-- -- -- / -- -- --
Nationale

Les appareils de la mort

Les appareils de la mort

Quatre personnes ont perdu la vie dimanche intoxiquées par le monoxyde de carbone émanant du chauffe bain de leurs domiciles. En tout, 48 personnes incommodées par le monoxyde de carbone ont été secourues par les agents de la Protection civile.

Entre 2016 et début 2017, le cap des 400 décès est déjà dépassé. Quelles sont les causes de cette calamité ? Que nous apprennent les centaines d’enquêtes menées par la Gendarmerie nationale ?

Les appareils défectueux ont inondé le marché algérien depuis des années ; pourtant les services concernés, notamment le ministère du commerce connaissent les causes de cette tragédie. Chaque année, plus de 400 personnes trouvent la mort suite à des explosions ou autres fuites de gaz émanant des appareils « Made in Taiwan » qui sont vendus dans le commerce.

Il s’agit des chauffe-bains et chauffages ; ces derniers font chaque année l’objet de contrôles par des agents relevant du ministère du Commerce, mais en vain. La courbe de la mortalité ne cesse d’augmenter au fil des années, cela au moment où les Algériens espéraient le contraire. 

Chaque jour, une moyenne de quatre personnes trouvent la mort suite à des appareils défectueux installés dans les maisons. Plus de 350 morts et 5 000 blessés, tel est le bilan des fuites de gaz suivies d’explosions des appareils défectueux des chauffages et chauffe bains durant l’année passée.

En ce début de l’année, ce sont plus de 50 personnes décédées dans les mêmes circonstances. Quel est le problème ? Comment peut-on réduire le taux de mortalité dû aux appareils de mauvaise qualité ? Ces engins de la mort sont vendus dans les marchés locaux en l’absence de contrôles rigoureux, qui devaient être menés par les services concernés.

Autrement dit, les agents chargés de cette mission effectuent uniquement des contrôles routiniers et périodiques. Les appareils défectueux ont débarqué en Algérie en 2010, date à laquelle les premiers cas mortels dus aux chauffages « made in Taiwan » ont été signalés.

Depuis, la liste macabre ne cesse de s’allonger. Avant-hier seulement, les services de la Protection civile sont intervenus pour prodiguer les soins de première urgence à 48 personnes incommodées par le monoxyde de carbone CO, émanant des appareils de chauffage et chauffe bain dans leurs habitations a travers plusieurs wilayas.

Parmi ces victimes, 22 personnes incommodées dans la wilaya de M’Sila, neuf personnes dans celle de Khenchela, quatre personnes incommodées à la wilaya de Naama, cinq personnes incommodées dans la wilaya d’El Bayadh, trois personnes incommodées à la wilaya de Bordj Bou Arreridj et quatre autres à la wilaya de Skikda, selon la Direction générale de la Protection civile, les victimes ont été prises en charge sur les lieux puis évacuées vers les établissement de santé, par contre quatre personnes sont décédées intoxiquées par le monoxyde de carbone Co émanant du chauffe bain de leur domicile, dont deux personnes à Boumerdés, commune Chaâbat Amer, une personne à Alger à la commune de Béni Messous et une autre à la wilaya de Khenchela, commune de Bouhmama.

2016, une année « meurtrière »

Le nombre des personnes décédées suite aux explosions et fuites de gaz provenant des chauffe bains et chauffages a battu tous les records en 2016. Ils sont plus 300 algériens à trouver la mort durant cette période contre près de 220 en 2015.

Le 21 février 2016, deux personnes sont décédées intoxiquées par le monoxyde de carbone, suite à l’inhalation des gaz brûlés émanant des chauffages de leurs domiciles, l’une des deux victimes est morte dans la wilaya Médéa, commune de Mihoub, et la seconde a perdu la vie, dans les mêmes circonstances, dans la wilaya de Ouargla, à la cité El Mkhadema, dans la commune de Ouargla. Cinq jours avant, soit le 16 février 2016, cette fois trois personnes ont péris, suite à 17 explosions des appareils de chauffage survenues un peu partout au pays.

L’intervention des éléments de la Protection civile pour prodiguer des soins de première urgence a 14 personnes incommodées par le monoxyde de carbone Co émanant des appareils de chauffage et chauffe-bain, dont quatre explosions à Sétif, quatre à Batna, deux cas de fuite de gaz suivie d’explosion à Naâma et cinq autres Bejaia.

Les sapeurs-pompiers ont pris en charge sur place puis évacué dans un état satisfaisant vers les établissements de santé l’ensemble des victimes. Par contre, trois personnes sont décédées asphyxiées par le monoxyde de carbone Co dont deux personnes dans la wilaya de Tissemsilt ç la cité Oued Chaghlou commune de Theniet el Had et une autre personne dans la wilaya de Mila à la cité Mohamed-Boudiaf commune de Chelghoum Laid ; les victimes ont été évacuées vers les morgues des hôpitaux locaux. 

Le 31 décembre dernier, c’est à Boumerdés qu’une femme de 31 ans mariée sans enfants, a trouvé la mort par asphyxie suite à l’inhalation de gaz brûlés dégagés d’un réchaud, à l’intérieur de son domicile conjugal à la commune d’Afir. Durant la même journée, qà Béjaïa, trois personnes sont décédées par le monoxyde de carbone (CO) émanant d’un chauffe-bain.

La tragédie a fait le tour de Béjaia et tout le monde était consterné. Quelques jours avant ce drame, dans la commune des Eucalyptus à l’est d’Alger un autre horrible drame est survenu à la Cité M’barek à Cherrarba, où deux enfants d’un mois et trois ans ont péris suite à l’explosion d’un appareil de chauffage. Selon la Protection civile, le drame s’est produit suite à un incendie.

Des familles entières décimées

Le 16 janvier 2016, un horrible drame avait frappé la commune d’El Bayadh suite à la mort, par asphyxie, d’une famille entière composée de quatre membres.

Les quatre victimes sont décédées intoxiquées par le monoxyde de carbone et une autre personne incommodée a été secourue par la Protection civile, suite à l’inhalation des gaz brûlés émanant d’une chauffe bain de leur domicile, au niveau de la commune et daira d’El Bayadh.

Cette fois c’est un jeune couple et leurs deux enfants qui avaient échappé à une mort certaine après une fuite de gaz suivie d’une explosion de leur appareil chauffage dans un appartement à Guelma. Ils ont été asphyxiés.

Les victimes ont été sauvées et une enquête a été ouverte. Suite à une fuite de gaz provenant d’un chauffage, un incendie s’est déclaré dans le domicile d’un citoyen de 33 ans, à la commune de Bordj-Sabat (Guelma), occasionnant l’asphyxie de son épouse et de ses deux enfants suite à l’inhalation de la fumée dégagée et la destruction totale de l’ameublement et d’effets de literie s’y trouvant.

Une enquête est ouverte par la brigade de Gendarmerie nationale de Bordj-Sabat. Le 28 décembre 2016, suite à une fuite de gaz butane, un couple a été grièvement blessé lors d’une explosion d’un réchaud.

Tout a commencé par une fuite de gaz dégagée par l’appareil de chauffage, avant qu’un incendie suivi d’une explosion ne se produise dans le couloir et la cuisine du domicile d’un citoyen âgé de 38 ans, à la cité Ben-Salem-Miloud, commune de Treat (Annaba), occasionnant des brûlures à des degrés divers au propriétaire et à son épouse âgée de 24 ans, ainsi que l’effondrement du toit de la cuisine et des dégâts importants au matériel s’y trouvant.

Les victimes ont été évacuées sur la polyclinique locale, d’où la femme grièvement atteinte a été transférée vers l’hôpital d’Annaba, où elle est gardée en observation médicale.


Ils ont échappé de justesse à une mort certaine

Le 11 décembre passé, c’est dans la wilaya de Sidi-Bel-Abbès qu’une famille entière a frôlé la mort suite à l’explosion d’un chauffage. Tout a commencé le soir du 11 décembre 2016, suite à une fuite de gaz butane, un incendie suivi d’une explosion, s’est produit dans la cuisine d’un logement de fonction occupé par un inspecteur de l’éducation dans une l’école primaire, à la commune de Amarnas, occasionnant des brûlures à des degrés divers à l’intéressé et à quatre membres de sa famille dont un bébé d’un an, ainsi que l’effondrement du toit de la cuisine et des dégâts importants au matériel s’y trouvant.

Les victimes ont été évacuées sur le CHU de Sidi-Bel-Abbes, où elles sont gardées en observation médicale. Le même jour, c’est à Tlemcen qu’une autre explosion d’un appareil de chauffage avait été signalée dans un appartement, où le propriétaire avait perdu son petit-fils âgé de 14 ans.

En effet, le drame a eu lieu suite à une fuite de gaz butane, un incendie s’est produit dans le domicile d’un citoyen, à la rue Lotfi, commune de Aïn-Youcef, occasionnant le décès par asphyxie de son petit-fils âgé de 14 ans et l’évanouissement de trois membres de sa famille, ainsi que des dégâts à la demeure et la literie et l’ameublement.. Les victimes ont été évacuées sur la polyclinique locale, où l’une d’entre elles a été transférée sur l’hôpital de Tlemcen, où a été également déposé le corps du défunt. Une enquête est ouverte par la brigade de Gendarmerie nationale de Aïn-Youcef.

Le 26 novembre 2016, deux appartements ont été détruits par deux explosions dues aux appareils défectueux de chauffage, la première explosion a secoué un quartier sis dans la commune de Boukhadra, dans la wilaya de Tébessa, et la seconde a été enregistrée à Chéraga, dans la wilaya d’Alger.

Trois membres d’une même famille blessés lors d’une explosion à leur domicile. Par ailleurs, suite à une fuite gaz d’un appareil de chauffage, suivie par un incendie et d’une explosion qui s’est produite dans le domicile d’un citoyen âgé de 40 ans, à la commune de Boukhadra (Tébessa), occasionnant des brûlures au chef de famille, à son épouse et à sa fille âgée de 15 ans, ainsi que des dégâts à la demeure et à la literie.

Les victimes ont été évacuées sur l’hôpital de Tébessa puis transférées sur le CHU d’Annaba, où elles sont gardées en observation médicale. Le même jour, dans la wilaya d’Alger.

Ici, une mère et sa fille ont été asphyxiées suite à l’inhalation de gaz, avant qu’elles soient sauvées. Elles ont été asphyxiées suite à l’inhalation de gaz brûlés dégagés d’un chauffage à l’intérieur de leur domicile à la commune de Cheraga. Les deux victimes ont été évacuées sur l’hôpital de Bainem, où elles sont gardées en observation médicale. Une enquête est ouverte par les gendarmes de la brigade locale.

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email