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Nationale

Législatives 2017 : l’opposition dit oui

Législatives 2017 : l’opposition dit oui

Finalement, l’opposition vient de dire oui aux élections législatives que le gouvernement prévoit en avril 2017.

Alors qu’il y a plus de deux ans, elle développait un discours radicaliste, basé sur la mise en place d’un processus de transition démocratique, sur la création d’un organe autonome chargé des élections et de leur supervision et sur la consécration des libertés, voilà que cette opposition prend à contre-pied une bonne partie de l’opinion publique en se disant favorable à une participation aux prochaines échéances.

Lors de son sommet lundi dernier au siège du parti MSP, la coordination nationale des libertés et pour la transition démocratique (CNLTD) a confirmé sa décision de prendre part à ces élections, en faisant valoir une autre posture politique qui contredit l’esprit même de la fameuse plate-forme de Mazafran.

Le malaise était palpable au sein de ce pôle de l’opposition quand l’un de ses membres, le parti Jil Djadid de Djilali Sofiane, annonce avec fracas son divorce avec cette instance, en raison justement de la propension de ses partenaires à la CNLTD à réviser leur copie et à réajuster leur discours à l’endroit du pouvoir.

Pour Jil Djadid, il y a un « recul manifeste » de cette opposition par rapport à l’année 2014 qui a vu la création d’un front élargi de plusieurs sensibilités pour contrecarrer les desseins du pouvoir, et surtout tenter d’imposer une alternative politique. Certains au sein même de cette opposition évoquent le terme de « trahison ».

Or, avec l’annonce du RCD de Mohcine Bellabès de participer aux prochaines élections, les donnes ont changé au sein de cette instance. Les autres partis politiques semblent vouloir suivre, comme le MSP, qui pourrait bien l’annoncer dès demain à l’occasion de la session de son majlisse echoura, ou du mouvement Ennahdha.

D’ailleurs, le communiqué qui a sanctionné leur sommet est assez explicite. C’est ainsi que la CNLTD estime que les « positions de ses membres à l’égard des prochaines élections législatives participent des mêmes objectifs qui les ont fait se réunir pour protéger la nation algérienne des réflexes et des pratiques du régime politique », accusé d’être la « seule partie à menacer la stabilité du pays ».

La CNLTD pense que ces élections ne sont pas de nature à ébranler sa cohésion, renouvelant sa détermination à « poursuivre le combat pour la protection et la concrétisation de la souveraineté populaire », soulignant qu’elle se fie au « haut degré de responsabilité de la majorité de l’opposition et des divers pans de la société dans leurs attitudes à l’égard des prochaines échéances électorales ».

C’est ainsi que la CNLTD justifie sa participation à ces élections par différentes thèses et autres alibis, même si par ailleurs, elle dénonce les nouveaux dispositifs de la loi électorale et ses conditions coercitives, ainsi que le refus du gouvernement de donner suite à ses revendications quant à la mise en place d’un Conseil indépendant chargé des élections.

D’ailleurs, tous les partis de cette opposition ont critiqué, non pas la nomination d’un président de cette instance, mais surtout les mécanismes de son fonctionnement et ses prérogatives, objets de toutes les réclamations.

Pour les observateurs, l’annonce favorable de la CNLTD sur les prochaines législatives devrait pousser l’autre pôle de l’opposition, les Forces du changement que dirige l’ancien chef de gouvernement Ali Benflis, à leur emboîter le pas et les rejoindre dans leurs approches.

Par contre, cette position de la CNLTD vient de clarifier encore plus la position du mouvement de Djaballah, donné pourtant comme un adversaire radical aux assertions du gouvernement et qui semble, en dépit de son discours méfiant et dur, vouloir participer à ces élections, craignant la disparition de la scène politique en cas de boycott.

Pour beaucoup, les législatives d’avril 2017 sonnent comme un scrutin- tampon, un vote où les scores et résultats vont déterminer la future carte politique du pays avant la présidentielle de 2019.

Dans la même foulée, et en l’absence de clarification de sa part, l’énigme reste entière pour Ahmed Benbitour, ancien chef de gouvernement et membre de la CNLTD et de l’Instance de concertation et de suivi (ICS), qui bien qu’il ait signé le communiqué, sa position politique reste en position politique fragile. On ne sait pas s’il va participer en tant qu’indépendant avec des listes « libres » ou se contenter d’intégrer la liste d’un parti politique. 

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