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Nationale

L’équilibre macroéconomique de l’Algérie en danger

L’équilibre macroéconomique de l’Algérie en danger

Le Fonds monétaire international (FMI) table sur une croissance économique de 2,6 % pour l’Algérie en 2015 avant de remonter à 3,9 % en 2016, contre 4,1 % en 2014. Dans ses précédentes prévisions, l’institution que dirige la Française Christine Lagarde a avancé un taux de 4 % en 2014.

Dans son rapport sur les perspectives économiques mondiales, publié mardi à l’occasion de la tenue de sa réunion de printemps prévue du 17 au 19 avril à Washington, il est constaté que le FMI a révisé en baisse son pronostic sur la croissance du PIB de l’Algérie par rapport à celui d’octobre dernier.

Ce gap de près de 1,5 point est la conséquence du déficit de la balance commerciale de l’Algérie et du recul de l’investissement productif, de l’augmentation du taux du chômage et de l’inflation.

C’est surtout un avertissement pour le gouvernement algérien dont la politique économique de ces dernières années est faite de transferts sociaux, autrement dit de politique de soutien aux prix et de gonflement des salaires aux effets contreproductifs sur le plan macroéconomique.

Par ailleurs, le FMI indique que la balance des comptes courants de l’Algérie sera encore négative pour s’établir à -15,7 % du PIB en 2015 et à -13,2 % en 2016 (contre -4,3 % du PIB en 2014). Concernant l’emploi, le Fonds note que le taux de chômage dans le pays devrait se situer à 11,8 % en 2015 et à 11,9 % en 2016 (contre 10,6 % en 2014). Quant à l’inflation, le FMI estime qu’elle devrait passer à 4 % en 2015 ainsi qu’en 2016 (contre un taux de 2,9 % en 2014).

Début février, le directeur du département du Moyen-Orient et Afrique du Nord au FMI, Masood Ahmed, a déclaré, à Alger, que l’Algérie dispose des atouts nécessaires pour faire face aux effets de la chute des prix du pétrole mais doit accélérer ses réformes économiques pour consolider sa résilience.

Commentant les déclarations du responsable du FMI, le journaliste et économiste Yacine Ould Moussa a déclaré au Jeune Indépendant que c’est la troisième fois que l’Algérie fait face à ce genre de crise financière due à la chute du prix du baril de pétrole, après 1986 et 1990. Il a ajouté qu’il a fallu 16 années aux prix du pétrole pour retrouver leur niveau d’avant la première crise.

Cependant, fait remarquer l’expert en économie, « le gouvernement n’a pas su gérer la prospérité » induite par la remontée des prix du baril. Cet état de fait a fait dire à M. Ould-Moussa que « l’Algérie ne souffre pas de crise pétrolière mais de crise de gouvernance ».

Dans son analyse sur les perspectives de croissance des pays exportateurs de pétrole de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (Mena), le FMI relève que « face à la forte chute des prix de pétrole, la plupart des pays exportateurs de pétrole de cette région ont besoin de recalibrer leur plan de consolidation budgétaire à moyen terme ».

Cette institution financière internationale avance que pour éviter des « coupes brutales » dans leurs dépenses budgétaires, ces pays pétroliers pourraient recourir davantage à leurs réserves et disponibilités financières actuelles.

Le FMI préconise également pour la région la nécessité de la diversification économique et de « réformes structurelles pour améliorer les perspectives économiques d’une manière durable et inclusive ».

La croissance dans les pays exportateurs de pétrole de la région Mena devrait être de 2,4 % en 2015 et de 3,5 % en 2016 (contre 2,4 % en 2014). Sur le plan mondial, le FMI table sur une croissance de 3,5 % en 2015 et de 3,8 % en 2016.

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