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Nationale

Législatives 2017 : le cauchemar de l’abstention

Législatives 2017 : le cauchemar de l’abstention

Chez la plupart des grands partis politiques algériens, l’abstention dans les rendez-vous électoraux est un vrai cauchemar. Depuis presque vingt ans, l’électorat national poursuit sa logique de « boycott » des urnes, réfractaire aux mobilisations partisanes ou politiques.

Rien ne peut le secouer, ni des idées novatrices ni des personnes charmantes. Pourtant, avec le début du pluralisme en 1990, les Algériens avaient massivement participé aux municipales de juin 1990, remportées par l’ex-FIS, ainsi que lors des législatives avortées de décembre 1991.

C’est exactement le même comportement qu’on a constaté en 1995 lors de la présidentielle gagnée par l’ancien président Zeroual. Dans les deux cas, l’électorat national a décidé de valoriser son acte de vote en sanctionnant d’abord les symboles de l’ancien système du parti unique, ensuite en rejetant catégoriquement le terrorisme et le radicalisme islamiste.

Or, aux dires des spécialistes de la sociologie électorale, les électeurs algériens semblent avoir digéré leur désenchantement, ont perdu l’espoir d’un changement ou d’une amélioration et ne sont plus convaincus par la réalité politique actuelle ou par les discours ambiants. Il sera d’ailleurs difficile, voire impossible, de les mobiliser à nouveau.

L’acte de voter vient de subir un coup dur, non seulement avec la fraude massive qui a terni les élections de 1997, mais aussi par les comportements scandaleux et méprisants d’une bonne partie des « élus » aux Assemblées populaires (APN, APW et APC). Dans l’imaginaire populaire, un député ou un maire est synonyme « d’arrivisme », « d’opportunisme » et « d’affairisme ».

L’image de marque du « parlementarisme » ou de la « démocratie » a pris un grand coup avec l’éclatement des affaires et des procès, suivis de condamnations. Il est d’ailleurs notoire que des centaines de cas avérés de « corruption », de « détournements de deniers publics », « d’abus de bien sociaux », de « malversations » soient énumérés. L’argent public est malmené, dilapidé, objet de toutes les convoitises.

Et c’est justement ce constat, l’opinion publique ne lésinant point pour le généraliser à tous les responsables élus ou mandatés, qui dénature complètement les élections en Algérie.

Les dégâts sont énormes et il faudra plusieurs années de crédibilité politique pour que nos élections reviennent aux standards internationaux. S’il est vrai que notre pays n’est pas un modèle du genre, l’expérience du multipartisme et des élections plurielles a créé ce phénomène d’absentéisme électoral, qui devient récurrent et une tendance lourde.

Pour les sociologues, ce phénomène est plutôt la conséquence d’une électorat démobilisé, suspicieux et échaudé. Il ne peut être pris encore une fois par des promesses et des offres loin de toutes les attentes, des espoirs ou des demandes. L’offre politique est dérisoire, morne, suspecte.

Cela est symptomatique d’une crise sociale et citoyenne que certains lient à la réforme du système politique algérien, ses logiques de fonctionnement et ses errements aussi. 

C’est cette réalité absentéiste qui dérange non seulement nos partis politiques, mais aussi les pouvoirs publics qui y voient non pas un désintéressement électoral, mais une démission citoyenne des choses publiques.

Souvenons-nous des législatives de 2012 où il aura fallu l’implication du président Bouteflika pour « booster » quelque peu l’électorat, grâce à un discours politique. Les taux de participation n’ont pas été secoués pour autant.

Pour les observateurs, ce sont surtout les législatives qui traînent les « casseroles » de l’abstention, contrairement aux municipales. Depuis 1997, les taux de participation aux législatives de 2002, 2007 et 2012 sont les plus bas de toute l’histoire électorale du pays. Il ne serait point surprenant que celui de 2017 soit encore plus bas. Rien n’est fait pour que cela change.

Comment faire pour transformer cette donne ? Les partis politiques ne semblent point sen’inquiéter, comme le suggère déjà la déclaration du patron du FLN, Djamel Ould Abbès, qui vient d’affirmer avant-hier à un média que le FLN est confiant grâce aux soutiens de l’UGTA et de l’UNPA et que son parti va mobiliser ses militants et ses cadres à ces législatives.

Même son de cloche chez le RND ou le MSP, qui demeurent confiants et sûrs de leurs bases, alors que d’autres semblent se résigner à chercher des soutiens de dernière minute. Pour les autorités, le phénomène de l’abstention est une hantise et une maladie sociale. Un matraquage médiatique et un appel aux citoyens pour voter et participer aux scrutins ne suffisent plus. 

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