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Nationale

L’enjeu d’un nouveau mandat de Bouteflika

L’enjeu d’un nouveau mandat de Bouteflika

L’annonce officielle de la candidature du président de la République Abdelaziz Bouteflika pour un cinquième mandat présente quelque chose de particulier en 2019. Une lecture délivrée de toute interférence médiatique, aussi évidente soit-elle, en période électorale, montre clairement à un œil avisé que la situation mérite une approche pragmatique.

L’enjeu n’est plus celui du projet personnel d’un prétendant à la magistrature suprême nourrissant une ambition politique légale et légitime pour rester Président, mais plutôt le souci de parachever un processus de réformes initié depuis plusieurs années, qui plus est, engage l’avenir de tout un pays dans une conjoncture internationale marquée par de grands bouleversements géopolitiques. Dieu soit loué et grâce à ces réformes, le pays a été épargné par la vague dévastatrice des « printemps arabes », mais un arrêt brutal de ce processus de réformes signifie clairement le retour vers une nouvelle période de transition, avec toutes les conséquences de ce que peut engendrer un tel scénario comme instabilité politique et institutionnelle, sans parler d’une éventuelle ingérence étrangère dans les affaires internes du pays.

D’ailleurs, certains prétendants à la candidature n’hésitent pas à faire de la rupture l’axe principal de leur programme politique et d’y voir aussi l’unique solution pour faire avancer les choses.

Par conséquent, il faut considérer l’option de la continuité qu’incarne la réélection de Abdelaziz Bouteflika comme un choix politique et non pas une ambition personnelle, car ce qu’il faut retenir et comprendre du message du Président à l’occasion de l’annonce de sa candidature réside dans le fait que l’enjeu, aujourd’hui, n’est pas seulement l’échéance présidentielle comme veulent le faire entendre certains, mais plutôt l’impératif de trouver un engagement citoyen qui réunisse toutes “les forces politiques, économiques et sociales” du pays, afin de dégager un “consensus sur les réformes et les changements que notre pays devra engager”, ces mêmes changements qui permettront d’asseoir irréversiblement la paix et la stabilité afin d’aller plus loin dans la construction de la Nation algérienne.

La conférence que propose le président Bouteflika une fois réélu s’inscrit dans cette logique en proposant plusieurs possibilités, notamment celle d’un « enrichissement profond de la Constitution ».

Sur ce plan économique, il faut reconnaître cependant que beaucoup reste à faire, au moment où l’économie algérienne tarde à s’affranchir de la dépendance aux hydrocarbures et ne dispose pas encore d’un climat des affaires faisant l’unanimité sur son efficacité.

En somme, l’Algérie n’a aujourd’hui d’autre choix que « d’approfondir les réformes structurelles et financières, pour faire face aux difficultés conjoncturelles actuelles et travailler à impulser une nouvelle dynamique de croissance, plus dense et plus compétitive ». Ce nouveau chantier de réformes que l’on ne peut engager sans un homme de consensus qui a déjà rassemblé les Algériens. C’est ainsi qu’il faut considérer, à juste titre, l’enjeu d’une nouvelle candidature du président Bouteflika.

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