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Nationale

L’énième cassandre de Hamrouche

L’énième cassandre de Hamrouche

L’opposition politique n’arrive pas à fédérer autour d’elle une force capable de jouer le rôle de contre-pouvoir.L’ex-chef de gouvernement Mouloud Hamrouche, est sorti une nouvelle fois de sa retraite pour asséner, tel un pédagogue, des mises en garde à la lumière de la situation du pays.

Depuis qu’il s’est mis volontairement en retrait de la politique, Hamrouche, ex-chef de gouvernement au début des années 90 et chef de file des réformateurs, n’a jamais émis la moindre critique envers les gouvernements qui se sont succédé et encore moins sur les Présidents de la République (Mohamed Boudiaf, Ali Kafi, Liamine Zeroual et Abdelaziz Bouteflika) qui ont géré le pays depuis la démission de feu Chadli Bendjedid en 1992.

Lors de ses rares sorties, il préférait présenter sa vision d’ensemble de sortie de crise plutôt que s’attaquer à des responsables en poste, au grand dam de ses admirateurs qui l’attendaient en vrai opposant. Les régimes en place n’étaient pas son obsession. Mais avant-hier à Sétif, Hamrouche, qui a animé une conférence sur les libertés, a brisé le silence qu’il s’est imposé et dénoncé sans la moindre gêne le pouvoir actuel, ses politiques et même ses relais.

Hamrouche commence par dresser un constat sévère : Selon lui, le pouvoir qui s’est coupé du peuple n’a plus les ressorts nécessaires pour engager une dynamique de développement. Hamrouche considère en effet que les restrictions drastiques des libertés individuelles et collectives ont produit un effet contraire et risquent, à terme, de déstabiliser les équilibres du pouvoir.

Il estime que le pouvoir en place, à travers ses méthodes de gouvernance, ne sortira pas le pays de la crise. Selon lui, le pays ne s’en sortira qu’avec un gouvernement qui parle un langage de vérité économique courageux et qui prend les décisions dans le plus grand consensus possible.

Hamrouche semble dire que ce n’est pas par des opérations ponctuelles : diminutions des dépenses par-ci, augmentation d’une taxe par-là qu’on va résoudre ces graves dysfonctionnements. Même s’il estime que la responsabilité est partagée, le pouvoir qui gouverne aujourd’hui a la plus grande part de responsabilité dans la conduite générale du pays tant sur les plans social, économique, structurel qu’institutionnel.

Par contre les contre-pouvoirs, société civile, syndicats, partis politiques dits de l’opposition, ont aussi leur part de responsabilité. Si les contre-pouvoirs pèchent par une certaine inefficacité, il est indéniable que le pouvoir, sombrant dans une routine traditionnelle, n’a pas pris le pool des réformes qu’il fallait dans le pays au début des années 2000 avec vigueur et constance.

Pour Hamrouche, l’Algérie a besoin à l’heure actuelle d’une profonde réflexion de ses élites, de la manière la plus sérieuse et la plus profonde pour éviter la situation toujours de répétition de ce qui s’est passé durant ces dernières décennies.

Aussi garde-t-il l’espoir d’une opposition constructive, crédible et responsable tournée vers l’avenir et la modernité pour préparer l’Algérie de demain. En tout état de cause, cette dernière sortie médiatique de Hamrouche ne laissera personne indiffèrent, y compris ceux qui gouvernent le pays. 

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