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Nationale

Législatives : Début inédit de la campagne électorale

Législatives :  Début inédit de la campagne électorale

C’est aujourd’hui que débute officiellement la campagne électorale des législatives, dont le vote est prévu le 4 mai prochain. Une campagne qui déroge à la règle, puisqu’elle commence bien plus tôt que prévue.

Rien ne pouvait empêcher les participants à ces joutes d’animer des meetings ou de faire des discours, car dans la pratique, cette campagne est déjà présente sur les réseaux sociaux depuis des semaines. En fait, on pourrait dire que l’internet et le Facebook ont chamboulé complètement les paramètres classiques par rapport aux élections précédentes. En 2017, l’émergence et l’intrusion des réseaux sociaux dans la vie politique ont pris des proportions que l’animation des meetings ou des spectacles dans les salles de cinéma relégué à la théâtralité et au folklore, ou juste des “démonstrations de force”. Déjà, des partis politiques qui ont des moyens et de la suite dans les idées ont fini par croire à l’impact des techniques virtuelles sur l’électorat, en investissant dans la mise en place de petites armées pour animer des sites web, les rendre dynamiques et les doter des moyens qu’il faut. Aucune juridiction ne pouvait interdire maintenant le rôle croissant de ces réseaux dans une opération électorale, même si la loi a délimité le début et la fin d’une campagne électorale. La Haute instance indépendante menée par Derbal a fini par avouer que son organe ne peut rien face aux réseaux sociaux.

Mais, cela est une autre histoire.

Avec cette campagne, les observateurs ont relevé déjà une forte participation des partis politiques et des indépendants, en dépit des dispositifs parfois contraignants, comme les signatures et autres validations ou la barre du fameux taux des 4% des voix réalisés précédemment. En trois semaines, ces participants vont tenter de gagner la confiance d’un électorat fragilisé par les doutes et démotivé par les suspicions et les scandales politiques qui ont émaillé la période pré-électorale.

En fait, on a observé qu’il existe une convergence de tous les participants sur une idée-force : appeler à une forte participation des citoyens à ce scrutin. Tout le monde invite les électeurs à voter massivement pour “consolider la stabilité de l’Algérie et ses institutions”, la “prémunir des effets des crises politiques et sécuritaires qui secouent des pays voisins” et surtout “créer un front uni contre la récession économique”. Le Premier ministre Abdelamalek Sellal a donné le ton en déclarant à El Oued récemment que ces législatives seront “le couronnement du processus de consolidation de la stabilité du pays et de son choix démocratique”. Il n’a pas manqué de souligner que ces élections seront organisées conformément aux nouvelles dispositions constitutionnelles avec des garanties de régularité et de transparence. Pour la première fois dans l’histoire politique du pays, c’est une instance autonome qui surveillera le déroulement des élections, dont c’est un test majeur pour sa crédibilité et sa confiance chez l’électorat et les acteurs politiques. La HIISE que dirige Derbal se trouve être interpellée par ce premier scrutin qu’elle ne doit pas en aucun cas, même si déjà des critiques et des “flèches” sont lancées par certaines formations et des indépendants.

Mais, il n’y a pas que cette instance qui sera observée et surveillée. L’autorité de régulation de l’audiovisuel, l’ARAV, est également sur le devant de la scène médiatique et télévisuelle. Dans ce cadre, cet organe, encore à ses balbutiements, a mis en place une cellule pour veiller à l’impartialité de la couverture par les télés publiques et privées de la campagne électorale. Cette cellule est chargée de faire “respecter une ligne éditoriale équitable, impartiale et objective” de la couverture médiatique. Mais, est-ce que tout le monde a accès directement aux médias privés sur une base équitable et non discriminatoire ? En appelant au sens aigu des responsabilités, et en adressant deux chartes aux médias, le département de la Communication sait que cet accès ne peut être équitable. Le patron d’une chaîne privé et néanmoins candidat et tête de liste va-t-il s’effacer pour donner la parole à ses adversaires, comme cela risque de se passer dans trois grandes wilayas ? Beaucoup en doutent fortement. Mais, il s’agira d’un test important de crédibilité. Exactement comme les lieux de culte, où le ministère des Affaires religieuses et des Wakfs devrait veiller à la neutralité des imams et des mosquées, notamment durant cette campagne électorale, afin de ne pas influencer ni un parti, ni une liste. Notons que ces élections concerneront 23 251.503 électeurs, dont 45,85% sont des femmes. 4 734 espaces seront dédiés à l’animation des meetings et plus de 53 000 bureaux de vote, dont 390 pour la communauté nationale établie à l’étranger et 166 bureaux itinérants, ainsi qu’un demi-million d’encadreurs ont été mobilisés pour l’organisation des élections. De même que plus de 300 observateurs de l’Union africaine, de la Ligue des Etats arabes, de l’Organisation de la Coopération islamique et de l’Union européenne suivront le déroulement de ces élections. 

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