Législatives à Béjaïa : Le duel FFS-RCD bousculé par une poussée indépendante inédite
Bien que le scrutin de jeudi se soit déroulé dans le calme, l’issue des urnes s’annonce particulièrement fragmentée pour les 9 sièges de la wilaya à l’APN. Avec un taux de participation de 14,98 %, les premières tendances dessinent une carte politique locale hyper-disputée où les partis traditionnels perdent leur hégémonie face aux listes citoyennes.
La compétition électorale pour les 9 sièges de la wilaya à l’Assemblée Populaire Nationale (APN) s’est déroulée dans le calme jeudi dernier. Si la sérénité était au rendez-vous, les résultats s’annoncent particulièrement fragmentés, bousculant les équilibres traditionnels. Pour l’occasion, la machine électorale avait été déployée en force : 511 centres de vote (soit 1 716 bureaux) et plus de 14 500 agents étaient mobilisés. Le wali de Béjaïa a lui-même accompli son devoir électoral à l’école Ibn Toumert.
Côté chiffres, l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) fait état d’un taux de participation de 14,98 %. Sur les quelque 562 095 inscrits que compte la wilaya, un peu plus de 75 000 électeurs se sont rendus aux urnes pour départager les 14 listes en compétition (7 de partis politiques et 7 indépendantes). En attendant les résultats officiels, les premières tendances du terrain dessinent déjà une carte politique locale très disputée.
Donné vainqueur dans plusieurs bastions clés comme Sidi-Aïch, Darguina, Kherrata et Tamokra, le Front des Forces Socialistes (FFS) pourrait emporter entre 3 et 4 sièges. Les rumeurs locales annoncent d’ailleurs l’élection à l’APN de M. Bachi Barket, l’actuel président de l’APW. De son côté, le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) signe un retour remarqué, notamment à Béni Maâouche, et pourrait décrocher 2 à 3 sièges. Les bruits de couloir le donnent au coude-à-coude avec le FFS.
Cependant, si les deux partis historiques maintiennent leur ancrage, ils doivent désormais composer avec une poussée citoyenne inédite. L’analyse par commune révèle d’ailleurs des réalités locales aux antipodes les unes des autres.
À Béni Maâouche, le RCD l’emporte haut la main avec 1 032 voix. Le FFS y est relégué loin derrière (79 voix), suivi du PT et du FLN (37 voix chacun). À Akbou, on notera la performance solo de Mohamed Labdouci qui glane 947 voix. Dans cette même commune, le RCD obtient 408 voix, talonné de près par la liste indépendante « Tadukli » (portée par plusieurs maires) et la liste « Assirem » (314 voix). Le FFS, lui, y boit la tasse et se retrouve à la 4e place avec 282 voix. Notons que cette liste indépendante « Assirem » réalise également une percée très remarquée dans la commune de Béjaïa.
L’éparpillement massif des voix rend les projections mathématiques extrêmement complexes et rien n’est encore joué. Pour espérer décrocher un siège, chaque liste doit impérativement atteindre le seuil éliminatoire de 5 % des suffrages exprimés à l’échelle de la wilaya. Derrière le duel FFS-RCD, le FLN tente de sauver les meubles et espère arracher au moins un siège. Mais la menace des listes indépendantes comme « Tadukli » ou « Assirem » est bien réelle. Le verdict final est désormais entre les mains de l’ANIE.