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Nationale

Législatives : La participation la grande inconnue

Législatives : La participation la grande inconnue

Plus de vingt quatre millions d’Algériens sont appelés aux urnes ce samedi 12 juin pour élire leurs représentants, au nombre de 407, à l’Assemblée populaire nationale pour un mandat de cinq ans. 

Selon les derniers chiffres de l’Autorité nationale indépendante des élections, le corps électoral pour le scrutin législatif s’élève, après examen des recours, à 24.425.187 personnes dont  23.522.322 à l’intérieur du pays, et 902.865 électeurs issus de la communauté nationale à l’étranger.
Au niveau des autorités politiques, tout a été fait pour inciter les électeurs à venir y participer à ce scrutin, en commençant par le changement du mode du vote lui-même et l’encouragement des acteurs de la société civile et du mouvement associatif. Car, l’une des hantises des milieux politiques c’est l’abstention.

Le phénomène a pris une telle ampleur au fil des élections que certains observateurs ont carrément délégitimé ces élections. Certains ont parlé d’une défaillance des partis politiques, censés animer la vie politique et sociale et garantir un taux de participation appréciable aux scrutins. D’autres parlent plutôt d’une faillite de tout le système politique en place, en évoquant une rupture quasi certaine de la confiance entre le citoyen et le politique. Cette fois, sur les 70 partis politiques agrées par l’Etat, seulement 28 sont en lice pour ces élections avec 646 listes (10.468 candidats), soit moins que les indépendants qui ont présenté 837 listes (12.086 candidats). Une tendance inédite qui dénote la volonté de la société civile de jouer un rôle plus actif au sein des institutions.

Les chiffres fournis par l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), qui supervise tout le processus électoral, font état de plus de 13.000 jeunes sont candidats à ces élections, alors que le nombre de femmes est de 8.305. Des chiffres qu’on claironnent partout, juste pour démontrer qu’il existe une forte dynamique et que ce fait pourrait bien booster la participation de l’électorat. Hantise? Depuis la mascarade des élections législatives et communales de 1997, ou la fraude a été massive, des millions d’Algériens ne votent plus et n’y voient aucune nécessité de voter ou de choisir. De l’abstention à la dépolitisation, l’électorat principalement jeune, est en rupture avec l’acte politique, consommant le peu de confiance accordée à ses élus ou à la crédibilité des opérations de vote.

Ainsi, le taux de participation ne cesse de baisser de scrutin en scrutin, malgré tous les enjeux et les discours. Une baisse inquiétante qui a vite transformée le taux de participation en enjeu principal, quel que soit le ou les vainqueurs. Car l’abstention est historique aussi bien lors des présidentielles de 2019 que lors du référendum constitutionnel de 2020, avec 60% et 76% respectivement. Autant dire que le spectre d’une nouvelle forte abstention est présent lors de ces  législatives anticipées, décidées par le président de la République en février dernier.

Pour les analystes, bien que cet enjeu est crucial pour le nouveau Parlement, les autorités s’accommoderaient d’une probable abstention, en espérant un taux de participation qui oscillerait entre 40% et 50%. Un pareil chiffre ne serait jamais considéré comme un fiasco. Bien au contraire.
Pour d’autres, l’enjeu devrait être également la crédibilité de l’Autorité nationale indépendante des élections, nouvelle institution créée par la dynamique des changements opérés depuis le déclenchement du Hirak en février 2019. Cet organisme autonome joue presque sa réputation et son honneur, en garantissant aussi bien la transparence du scrutin que sa régularité, en éliminant toute forme de fraude et en permettant tous les recours possibles en cas d’incohérences ou d’infractions.

Après les présidentielles et le référendum, l’Anie se trouve aujourd’hui, pour la première fois, face à des élections multipartites et selon un mode de calcul inédit, difficile, mais plus juste par rapport à l’ancien.

Mobilisés, les éléments de l’Armée nationale populaire seront appelés aux urnes, au même titre  que les autres personnels des corps constitués. Ces corps, au nombre de plusieurs centaines de milliers, ( selon des statistiques non officielles, le nombre est estimé à un million entre armée, gendarmerie, police, douanes et protection civile), fait d’eux une masse électorale importante et pouvant bien peser sur le taux de participation s’ils décident de voter en masse.

Depuis les présidentielles de 2004, les corps constitués ne votent plus dans les casernes, mais dans les mêmes centres de vote destinés aux autres électeurs. Pour rappel, le vote des militaires, gendarmes et policiers était les dernières années un grand sujet de polémiques entre le gouvernement et l’opposition. Cette dernière a toujours réclamé l’imposition des mêmes règles pour tous lors des votes.

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