douloureux, sanguinaire et barbare qui laisse ses traces indélébiles

Par ailleurs, le directeur des Archives nationales regrette que les chercheurs et universitaires travaillent « en vase clos » et n’exploitent  pas ce fonds documentaire  inestimable dans leur recherche,  notamment le lot lié à l’histoire sociale de la population.  La partie la plus copieuse, selon lui,  qui est ouvert et  consultable. Il a, toutefois, indiqué que les documents qui concernent des personnes et des situations politiques sont soumis à une consultation ” plus rigoureuse”.

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