Législatives: Le verdict final de la cour constitutionnelle
La Cour constitutionnelle a rendu public, ce samedi, le verdict définitif des élections législatives du 2 juillet. Si l’examen minutieux de centaines de recours a permis de mettre au jour des irrégularités notables ayant entraîné l’annulation de suffrages, cette décision confirme, dans les grandes lignes, la configuration politique déjà esquissée par l’Autorité indépendante des élections (ANIE). Le Front de libération nationale conserve sa position de leader, bien que le paysage parlementaire ait été légèrement remodelé par ces ajustements juridiques.
L’examen des recours a conduit la haute juridiction à annuler des voix attribuées à diverses listes électorales à travers le territoire national. Ces rectifications ont eu un impact direct sur la répartition des sièges, affectant principalement le Front de libération nationale (FLN), le Front El Moustakbal ainsi que le Rassemblement national démocratique (RND), qui ont tous accusé une perte de sièges par rapport aux résultats provisoires.
Lors d’un point de presse, la présidente de la Cour constitutionnelle, Leïla Aslaoui, a détaillé les irrégularités constatées lors du déroulement du scrutin et des opérations de dépouillement dans plusieurs wilayas, notamment à Alger, Bouira, Djelfa, Batna et Oran. Dans la circonscription d’Alger, l’impact a été significatif pour la liste du Front El Moustakbal, dont les suffrages ont été invalidés dans cinquante-sept bureaux de vote, avec un épicentre remarqué dans la commune de Bourouba. Cette même formation politique a également vu ses voix annulées dans de multiples bureaux situés dans les communes de Bir Ghbalou, Kadiria, El Hachimia, Aïn Bessem, Lakhdaria et Sour El Ghozlane, au sein de la wilaya de Bouira.
La wilaya de Djelfa a fait l’objet d’une attention particulière avec l’annulation, dans la commune de Hassi Bahbah, de l’intégralité des suffrages en faveur de la liste du Parti de l’Unité nationale pour le développement, ainsi que ceux du Rassemblement national démocratique. Des irrégularités similaires ont été relevées dans certaines parties du territoire oranais, justifiant l’invalidation de votes locaux.
Au-delà de ces ajustements, la présidente de la Cour a levé le voile sur les indicateurs chiffrés définitifs de cette échéance électorale. Le taux de participation national s’établit finalement à 21,25 %, reflétant le comportement des 5 071 020 électeurs ayant accompli leur devoir. Sur un total de 4 111 331 suffrages valablement exprimés, le nombre de bulletins nuls interpelle par son ampleur, atteignant 959 689, soit le quart des votes exprimés. Parallèlement, le taux de participation au sein de la communauté nationale établie à l’étranger s’est fixé à 10,75 %.
La gestion du contentieux électoral a nécessité l’examen de 320 recours, dont 13 émanant de la diaspora. Au terme de son analyse, la Cour a déclaré 43 recours recevables, tandis que 8 ont été écartés pour vice de forme et 269 rejetés pour défaut de fondement.
La physionomie de la nouvelle Assemblée populaire nationale se dessine désormais de manière précise. Le FLN consolide sa première place avec 91 sièges, suivi de près par le RND crédité de 74 sièges. Le podium est complété par le Front El Moustakbal qui recueille 56 sièges. Le Mouvement de la société pour la paix (MSP) s’installe en quatrième position avec 43 sièges, devançant El Bina qui en totalise 40, tandis que les candidats indépendants atteignent 33 sièges.
La suite du classement voit le Parti Sawt Echaâb occuper la sixième place avec 16 sièges, devançant le Front des forces socialistes (FFS) qui en obtient 12. Les formations du Parti de la liberté et de la justice et du Parti El Fadjr El Djadid se partagent six sièges chacune, alors que le Parti El Karama en décroche cinq. Le Rassemblement pour la culture et la démocratie ainsi que le Front de la justice et du développement comptabilisent chacun quatre sièges. Enfin, le TAJ et le Parti des travailleurs et Jil Jadid en obtiennent trois chacun, le Mouvement Nahda en remporte deux, et cinq autres formations politiques complètent cet échiquier en obtenant chacune un siège.
Cette proclamation officielle par la Cour constitutionnelle s’inscrit dans le strict respect des dispositions de l’article 191 de la Constitution et de l’article 211 de la loi organique régissant le système électoral national.