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Nationale

Les Algériens sont-ils tenus de signaler l’accueil d’un étranger ?

Les Algériens sont-ils tenus de signaler l’accueil d’un étranger ?

L’enlèvement suivi de l’assassinat d’Hervé Gourdel par le groupe terroriste Jound El Khilafa a relancé le débat sur l’obligation de signaler l’accueil des ressortissants étrangers en Algérie. Invité par des amis algériens à séjourner en Algérie, le Français a fait plusieurs connaissances avant son arrivée le 20 septembre passé, et ce via les réseaux sociaux.

Ces amis, notamment des étudiants, l’ont accueilli à l’aéroport international d’Alger, toutefois sans qu’ils signalent au poste de commissariat son arrivée. Cette erreur a tourné au cauchemar puisque le Français a été enlevé, deux jours après, par les sbires d’Abdelmalek Gouri, chef de Jound El Khilafa, en Kabylie. Cette affaire a relancé le débat chez les Algériens. Ces derniers s’interrogent sur l’obligation faite à tout hôte de signaler l’accueil des ressortissants étrangers pour éviter les mauvaises surprises.

Dans les années 1990, et pour faire face au terrorisme, les pouvoirs publics avaient établi des réglementations et adressé des instructions afin de contrôler le mouvement de personnes.

Il était question de surveiller les mouvements des terroristes qui se déplaçaient d’une ville à une autre et qui s’installaient dans des cités et autres agglomérations pour préparer et perpétrer des attentats. Il y avait l’instruction adressée par le ministère de l’Intérieur aux agences immobilières pour leur demander de déclarer toute transaction immobilière au commissariat de police ou brigade de la Gendarmerie nationale la plus proche. Son but était d’empêcher les terroristes du FIDA (Front islamique du djihad en Algérie, créé en 1993) de s’installer en milieu urbain.

Ces terroristes ciblaient les intellectuels, parmi eux les journalistes, les médecins, les enseignants universitaires et autres intellectuels. Ils louaient des appartements dans des cités, des quartiers pour s’y installer et préparer des attentats.

Les auteurs présumés de l’assassinat de feu Abdelhak Benhamouda, ancien secrétaire général de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) avaient loué un logement près de la centrale syndicale en vue de préparer son assassinat. L’instruction du ministère de l’Intérieur était ainsi venue pour empêcher l’implantation de terroristes dans les cités et quartiers et, par la même, empêcher la perpétration de nouveaux attentats.

Une autre réglementation avait été décidée, celle obligeant tout Algérien accueillant un ressortissant étranger à signaler son hôte au commissariat de police ou à la brigade de gendarmerie la plus proche. Il est vrai que des « djihadistes » étrangers ont accédé en territoire national pour rejoindre différentes organisations terroristes, dont le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) et, ensuite, Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI).

Cette réglementation vise à empêcher que d’autres terroristes accèdent aux maquis des organisations terroristes dans notre pays. Elle a également pour but de sécuriser les ressortissants étrangers arrivant en Algérie et d’empêcher qu’ils soient ciblés par les terroristes, comme l’a été le guide de montagne français Hervé Gourdel, victime, comme nous l’avons déjà expliqué, d’un ignoble et lâche enlèvement et suivi de son assassinat.

Cependant, et à cause d’un manque de communication de la part des pouvoirs publics concernés, avocats et autres citoyens ignorent l’existence de cette réglementation.

Ce qui rend difficile son application et fait des victimes parmi les citoyens, à l’instar des accompagnateurs d’Hervé Gourdel qui ignoraient, probablement, son existence. A noter que cette réglementation n’est pas appliquée par l’Algérie seulement, mais par tous les pays du monde.

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