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Culture

L’écrivaine Zoulikha Bekaddour : «Il faut écrire l’histoire de notre pays !»

L’écrivaine Zoulikha Bekaddour : «Il faut écrire l’histoire de notre pays !»

C’est une femme en colère et révoltée qui a parlé, jeudi dernier, dans l’espace du petit théâtre de la maison de la Culture Mouloud-Mammeri de Tizi-Ouzou, sur le tournant pris par l’Algérie à l’occasion de la commémoration du 60e anniversaire de la Journée de l’étudiant.

Il s’agit bien sûr, comme l’indique le titre de cet article, de la moudjahida et écrivaine, Mme Zoulikha Bekaddour. Sur initiative de l’association des Anciens Scouts et Amis des Scouts de la Ville de Tizi-Ouzou (AASASVT.O), Mme Zoulikha Bekaddour, devant une assistance composée majoritairement d’anciens étudiants ayant rejoint le maquis, a pu apporter des éclairages très importants sur le Mouvement estudiantin algérien durant la guerre de Libération nationale, notamment sur cette journée du 19 mai 1956, puisqu’elle y était fort impliquée.

Elle était effectivement responsable de l’exécutif de l’UGEMA (Union générale des étudiants musulmans algériens) de la section d’Alger.

La conférencière, dans un français châtié, a révélé que par leur implication depuis longtemps dans les événements relatifs à la guerre d’indépendance qui faisait déjà rage depuis deux ans, l’UGEMA a déjà perdu plusieurs des siens. En effet, les autorités coloniales ont fait assassiner beaucoup d’étudiants.

Certains de ceux-ci ont même trouvé la mort dans d’atroces conditions. La strangulation, l’immolation par le feu, la torture et une multitude d’autres méthodes expéditives ont été couramment utilisées par les forces coloniales contre les étudiants algériens un peu partout à travers le territoire national.

« Ce sont ces assassinats ciblant sans arrêt la population estudiantine algérienne, explique la conférencière, qui a poussé les étudiants à se mobiliser dès la journée du 17 mai 1956, soit deux jours avant le grand mouvement du 19 Mai, et prêt à en découdre ouvertement avec les forces coloniales.

« Cette soudaine et inattendue réaction des étudiants à travers le territoire national a provoqué l’Assemblée générale de l’UGEMA qui, après débats, a décidé de provoquer les événements que l’on connaît sous l’appellation de « la Journée du 19 Mai « . 

Mme Zoulikha Bekaddour a également parlé de l’implication au profit de l’Algérie des étudiants algériens de souche européenne, c’est-à-dire des familles appelées communément « pieds-noirs « . La conférencière citera beaucoup de noms de ces étudiants (tes) de souche européenne qui ont choisi la cause nationale algérienne.

Mme Zoulikha Bekaddour regrettera beaucoup cependant qu’après l’indépendance nationale, les autorités algériennes aient « oublié « de reconnaître le mérite de ces Algériens de souche européenne qui ont donné le meilleur d’eux-mêmes pour l’Algérie au cours de ces années de feu. « Il paraît que chez-nous on ne reconnaît les mérites de quelqu’un qu’une fois mort « , lance avec amertume et révolte la conférencière.

A ce moment aussi, Mme Zoulikha Bekaddour donnera un autre aspect à sa conférence. En effet, elle dénoncera avec vigueur, tout en citant des noms de personnages – certains sont décédés et d’autres sont encore vivants – la falsification de l’histoire de la guerre de Libération nationale.

Comme parade à ces dangereuses déviations, la conférencière plaidera pour l’écriture par les vrais enfants de l’Algérie, car « il est nécessaire que les générations futures connaissent la véritable histoire de la guerre de Libération nationale ».

Parallèlement, la conférencière regrette que les Algériens manifestent peu d’intérêt pour la lecture. « Le paradoxe, ajoute-elle, c’est que d’un côté on demande de les informer sur ce qui s’est réellement passé, et les véritables héros, d’un autre on ne lit pas ce que nous écrivons à ce sujet. « 

« Toujours, est-il, poursuit Mme Zoulikha Bekkadour, qu’il est nécessaire, je le réitère, d’écrire tout ce que l’on sait, car on le doit aux générations futures. « A la fin de la conférence, Mme Zoulikha Bekaddour a procédé à la vente-dédicace de son livre intitulé Ils ont trahi notre combat ! – Mémoire d’une rebelle dans la guerre l’après-guerre.

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