L’économie vivrière en débat à Tizi Ouzou – Le Jeune Indépendant
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Nationale

L’économie vivrière en débat à Tizi Ouzou

L’économie vivrière en débat à Tizi Ouzou

«L’économie vivrière : un atout réel pour la création d’une richesse économique locale et durable garantissant la sécurité alimentaire», tel est le thème d’un colloque de deux jours initiée par l’association «Femme Active», présidée par El-Djouher Hachemi, et dont les travaux ont débuté hier à la maison de la Culture Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou. 

A ce rendez-vous éminemment scientifique et animé par des universitaires, l’accent a été mis sur les mécanismes à enclencher pour redynamiser l’économie agricole et, du coup, réhabiliter le monde de la paysannerie, en lui assurant, cependant, l’outil de travail moderne.

El-Djouher Hachemi a commencé par faire l’historique de l’agriculture paysanne pour, ensuite, souligner son intérêt tant économique que sanitaire. La présidente de l’association a défendu la nécessité d’arriver à l’autosuffisance alimentaire et le fait de consommer sain, en évitant au maximum les produits industriels, notamment ceux de l’importation. «Il est non seulement indispensable de réussir notre plan d’autosuffisance alimentaire, mais il est aussi possible de réussir ce pari puisque nous avons des terres à travailler ainsi que les outils nécessaires pour rendre cultivables nos terres», a-t-elle déclaré avec véhémence, avant de mettre en exergue la valeur du travail.

Lui succédant au micro, Mouloud Arkoub, universitaire spécialisé en agronomie, a développé une thématique intitulée «Comment développer la culture oléicole et la vertu médicinale de l’huile d’olive». L’intervenant a commencé par donner un aperçu historique sur le savoir-faire algérien en matière de culture oléicole ; une science qui remonte à plusieurs millénaires. Toutefois, Mouloud Arkoub a plaidé pour la modernisation de l’activité oléicole, et ce tant concernant l’entretien de l’olivier que la technique d’obtention de l’huile.

Concernant l’olivier, l’intervenant a fortement suggéré l’entretien de celui-ci en l’allégeant comme il se doit, c’est-à-dire en lui coupant les branches touffues, évitant  surtout les branches qui s’élancent en hauteur. Appuyant ses propos par des photos, l’assistance, nombreuse et attentionnée, a pu découvrir les oliveraies d’Espagne, du Sud algérien et d’autres contrées étrangères. Les oliviers plantés et alignés selon une forme géométrique sont limités en hauteur. Leurs fruits sont même cueillis à l’aide de machines mécaniques.

Concernant la vertu de l’huile d’olive, Mouloud Arkoub a déclaré qu’une bonne huile possède un composant identique au paracétamol et constitue un excellent remède contre l’inflammation. Dans ce sens, il a cité les travaux du chimiste américain Beauchamp, qui a prouvé l’existence dans l’huile d’olive de l’oléocanthal, qui n’est autre que le paracétamol. L’intervenant a aussi indiqué que l’inflammation non traitée peut provoquer des maladies dont le cancer.

Plus loin, Mouloud Arkoub a noté qu’au cours de ces dernières années, l’huile d’olive algérienne ne cesse de connaître de fulgurants succès. Dans les laboratoires espagnols, anglais, italiens, français et péninsulaires d’Arabie, notre huile d’olive est bien notée. «Aussi, a-t-il poursuivi, nos producteurs d’huile d’olive exportent leurs produits en Europe, en Amérique du Nord et dans la péninsule arabique, notamment le Qatar».

Tout en soulignant les critères de note des dégustateurs d’huile d’olive, M. Arkoub a assuré que pour qu’une huile soit reconnue extra vierge, il faut que son taux d’acidité soit inférieur à 0,8%. Et c’est sur ce chapitre portant sur la qualité que le spécialiste agronome a révélé certaines vérités inconnues jusque-là de nos paysans. En effet, il a appris à l’assistance que la meilleure période de la cueillette des olives est le mois de novembre, soit avant que la peau de l’olive ne devienne noire. Il a ajouté avoir mené des travaux d’expérience avec ses étudiants sur cette période oléicole. «Au mois de septembre, a-t-il dit, un quintal d’olives produit 2,5 litres d’huile, au mois de novembre, la même quantité d’olive produit 7 litres d’huile, et au mois de décembre, un quintal d’olives produit 12 litres d’huile». «Si autrefois nos paysans laissaient l’olive jusqu’à devenir noire, c’est parce qu’ils favorisaient la quantité.

En revanche, j’estime qu’à présent, il faut privilégier la qualité», a plaidé Mouloud Arkoub. Tout en appelant à encourager la culture oléicole, car elle assure des dividendes économiques et sanitaires, M. Arkoub a lâché une bombe : une mauvaise huile peut provoquer le cancer. C’est la raison pour laquelle il a fortement suggéré l’abandon des huileries traditionnelles et leur remplacement par des huileries modernes. En somme, si l’huile d’olive possède des vertus thérapeutiques, elle peut causer aussi des effets indésirables. Effets indésirables dans la mesure où elle est reconnue évidemment comme «impropre à la consommation».

Pour sa part, Fatima Djouber, également universitaire spécialisée dans la science agronomique, a développé une thématique sur l’apiculture. Elle a prouvé les dividendes économiques de la culture apicole, notamment en Kabylie, puisque la moyenne nationale de la production du miel par ruche est de 4,5 kg, alors qu’en Kabylie, la production par ruche est de 7,5 kg. C’est pourquoi elle a encouragé les femmes rurales à se lancer dans cette activité fortement lucrative. D’autant plus qu’autrefois, les grands-mères maîtrisaient à la perfection la science de l’apiculture.

Fatima Djouber a plaidé pour que la formation des femmes en apiculture soit d’une durée d’une année au moins. «Une formation de trois jours est insuffisante», a-t-elle signalé. Pour sa part, Djamila Berdous, en sa qualité de représente de la CASNOS, a fait une brillante intervention sur les différents avantages qu’offre l’organisme qu’elle représente, d’où l’intérêt de l’agriculteur de s’y inscrire et de s’acquitter de ses obligations de versement à la caisse.

Tout en s’appuyant sur une panoplie de lois, connues par cœur, elle a mis l’accent sur les avantages qu’offre la CASNOS à ses affiliés, notamment concernant l’assurance-maladie. «En cas de maladie, a-t-elle signalé, c’est l’assurance qui fait face à la prise en charge médicale». Dans la foulée, Mme Berdous a cité certains cas où la prise en charge médicale est très coûteuse. L’exemple incitant l’agriculteur à s’inscrire à la CASNOS est l’opération d’hémodialyse. Une séance thérapeutique coûte 7 000 DA et le patient a besoin de trois séances par semaine. Si de tels soins sont à ses propres frais, il est quasi certain que le patient connaîtra des moments difficiles.

Et pour convaincre l’assistance du bien-fondé de ses propos, elle a cité tous les organismes de la santé avec qui la CASNOS a signé des conventions. L’affilié à la CASNOS peut même jouir de soins dans des stations thermales, se trouvant un peu partout à travers le territoire national. Djamila Berdous a évoqué ensuite les effets positifs du droit à la retraite d’où, justement, l’intérêt pour l’agriculteur de jouir, dès à présent, de cet avantage.

En dernier lieu, il convient de relever l’intervention de la représentante de l’ANSEJ, Dehbia Boubchir, qui a porté sur les mécanismes positifs qu’offre l’institution qu’elle représente. En définitive, le monde agricole ne peut se dissocier des différents organismes d’Etat puisqu’ils assurent son accompagnement dans son cheminement professionnel.

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