-- -- -- / -- -- --
Op-Ed

Les âmes de nos martyrs vous maudissent !

Voilà les policiers armés, SVP, dans la rue interdite aux revendications populaires, désarmées, SVP. Bravo l’Etat ! Bravo les policiers et bingo pour le clan. Qu’ils se défoulent donc un peu de l’autre côté de la barrière.

Haut les mains tout le monde, l’Etat en premier ou du moins ce qui en reste, de cet Etat ! Haut les mains tous ces ministres de paille animant le gouvernement d’un Président rongé par la maladie, abusé par un clan qui a osé prendre en otage le pays et ses institutions.

Voulant tout casser, tout désintégrer. Ces Services dont la compétence est reconnue partout, les acquis sécuritaires, les systèmes immunitaires d’un pays. Forcément que le jeu avec les Services a été dur dès le départ, à partir du moment où la mise était Sonatrach livrée au « vendeur-vendu » Chakib Khelil, le coopérant américain par excellence en Algérie.

Forcément que le jeu avec eux n’est juste pas possible à partir du moment où il fallait s’attaquer aux dossiers sales, aux dossiers qui puent, aux dossiers de la corruption, aux dossiers du blanchiment, des détournements des deniers publics… Forcément, encore, que le jeu avec eux est impossible à partir du moment où le pouvoir, le poste de Président en Algérie est décerné par le peuple qui s’exprime dans l’urne. L’Algérie, même si elle en donne l’air, n’est pas une République bananière à vie.

Elle n’est pas non plus un caprice d’influence de mégalos incurables sentant bien le confort des palais de la monarchie d’à côté où les uns sont nés, où les autres ont grandi, et où tous les autres se sont formés…
La force de l’Algérie a toujours été son peuple courageux qui a enfanté des hommes, hier les « novembristes » arrachant la dignité et l’indépendance, aujourd’hui son armée et son appareil sécuritaire, gage des institutions et de l’Etat.

Mais la force de l’Algérie n’a jamais été dans les « rugissements » sourds d’un Président inapte aussi figure historique fût-il. L’Algérie devrait être une ambition d’avenir. Un projet démocratique sans les enchères de cette rédaction d’un « torchon » qui ne voudra rien dire dans la mesure où la mentalité algérienne restera la mentalité algérienne, le changement est lié impérativement à la culture et non pas à la bonne volonté des décrets.

Le peuple veut une stabilité démocratique comme cela se passe ailleurs, sans idéaliser cet ailleurs quel qu’il soit, car rien n’est transposable de façon mécanique et sans précaution à d’autres sociétés, inscrites dans d’autres situations et issues d’une autre histoire. Et « comparaison n’est pas raison ».

Forcément que les policiers, armés, bruissent de la godasse devant la Présidence, symbole d’une réalité sombre  : une anesthésie de l’Etat, des traits de despotisme aisément repérables dans le capitalisme sauvage naissant en Algérie appauvrissant le pauvre et enrichissant le riche, avecun Parlement aux ordres, un Conseil constitutionnel aux ordres et un président mesmardjha…

La force, la dignité, l’avenir de l’Algérie, enfin, ne sont pas dans la traîtrise d’ouvrir la porte de la maison à un juge français, incapable déjà de dénouer les affaires scabreuses de l’Hexagone, la veille de deux dates importantes, le 17 octobre et le premier novembre. Aucun président de la République algérienne n’a osé transgresser ses lignes rouges qui nous feront forcément subir d’outre-tombe la malédiction de nos martyrs.
 

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email