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Culture

Légendaires Ferahouda et Ben Merzoug

Légendaires Ferahouda et Ben Merzoug

Adaptée du texte Tableau de la vie arabe de Slimane Ben Brahim par Fatima Zohra Namous Senouci et Salim Dada, la nouvelle chorégraphie La flamme du Sahara du Ballet national est présentée ce mardi 5 avril, au Palais de la Culture Moufdi-Zakaria à Alger.

Dans son nouveau spectacle de danse dont la chorégraphie est signée Ahmed Khamis et Fatima Zohra Namous, le Ballet national expose une histoire d’amour, celle d’une rencontre entre deux personnages : le preux chevalier Ben Merzoug et la belle villageoise Ferahouda. Leur prétexte est simple, ce sont les festivités d’un village saharien qui se prépare aux réjouissances annoncées par le berrah. Durant le premier tableau, consacré à ces festivités, le spectacle s’apparenterait à l’opérette mais aussi au folklore, car il y a recours à divers éléments du patrimoine populaire algérien comme les costumes, des jeux traditionnels, des danses des Aurès et des Ouled Nail. Le duo mettant en scène l’amour des deux principaux personnages, soit Wissam Mazzouz et Nadjib Salhi, met en évidence une dimension contemporaine de la chorégraphie. Il en est de même du tableau inhérent à la chasse et à la cavalerie où les mouvements des danseurs s’inspirent de la gestuelle des chevaux, sur une musique saharienne du compositeur Salim Dada. La joie et la gaieté ne sont pas durables,
Ferahouda étant de santé fragile perd connaissance dans les bras de son bienaimé en pleine danse. Ce dernier cherche à tout prix à la sauver. Il part alors à la recherche d’une plante médicinale miraculeuse.

Pendant ce tableau, le danseur Amer Khaloufi qui a assuré le rôle de Lazrag, le cheval de Benmerzoug, accomplit avec grande habileté sa performance, non sans séduire le spectateur. Le drame est d’autant plus grand, Benmerzoug n’ayant pas pu revenir à temps. Tout au long des tableaux qui défilent, la douleur est de plus en plus insupportable jusqu’au décès de la jeune fille. Quant aux funérailles de cette dernière, elles sont estimées par nombre de spectateurs trop réalistes dans leur mise en scène. Toujours est-il que le spectacle La flamme du Sahara est favorablement accueilli par le public. Le renouveau du Ballet est salué dans son registre contemporain même si des lenteurs dans les derniers tableaux sont constatées. Les spectateurs confient avoir « compris et interagi » avec une histoire racontée uniquement par la danse et le langage corporel, même si le titre de cette production, La flamme du Sahara, n’est pas mis en exergue sur scène. Adapté du texte de Sliman Ben Brahim, datant de 1908, ce spectacle est également soutenu par une conception, lumière et costume, contemporaine mais inspirée de l’époque.

L’amour de deux personnages restera gravé à jamais dans la mémoire collective. Le cœur du cavalier se brise sur la tombe même de Ferahouda, il s’y effondre et sa dernière étreinte les liera à jamais. Leurs deux tombes deviennent des mausolées, elles sont fleuries d’herbe de vie par les couples et les amoureux qui les déposent chaque printemps. Preuve en est que les légendes ne meurent pas.

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