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L’endométriose : d’une complexité à une infertilité

L’endométriose : d’une complexité à une infertilité

L’endométriose est l’une des premières causes de douleurs pendant les règles. L’endométriose est une maladie gynécologique qui peut générer des douleurs chroniques. Découverte en 1860, mal connue, complexe et peu comprise, elle se caractérise par la formation de tissus semblables à la muqueuse utérine en dehors de l’utérus et qui subira, lors de chacun des cycles menstruels ultérieurs, l’influence des modifications hormonales.

Chez les femmes qui en souffrent, l’endométriose est responsable de douleurs pelviennes invalidantes et aussi, dans certains cas, d’infertilité. Ces symptômes ont un impact majeur sur la qualité de vie des personnes atteintes avec un retentissement important sur leur vie personnelle et conjugale mais également professionnelle et sociale.

Lors de la menstruation, sous l’effet des contractions utérines, une partie du sang est régurgité dans les trompes pour arriver dans la cavité abdomino-pelvienne. Cette théorie expliquerait la majorité des atteintes d’endométriose. Ce sang contient des cellules endométriales, des fragments de muqueuse utérine, qui, au lieu d’être détruits par le système immunitaire, vont s’implanter puis, sous l’effet des stimulations hormonales ultérieures, proliférer sur les organes de voisinage dont le péritoine (la membrane qui renferme les organes de l’abdomen), ovaires, trompes de Fallope, intestins, vessie, reins, uretère, diaphragme…

Quelles sont les femmes à risque ?

Les femmes n’ayant jamais eu d’enfant, les femmes dont une proche parente (mère, sœur, fille) souffre d’endométriose, les femmes atteintes d’une malformation congénitale qui rétrécit le col de l’utérus ou qui le rend étroit, ce qui entrave l’évacuation du flot menstruel, et à un moindre degré, les femmes qui ont eu des menstruations précoces ou qui ont un cycle menstruel court.

L’endométriose : trouble gynécologique responsable d’infertilité

L’endométriose figure parmi les troubles gynécologiques les plus fréquents. 5 % à 10 % des femmes en âge de procréer en sont atteintes. L’endométriose est habituellement découverte vers 25 ans à 40 ans, en raison de douleurs anormalement intenses dans le bas-ventre ou d’un problème d’infertilité. En effet, de 30 % à 40 % des femmes atteintes d’endométriose sont infertiles.

Les adhérences du tissu endométrial peuvent diminuer la fertilité en empêchant la libération de l’ovule ou en entravant son passage vers l’utérus par les trompes de Fallope. On observe tout de même que 90 % des femmes qui ont une endométriose légère ou modérée réussissent à devenir enceintes dans une période de 5 ans. Cependant, plus le temps passe et plus la fertilité risque d’être compromise à cause de l’endométriose. Mieux vaut ne pas retarder une grossesse désirée.

Les degrés de gravité de l’endométriose varient. Ce trouble tend généralement à s’aggraver avec le temps s’il n’est pas traité. En revanche, deux situations ont pour effet de réduire ses symptômes : la ménopause, qui assure le plus souvent un soulagement définitif ainsi que la grossesse, qui les soulage temporairement.

L’endométriose et ses causes

On ignore toujours pourquoi certaines femmes sont atteintes d’endométriose. L’endométriose pourrait être due à un mauvais fonctionnement du système immunitaire. Certains facteurs génétiques pourraient aussi être en cause.

L’hypothèse la plus admise fait intervenir la notion de flux rétrograde. Durant les menstruations, le sang et les couches superficielles de l’endomètre sont normalement expulsés vers l’extérieur par des contractions musculaires. Il se pourrait que le flux sanguin s’inverse et que le sang contenant des cellules endométriales soit dirigé vers la cavité pelvienne en passant par les trompes de Fallope.

Ce reflux se produirait occasionnellement chez la plupart les femmes. Cependant, il ne serait accompagné d’un enracinement des cellules endométriales que chez certaines d’entre elles.

Selon une autre hypothèse, le tissu endométrial pourrait migrer hors de l’utérus par la lymphe ou par le sang.

Enfin, il se peut aussi que certaines cellules normalement situées à l’extérieur de l’utérus se transforment en cellules endométriales sous l’influence de facteurs génétiques et environnementaux.

L’endométriose et ses symptômes

Les symptômes de l’endométriose sont multiples et peuvent varier d’une femme à l’autre. Le symptôme principal de l’endométriose est la difficulté à tomber enceinte. Il est important de consulter un médecin rapidement lorsque des symptômes d’endométriose se manifestent, car plus la maladie est diagnostiquée tôt, mieux elle est traitée. Le risque d’infertilité est une des complications majeures de la maladie.

Il faut savoir que les symptômes mentionnés ci-dessous peuvent trahir un autre trouble du système reproducteur comme la présence de kystes ovariens, par exemple. Une échographie pelvienne permettra de les détecter rapidement.

L’intensité de la douleur ne permet pas de juger de l’étendue ou de la gravité de la maladie. La gravité des symptômes dépend davantage des endroits où les lésions d’endométriose sont situées, ainsi que de leur taille.

Le symptôme le plus répandu chez les femmes qui souffrent d’endométriose sont les douleurs au bas-ventre. Celles-ci irradient parfois dans le bas du dos. La douleur causée par l’endométriose a la particularité d’être progressive et de se manifester souvent d’un côté de l’abdomen plus que de l’autre. Les douleurs causées par l’endométriose peuvent être difficiles à distinguer des crampes menstruelles (dysménorrhée). Ces douleurs s’accentuent durant les menstruations, au moment d’uriner ou lorsque les mouvements intestinaux sont perturbés (diarrhée, constipation). On note aussi des douleurs au moment des rapports sexuels (dyspaneurie). Parfois, ces douleurs s’intensifient au moment de l’ovulation.

En d’autres termes, les signes les plus fréquents sont les douleurs abdominales basses et des saignements génitaux (pertes brunâtres prémenstruelles, du sang dans l’urine, du sang dans les selles ou un saignement rectal durant les règles), les douleurs lors des rapports sexuels (dyspareunie), les douleurs avant et pendant les règles qui peuvent être hémorragiques, les troubles digestifs et urinaires (diarrhées, constipation, douleurs lors de la défécation, des rectorragies, des douleurs ou brûlures lors de la miction, des difficultés à vider la vessie ou encore une hématurie…), des épisodes de fatigue chronique, de l’irritabilité et dépression (généralement en raison des douleurs), la survenue de nausées, de vomissements, de vertiges et parfois, de douleurs pulmonaires ou thoraciques survenant au cours des règles, l’incapacité à tomber enceinte.

Dans le cas de l’endométriose légère, les fragments se fixent sur l’utérus, les ovaires, les trompes de Fallope ; et dans une forme plus sévère, des kystes (endométriomes) se forment dans la cavité utérine ou sur l’ovaire et des adhérences accolent les organes.

À noter que des chercheurs s’intéressent aux effets de l’exercice physique et de l’alimentation sur le risque d’endométriose. Il s’agit d’hypothèses encore à l’étude.

Les traitements de l’endométriose

Il existe deux traitements :

  1. L’un est médicamenteux et consiste à stopper le fonctionnement des ovaires en créant une ménopause artificielle par des traitements hormonaux. Il n’est donc pas possible d’envisager une grossesse pendant ce traitement.
  2. L’autre option est chirurgicale. Elle permet de retirer toutes les adhérences d’endométriose sur les tissus touchés (par cœlioscopie par exemple, technique chirurgicale qui permet d’opérer à l’intérieur du ventre en ne faisant que des petites incisions).
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