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Nationale

L’emprunt national pour éviter un nouveau plan d’ajustement structurel

L’emprunt national pour éviter un nouveau plan d’ajustement structurel

Le ministre des Finances, Abderrahmane Khalfa, a indiqué, hier à Alger, que l’emprunt obligataire figure parmi les nouveaux modes de financement de l’économie nationale.

« Il s’agit de lever des fonds tant auprès du public qu’auprès des entreprises pour participer à l’effort des grands investissements qui relevaient auparavant de l’Etat, à savoir la construction des routes et autoroutes, voies ferrées, infrastructures portuaires et autres grandes infrastructures de base  », a souligné le ministre. Abderrahmane Khalfa devait préciser au tout début d’une conférence de presse animée au siège de son département à Ben Aknoun, que la mission régalienne de l’Etat ne sera aucunement remise en cause. « On ne lèvera pas des fonds pour construire des écoles, pour financer la santé publique et le secteur de l’éducation, de la formation ou pour prendre en charge le secteur de la solidarité nationale.

Ces secteurs demeureront du ressort de l’Etat, du Trésor public », a insisté M. Khalfa. D’une durée de six mois, l’opération de souscription qui démarre le 18 avril offre la possibilité de souscrire à des obligations nominatives d’une valeur de 50 000 dinars pour une période allant de 3 à 5 ans auprès de 6 organismes. Il s’agit de la Trésorerie centrale, la Trésorerie principale, les Trésoreries de wilaya, les Recettes d’Algérie Poste, ainsi que les agences bancaires, et enfin les succursales de la Banque d’Algérie. Concernant le taux d’intérêt, il est fixé à 5% pour les obligations de 3 ans, contre 5,75% pour celles de 5 années. Le recours à l’emprunt obligataire n’a été décidé qu’après les chutes effrénées des cours du pétrole au cours des deux dernières années. L’or noir a perdu 60% depuis le milieu de l’année 2014, quand le pétrole se négociait à 100 dollars le baril, à cause d’une surproduction jamais connue dans les annales des pays producteurs, notamment de la part de l’Arabie saoudite « qui se plaisait à contribuer à l’appauvrissement de certains pays pétroliers, entre autres l’Algérie », analysaient les experts. Constatant que le matelas financier se rétrécissait de jour en jour, les réserves de change de l’Algérie ont fondu de 35 milliards de dollars en 2015 pour s’établir à 143 milliards de dollars au 31 décembre 2015 ; les pouvoirs publics avaient d’abord tenu à rassurer l’opinion publique sur la poursuite du programme des grands travaux. Mais où trouver le financement, ou du moins ce qui devait être apporté en supplément aux fonds existants ? A l’endettement extérieur ? Pas du tout. Pour justement éviter un nouveau « PAS » (plan d’ajustement structurel) et par extension les dégâts collatéraux que subirait la collectivité nationale, le Premier ministre, Abdelmalek Sellal , avait annoncé, le 2 mars, le lancement d’un emprunt obligataire national dont le coup d’envoi a été prévu pour avril courant. Il a écarté du coup le retour de l’Algérie « dans l’immédiat » dans les mailles des institutions de BrettonWoods. Bien que le ministre des Finances, lors de sa conférence de presse d’hier n’a pas fait allusion à cet aspect, il n’en demeure pas moins que le premier argentier du pays laisse entrevoir qu’aller au FMI serait la pire décision que prendrait l’Algérie.

L’emprunt obligataire pour la croissance économique est donc perçu comme une alternative de choix, d’autant plus que des pays économiquement plus puissants que l’Algérie n’ont pas hésité de recourir à ce mode financement. A rappeler que parmi les œuvres « historiques » du Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, était de rembourser totalement les dettes contractées par l’Algérie sur le marché financier international. Une mesure qui a renforcé davantage la souveraineté du pays, mais, qui, hélas, semble ne plus être appréciée par certaines parties qui veulent pousser le pays à s’endetter. Et du coup hypothéquer l’avenir des générations futures. 

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