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Nationale

L’effet boule de neige

L’effet boule de neige

Le débat que suscite la crise entre le ministère de la Communication et deux partenaires de la transaction de cession d’actifs du groupe El-Khabar, la SPA El-Khabar et Ness Prod, filiale de Cévital, a fini par relancer celui de tout le secteur.

Au-delà de la régularité de l’opération de cession de la majorité des actions du groupe qui de fait offre le plein droit décisionnel au nouveau patron sur toutes, La crise actuelle des médias dénote en tout cas la faiblesse du secteur, notamment l’incapacité des principaux acteurs à faire face aux défis de l’heure.

Le « combat » mené au tout début de la libre expérience journalistique des années 1990 par ceux qui au prix de leur vie ont porté l’étendard de la parole « affranchie », n’est tout compte fait pas le même qui « s’offre » aujourd’hui aux professionnels du secteur.

L’impuissance de certains journaux à faire face aux besoins pécuniaires de leur collectif les a même poussés à mettre la clé sous le paillasson, à l’image d’El Ahdeth et El-Yaoum. Difficile destinée qui a fini -osons-le dire- par tenter un tas de canards à chercher refuge auprès de seigneurs.

Et c’est justement à ce niveau que le débat devrait prendre toute son ardeur. Faute de rassemblements à même de permettre un débat au sein même de la corporation comme c’est le cas ailleurs. La divergence depuis des années entre la quasi-totalité des éditeurs n’a pas non plus arrangé le climat.

Des années durant, certains éditeurs ayant eu le privilège d’entamer l’expérience de la presse libre dans les années 1990 réussirent à constituer d’importants matelas financiers. Quelques uns avaient vainement tenté de constituer, au détriment d’autres, un lobby contre-pouvoir.

Certes les raisons les ayant poussé à épouser une telle stratégie peuvent n’obéir qu’aux objectifs fixés, mais en ces temps importait peu, très peu même, le combat que pouvait mener un journal tant les objectifs souvent à connotations politiques dictaient la ligne à suivre.

Il faut aussi reconnaître que le combat mené par les différents acteurs du secteur ne visait pas le même but. Même au sein d’une même l’entreprise médiatique, propriétaires et journaliste n’avaient pas forcément les mêmes visées.

C’est pourquoi, faute d’un recentrage qui aurait dû être opéré depuis des années par les professionnels, l’Etat doit jouer un rôle via un cahier des charges à même de permettre le sauvetage de ce qui peut l’être encore.

La tutelle ayant décidé de jouer le rôle de régulateur devrait l’assumer sans deux poids deux mesures. Les détenteurs du pouvoir décisionnel sont donc appelés à s’accommoder de la réalité du terrain en facilitant le débat entre professionnels et en évitant à tout point de vue de s’immiscer dans celui-ci et encore moins dans la gestion interne des entreprises médiatiques qui restent soumises aux lois régissant les entités économiques.

Il faut aussi mettre l’accent sur le fait que la destinée de la corporation journalistique fut de tout temps étroitement liée à la situation socio-économique du pays. Si durant la décennie noire, le lourd tribut payé par les Algériens n’avait pas épargné les professionnels des médias, il était aussi dit qu’une fois la sécurité retrouvée, une tout autre destinée leur sera réservée.

De l’embellie financière qui a permis à certains éditeurs, dont la masse salariale ne dépassaient guère le dixième du profit tiré, d’amasser des fortunes au détriment de leurs employés, à la crise actuelle qui semble pousser plusieurs d’entre eux, au mieux, à chercher preneur, au pire, à abandonner le combat faute de moyens.

Si pour un journal comme El-Khabar, autour duquel un puissant groupe s’est, au fil du temps, constitué, le nerf de la guerre a fini par faire défaut, poussant les propriétaires à lâcher prise, que dire alors de la centaine de tabloïdes, incapables pour certains d’assurer le salaire de leurs employés et dont beaucoup impuissants, finiront à n’en point douter par lever les bras au ciel. Une occasion toute offerte aux lobbies financiers pour accaparer autant que faire se peut les plus « cotés » d’entre eux.

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