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Nationale

Les accompagnateurs de Gourdel sous contrôle judiciaire

Les accompagnateurs de Gourdel sous contrôle judiciaire

Six personnes dont le franco-algérien de Lille, Karim Oukara, ont été placées sous contrôle judiciaire par le juge d’instruction du tribunal de Bouira dans le cadre de l’enquête judiciaire sur le kidnapping suivi de la décapitation du français, Hervé Gourdel, la semaine dernière dans la région de Tikjda.

C’est Karim Oukara, qui l’aurait invité à venir en Algérie et qui aurait fourni l’attestation de résidence nécessaire pour l’obtention du visa. Karim Oukara, membre d’un club amateur d’alpinistes, a été arrêté mardi à Boufarik. Chez lui, les policiers ont saisi du matériel informatique et un appareil photo. Karim Oukara, qui est de mère française et qui vit entre Lille et Boufarik, était en contact avec Hervé Gourdel avant son arrivée en Algérie.

Les enquêteurs algériens soupçonnaient, en effet, Karim.O d’être le complice des terroristes dans l’enlèvement de l’alpiniste français par les jihadistes de Jund Al-Khalifa, un groupe se réclamant de l’Etat Islamique (EI). Cinq personnes étaient avec Hervé Gourdel au moment de son kidnapping. La sixième personne ne se trouvait pas sur les lieux du kidnapping. Les six mis en cause sont poursuivis pour n’avoir pas informé les autorités sur la présence d’un ressortissant étranger.

Les six personnes ont été entendues, le juge d’instruction à l’issue de l’enquête préliminaire menée par la gendarmerie nationale. Ils sont actuellement en liberté provisoire. C’est Karim Oukara qui l’aurait invité à venir en Algérie et qui lui aurait fourni l’attestation d’hébergement nécessaire pour l’obtention du visa. Les enquêteurs le soupçonnent d’être le complice des terroristes dans l’enlèvement de l’alpiniste français par les djihadistes de Jund Al-Khalifa, un groupe se réclamant de l’Etat Islamique (EI). Oukara a été entendu par les enquêteurs depuis jeudi après-midi à Blida.

Connu pour être un passionné d’alpinisme, il était rentré en Algérie le mois dernier pour reprendre ses activités en haute montagne. Il se serait mis d’accord avec Gourdel et ses autres compagnons sur les détails du voyage pour le massif du Djurdjura, et ce via Facebook.

L’affaire de l’otage français n’a pas encore livré tous ses secrets

Son assassinat trois jours après son enlèvement pose diverses interrogations légitimes. Comme nous le rapportions au lendemain du rapt du Français Hervé Gourdel, ce dernier a été victime d’un traquenard tendu par un de ses accompagnateurs, un émigré qui est actuellement entendu par les services de sécurité. Les accompagnateurs et les témoins de l’enlèvement seraient toujours retenus par les services de sécurité, qui leur reprocheraient de ne pas avoir signalé la présence d’un étranger parmi eux comme l’exige la réglementation en matière de sécurité.

Les enquêteurs concentrent désormais leurs efforts sur les accompagnateurs, les détails du voyage, le choix de cette localité du Djurdjura pour la randonnée et, surtout, la raison de leur présence en pleine nuit sur cette route jugée dangereuse et dont ils ne sont pas des habitués.

Ils cherchent à savoir pourquoi le groupe s’est hasardé la nuit sur cette route sachant qu’ils étaient en compagnie d’un étranger. Hervé Gourdel était en compagnie d’Algériens lorsqu’il a été enlevé près du village d’Aït Ouabane sur les hauteurs de Tizi-Ouzou. Les habitants de ce village parlent de cinq personnes sans préciser si Gourdel était avec eux étant donné que les mis en cause n’ont passé qu’une journée avant le drame.

Gourdel était arrivé en Algérie le soir du 20 septembre et le lendemain il a été kidnappé, ce qui a suscité les soupçons des enquêteurs sur le besoin de ses « amis » de le conduire moins de 24 heures plus tard à Tikdja. À l’aéroport où l’attendaient Kamel et un autre jeune du groupe, le Niçois a ensuite pris directement la route vers Tikdjda dans une voiture. Le dimanche à 16 h, ils auraient décidé de partir en promenade. En plus d’Oukara qui se rend souvent dans la région pour faire de l’alpinisme, on fait état d’un certain Oussama Dehendi, âgé de 21 ans selon son frère, joint par téléphone en Allemagne. Deux d’entre eux sont originaires d’El Asnam à Bouira, dont l’un est un émigré. Le troisième est de Bechloul (Bouira).

Le quatrième, un adolescent de 17 ans, est originaire de Lakhdaria (Bouira) et le cinquième est de Boufarik à Blida. Dans le groupe se trouvait aussi un certain Boukamoun, dont le père possède des chalets à Tikdjda. Toujours selon des habitants de la petite station, située à proximité d’une caserne militaire, d’une auberge et du Centre national des sports et loisirs, c’est dans sa maison que Gourdel aurait passé la nuit de samedi à dimanche après son arrivée à Alger. Il aurait même « appelé sa famille pour la prévenir qu’il se trouvait chez des amis ».

Après avoir été interrogés par la Gendarmerie, les éléments du groupe ont été transférés à Blida pour les besoins de l’enquête. Selon le code des procédures pénales, le délai de la garde à vue est de 48 heures. Sur autorisation écrite du procureur, cette garde à vue peut être prolongée cinq fois lorsqu’il s’agit de crimes qualifiés d’actes terroristes ou subversifs.
Les militaires n’ont pas encore réussi à localiser les auteurs du rapt, ce qui soulève de nombreuses interrogations sur la célérité avec laquelle ce groupe a pu signer sa première action, une semaine après avoir annoncé sa défection de d’AQMI et avec la même méthode que l’organisation mère en Irak.

On s’interroge aussi comment les ravisseurs ont pu disposer rapidement de moyens ultra sophistiqués pour diffuser la vidéo à partir de l’endroit de leur retranchement. Autrement dit, sa décapitation semble avoir été programmée dès le moment où il a été kidnappé.

La raison est que les ravisseurs savaient qu’ils ne pouvaient pas négocier avec les autorités françaises la libération de cet otage en contrepartie d’un arrêt de l’implication militaire française en Irak. Les terroristes avaient décidé de faire un coup d’éclat médiatique en décapitant ce citoyen français.

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