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Les Algériens, le rêve américain et la flexibilité de la Trump blacklist

Les Algériens, le rêve américain et la flexibilité de la Trump blacklist

Quelques jours à peine après la mise en application des promesses électorales du nouveau président des Etats-Unis, Donald Trump, l’inquiétude s’empare des ressortissants de la plupart des pays musulmans, aussi bien ceux concernés par l’émigration que ceux liés par des affaires avec la grande puissance.

Bien que le décret interdisant l’entrée aux grand pays de l’Amérique du Nord –pour une durée de trois mois, précisent les rédacteurs du texte- ne concerne que les citoyens originaires de sept pays musulmans, il était attendu que l’inquiétude ne puisse épargner les ressortissants des autres pays à majorité musulmane.

La réduction des distances entre Etats et la mobilité migratoire fait que les passagers d’un vol en provenance d’un quelconque pays pourraient avoir des origines diverses et donc, les deux poids deux mesures dignes des pratiques tant décriées de l’apartheid « s’inviteraient » forcément.

Les voyageurs d’un même vol devront donc supporter un filtrage avant d’espérer pouvoir quitter les zones internationales des aérogares américaines, où mardi, à partir de celui de New York, la chasse au musulman a bel et bien commencé. Plusieurs médias ont en effet diffusé l’information selon laquelle 71 personnes issues de 20 pays avaient été retenues mardi à l’aéroport international John F. Kennedy de New York.

A en croire une information publiée par une coalition d’avocats bénévoles installés à JFK, parmi les personnes « détenues » figuraient des Algériens mais aussi des voyageurs en provenance de Turquie, du Sri Lanka, du Pakistan, de la France, de la Jordanie, du Qatar, de l’Égypte, de la Guinée et du Sénégal, pourtant non concernés par la liste noire établie par le nouveau patron de la Maison Blanche.

Le groupe de défenseurs a également diffusé les nationalités d’autres citoyens issus de cinq sur les sept pays de la « Trump blacklist » qui sont l’Iran, l’Irak, la Syrie, le Soudan et la Libye, les deux autres pays étant le Yémen et la Somalie. Des détentions qui ont, aussi, fait réagir une responsable de l’immigration américaine.

Camille Mackler, directrice des initiatives juridiques à la New York Immigration Coalition (NYIC), a, en effet, souligné dans une déclaration aux médias de son pays que ces détentions prouvent que l’interdiction touche plus que les sept pays ciblés.

Ainsi, si au déclenchement de la chasse au musulman des sept pays concernés par la « loi Trump » un méli-mélo a été observé un peu partout à travers les aéroports du pays de l’oncle Sam, il n’en demeure pas moins que beaucoup de citoyens issus d’autres pays musulmans se sont vu pris au piège.

C’est le cas d’Algériens publié par un tabloïd américain, bien que la représentante à Alger de la grande nation anglo-saxone s’est empressée de démentir l’information diffusée par un journaliste américain.

Alger un partenaire de choix

Mme Joan Polaschik a en effet démenti, via Twitter, l’information selon laquelle des citoyens algériens ont été détenus à l’aéroport JFK de New York.

La diplomate américaine expliquera qu’il s’agit de voyageurs en provenance d’Algérie, et non de citoyens algériens, citant une rectification de la source initiale de l’information À l’origine de la confusion, des informations diffusées par un journaliste américain du nom de Jack Smith.

Des affirmations qui se révèlent fausses, selon l’ambassadrice, laquelle n’a pas non plus manqué d’insister sur le fait que l’Algérie ne faisait pas partie des pays concernés par la suspension des visas visant plusieurs pays à majorité musulmane.

La montée au créneau de la diplomate américaine va en tout cas dans le sens de la nouvelle vision prônée par les deux pays lesquels souhaiteraient approfondir davantage leurs relations économique et financière après les avancées considérables réalisées depuis plusieurs années déjà dans le domaine sécuritaire, où l’Algérie, à la faveur de son expérience de lutte contre le fléau terroriste, s’est imposée comme acteur quasi-incontournable dans le règlement de certains conflits dans le monde arabe et l’Afrique. Et il n’est désormais un secret pour personne que ces dernières années, les deux pays se consultent régulièrement sur les sujets de lutte contre le terrorisme.

De récentes révélations de sources proches de la représentation américaine à Alger avaient laissé entendre que les primes de risque versées au diplomates américains à Alger avaient été suspendues, preuve que la quasi-totalité des villes algériennes sont considérées par le département américain comme sûre, hormis celles situées aux confins de pays en conflits où l’administration américaine continue de diffuser des mises en garde à ses ressortissants en voyage ou travaillant dans ces zones.

Dans le volet économique, la précédente administration avait maintes fois souhaité approfondir les relations économiques de son pays avec l’Algérie, mettant souvent en avant la « bonne voie à suivre » tracée par le programme de diversification économique dont les premiers résultats « positifs à plus d’un titre », commente-t-on de part et d’autre, notamment dans le domaine agricole, se font déjà sentir. Et la visite à la mi-2016 à Alger du secrétaire d’Etat adjoint américain, Antony Blinken, pour ne citer que celle-là, en est l’illustration.

Le numéro deux de la diplomatie américaine avait soulevé, au regard du nouveau programme de croissance économique engagé par le gouvernement d’Abdelmalek Sellal, nombre de projets avec ses interlocuteurs algériens.

Pour rappel, les échanges commerciaux entre l’Algérie et les Etats-Unis ont avoisiné les 4,6 milliards de dollars en 2015. Pour cette année, l’Algérie a exporté pour 1,9 milliard de dollars contre 2,7 milliards de dollars représentant la valeur des produits importés des Etats-Unis, soit un déficit commercial de 800 millions de dollars en défaveur de l’Algérie.

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