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Nationale

Les 37 crânes de résistants algériens séquestrés à Paris

Les 37 crânes de résistants algériens séquestrés à Paris

L’affaire de la restitution des 37 crânes de résistants algériens du début de la colonisation française, dont les restes mortuaires sont au Musée de l’homme de Paris, est prise en charge par l’Etat algérien, a affirmé jeudi le ministre des Moudjahidine, Tayeb Zitouni.

« Le ministère des Moudjahidine œuvre actuellement en collaboration avec le ministère des Affaires étrangères pour une prise en charge optimale de cette question dont l’histoire remonte à plus d’un siècle », a-t-il déclaré à la presse en marge d’une conférence au Musée national du Moudjahid à l’occasion de la commémoration de la 171e année de l’enfumade de la tribu de Ouled Riah dans la chaîne montagneuse de Dahra (Mostaganem).

Une pétition a été lancée en ligne par l’enseignant universitaire Brahim Senouci dans le but que soient récupérés les restes mortuaire de ces résistants.

Conservés dans des boîtes en carton de collection dans les réserves du Musée de l’homme à Paris, ces restes appartiennent à Mohammed Lamjad Ben Abdelmalek, pseudonyme Boubaghla (L’homme à la mule), tué en 1854 alors qu’il était à la tête d’un soulèvement en Kabylie face à l’armée coloniale.

On retrouve également le crâne de Cheikh Bouziane, chef de la révolte des Zaâtchas (région de Biskra en 1849), de Moussa El-Derkaoui et Si Mokhtar Ben Kouider Al-Titraoui. Figure également parmi ces restes mortuaires, la tête momifiée d’Aïssa El-Hamadi, qui fut le lieutenant de Cherif Boubaghla, de même que le moulage intégral de la tête de Mohamed Ben-Allel Ben Embarek, lieutenant de l’Emir Abdelkader.

Ces restes, des crânes desséchés pour la plupart, se sont retrouvés au Musée de l’Homme de Paris dans la collection du fonds d’anthropologie. Ils sont inaccessibles au public. Leur découverte remonte à 2011.

Selon l’historien Ali Farid Belkadi, qui faisait des recherches pour son livre Boubaghla, le sultan à la mule grise, la résistance des Chorfas (éditions Thala), certains fragments des corps étaient conservés au musée depuis 1880, date à laquelle ils sont entrés dans sa collection ethnique.

« Ces crânes proviennent pour certains des prises de guerre, des opposants décapités ou des personnes mortes à l’hôpital des suites de blessure ou de maladie que médecins et chirurgiens militaires récupéraient pour leurs collections personnelles », selon les propos du chargé de la conservation de la collection d’anthropologie au Musé de l’homme, Philippe Mennecier, rapporté par le Journal français la Croix.

Ainsi, le crâne de Boubaghla porte l’indication : « Don de M.Vital, de Constantine, 1880-24, Bou Barla, dit Le Borgne. 5940, crâne s.m.i ». « Il a fallu des recherches subsidiaires pour savoir qui était qui, en ce qui concerne les donateurs ou les collectionneurs, certains sont médecins militaires, d’autres sont anthropologistes », précise Ali Farid Belkadi.

« Sa tête (Boubaghla) servit de trophée et fut envoyée au médecin chef de l’hôpital de Constantine, le docteur Vital qui en fit don à Paul Broca pour ses collections. Un de ses compagnons, Issa el Hammadi, fut exécuté dans les mêmes circonstances, et sa tête momifiée a été conservée. Les signataires des pétitions demandant le retour des crânes l’Algérie.

En France, malgré le principe d’inaliénabilité des collections publiques, réaffirmé par la loi du 4 janvier 2002 relative aux musées de France, des restes mortuaires ont été rapatriés vers leur pays d’origine dont quinze têtes maoris rendues à la Nouvelle-Zélande en 2010, note la même source. Concernant l’Algérie, les autorités du Musée, affirment que rien n’empêche le rapatriement des 37 crânes si l’Etat algérien en formule la demande. 

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