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Sports

L’empreinte des hommes ou l’éternelle légende

L’empreinte des hommes  ou l’éternelle légende

c’est après la promulgation des décisions du congres de la Soummam, dont la création d’organisations relevant du front de libération nationale et après la création de l’union nationale des étudiants musulmans algériens et de l’union générale des travailleurs algériens que le front de libération nationale jugea de l’importance et de la nécessite de monter une sélection nationale de football, dont la vocation première serait le port du titre d’ambassadeur auprès des instances internationales, en raison de la popularité, au niveau international, du sport en général et du football en particulier.

L’idée de créer cette équipe révolutionnaire, qui deviendra l’ambassadrice de l’Algérie jusqu’à la fin de la guerre en 1962, est née en 1957, au retour de Mohamed Boumezrag du Festival mondial de la jeunesse à Moscou.

Brandissant le drapeau vert et blanc, une équipe de foot y avait représenté le sport algérien. Boumezrag s’est alors souvenu que, quelques années auparavant, un mois à peine avant le début de la révolution du 1er novembre 1954, une sélection d’Afrique du Nord avait battu la France par 3 buts à 1 dans un match organisé au profit des victimes du séisme d’Orléanville.

Avec Mokhtar Arribi, entraîneur d’Avignon, Bentifour, le docteur Moulay, qui organisait les étudiants algériens, et également Mohamed Maouche du Stade de Reims, présélectionné pour le Mondial, il commence à mettre au point l’opération de départ. Bentifour part le premier pour SanRemo, en Italie. Deux jours plus tard, les trois autres Monégasques partent avec Rouaï pour Rome. Une fois la sélection national, du FLN constituée les joueurs évoluaient tous en France, un appel a été lancé pour répondre à l’appel des couleurs nationales, en rejoignant bien évidemment les joueurs évoluant dans les rangs de la Révolution.

C’est donc le 13 avril 1958, sous la direction de Mohamed Boumezrag, l’initiateur du projet, et du responsable politique, Mohamed Allam, que cette équipe prit naissance juste après le ralliement, dans la discrétion la plus totale, vers la Tunisie via quelques pays voisins et amis des joueurs algériens évoluant dans le championnat français. 

Cette décision courageuse et historique fut un véritable coup dur pour la police française et la classe politique, qui ne se sont jamais faits à l’idée de voir un tel scénario se produire. La naissance de cette équipe fut un succès pour le FLN en France, d’autant plus que ces joueurs faisaient partie des sportifs les plus brillants dans le domaine du football, dont certains étaient pressentis pour faire partie de l’équipe nationale française appelée à participer à la coupe du monde de 1958 en Suède. 

C’est au duo Laaribi-Boumezrag qu’est revenu l’honneur d’être à la barre technique de cette glorieuse équipe du FLN composée de : Boubeker- Zitouni- Defnoune- Makhloufi- Oudjani- Setati- Chabri- 1- Ibiri 2- Soukhane 1 et 2- Bouchira- Oualikene-Amara- Rouai – Bakhloufi – Bourtal – Bouchache 2- Kermali- Brahimi-Maouch- Keroum- Doudou- Zouba- Bentifour- Mazouza- Hadad- Bouchouk–Elamri Selami (infirmier). Ainsi, juste après l’arrivée en Tunisie des joueurs algériens, l’équipe de football du FLN fut lancée et un succès médiatique inné s’est produit au niveau mondial, surtout que le monde entier avaient les yeux rivés sur la préparation intense de la coupe du monde. Après sa constitution sous la direction de Boumezrag, l’équipe du FLN entreprit de représenter la cause algérienne devant les instances internationales. Plusieurs pays amis et frères se firent l’honneur et le plaisir de réserver un accueil chaleureux et officiel à la sélection nationale d’Algérie et ainsi à ses braves et talentueux joueurs.

Cela a commencé par Tunis, puis Pékin, Belgrade, Hanoï, Tripoli, Rabat, Prague et Damas, et d’autres capitales du monde encore où était hissé l’emblème national. Une fabuleuse aventure a commencé par la suite.

L’équipe du FLN participa à soixante-deux rencontres pour un bilan exceptionnel : quarante-sept victoires, onze matchs nuls, seulement quatre défaites pour 246 buts marqués et 66 buts encaissés. L’équipe du FLN continua à jouer son rôle sportif militant jusqu’en 1962, date à laquelle elle constitua le premier noyau de l’équipe nationale algérienne.

Dans le monde, l’exemple de la sélection du FLN est devenu une référence. Mieux, un exemple de sportifs militants à suivre, pour revendiquer le droit d’avoir un pays libre et indépendant. Concernant l’équipe du FLN, le fait était d’autant plus remarquable que nous avions affaire à des joueurs qui étaient à l’aise en France et qui auraient pu tourner le dos à l’appel du FLN pour ne pas briser leur carrière sportive.

C’est là, en fait, l’empreinte des hommes avec un grand H. L’équipe avait été créée en 1958, c’est-à-dire une année où la France sportive avait les yeux tournés vers la Suède. Son équipe nationale s’apprêtait alors à disputer la coupe du monde.

Cette équipe de France avaient dans ses rangs des valeurs sûres du foot ball, de l’époque répondant au nom de Mustapha Zitouni, Rachid Mekhloufi, Abdelaziz Bentifour et Abderahmane Boubekeur. Ces derniers avaient, du fait de leur courage et de leur engagement pour la cause nationale algérienne, préféré répondre aux sollicitations du FLN alors qu’un avenir footballistique se profilait pour eux en bleu.

L’organisation pour faire évacuer ces joueurs avait été minutieusement menée. Ils devaient, dans un premier temps, rejoindre la Suisse puis l’Italie à partir de laquelle ils devaient prendre un bateau pour la Tunisie. Mais ce n’était pas facile, et les joueurs avaient dû user de ruse pour détourner l’attention de leurs dirigeants de clubs puis de la police française.

D’autres ont pris des risques énormes comme Abderahmane Soukhane, Rachid Mekhloufi et Mohamed Maouche, qui étaient, au moment de leur fuite vers la Suisse, sous les drapeaux français, et étaient donc considérés comme déserteurs. Zitouni et Mekhloufi ratent la coupe du monde.

A quelques exceptions près, tous les membres de l’équipe – ils atteindront la trentaine à mesure des ralliements – sont des vedettes incontestées et des cadres à part entière de leurs clubs respectifs. Fraîchement convoqués dans le groupe de France, le Monégasque Mustapha Zitouni et le Stéphanois Rachid Mekhloufi sont à la veille d’une participation acquise au Mondial suédois. Leur défection aura perturbé l’équipe, selon un avis partagé à l’unisson.

Monaco subit une véritable saignée. « Avec Abdelaziz Bentifour et Zitouni, que j’avais été obligé de remplacer en défense centrale, je suis certain que nous aurions gagné la coupe de France cette année-là », reconnaîtra, plus tard Louis Pirroni, l’entraîneur monégasque. Sous la pression de la France, la Fifa avait interdit aux fédérations qui lui étaient affiliées de jouer contre elle. Mais de nombreuses nations ont fait fi des menaces de la Fifa et ont accueilli cette équipe.

On citera l’URSS (4 matchs contre des clubs), la Yougoslavie (5 matchs contre des clubs), la Tchécoslovaquie (4 matchs contre des clubs), la Roumanie (4 matchs contre des clubs), la Hongrie (4 matchs contre des clubs), la Bulgarie (6 matchs contre des clubs), la Chine populaire (5 matchs contre des clubs), le Nord-Vietnam (4 matchs contre des clubs), le Maroc (7 matchs contre des clubs), la Tunisie (4 matchs contre l’équipe de Tunisie), la Libye (2 matchs contre des clubs), l’Irak (6 matchs contre des clubs) et la Jordanie (3 matchs contre des clubs). Partout où elle est passée, elle a enthousiasmé les foules et, en elle, le FLN avait trouvé un ambassadeur de tout premier choix. Elle restera à jamais l’image symbole d’une Algérie revendicatrice de son identité et de sa liberté.

L’incroyable histoire de l’équipe du FLN, en 1958 fut la cause directe de la chute de la IVe République et de l’avènement de la Ve République sous la présidence du général De Gaulle. Confrontée à une offensive diplomatique du FLN dans les couloirs des Nations unies, la France subit, ce faisant, une autre attaque : sportive celle-là.

La Fédération française sollicite la FIFA pour une annulation des contrats des ‘’déserteurs’’ et des sanctions contre toute fédération qui accueillerait les ‘’footballeurs-combattants’’. Une dizaine de pays membres de la FIFA bravent l’interdiction. Parmi lesquels l’URSS, la Yougoslavie, la Hongrie, la Tchécoslovaquie, la Roumanie, la

Tunisie et le Maroc voisin. Ferhat Abbas, président du GPRA, comprendra très vite l’importance d’avoir une équipe qui peut donner à l’étranger l’image d’un peuple en lutte pour son indépendance. Une équipe du FLN qui se couvrira de gloire entre 1958 et 1962.

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