L’échec de la contre-offensive ukrainienne ou le divorce entre Zelensky et ses parrains – Le Jeune Indépendant
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Monde

L’échec de la contre-offensive ukrainienne ou le divorce entre Zelensky et ses parrains

L’échec de la contre-offensive ukrainienne ou le divorce entre Zelensky et ses parrains
Une population ukrainienne otage d'une guerre perdue d'avance

Telle l’Arlésienne, la fameuse et non moins fumeuse contre-offensive ukrainienne, peine à être perceptible sur le terrain. Annoncée pour le printemps, puis en été, cette offensive essuie revers sur revers malgré la propagande stérile  des spin-doctors occidentaux qui tentent de masquer la vérité sur le champ de bataille.

Pire, Volodymyr Zelensky peine à mobiliser ou remobiliser une opinion publique occidentale qui se préoccupe de plus en plus de son devenir en ces temps de crise économique et qui refuse de voir un financement sans fin d’un effort de guerre perdu d’avance dans de lointaines contrées aux confins orientaux de l’Europe qui ne lui apporte rien.

Pour ce faire, la nouvelle parade de Kiev est de se lamenter sur le sort de ses soldats transformés en chair à canon. Ainsi, Zelensky avoue : « si nous ne sommes pas dans le ciel et que la Russie l’est, elle nous arrête depuis le ciel. Ils stoppent notre contre-offensive ».

Une manière détournée de faire pression sur ses sponsors. En acteur professionnel, il pointe du doigt « des processus qui deviennent plus compliqués et plus lents, s’agissant des sanctions ou de l’approvisionnement en armes » occidentales. « La guerre ralentit, on reconnaît ce fait », a-t-il dit. « Quand des partenaires nous disent quelle est la prochaine étape de la contre-offensive ? Ma réponse est qu’aujourd’hui, nos étapes sont plus rapides probablement que les nouveaux paquets de sanctions » visant la Russie, ironise le président ukrainien.

Une déroute de l’armement de l’Otan

Et face au refus des Occidentaux de livrer des armes de précision et de longue portée à l’Ukraine, Zelensky se lamente : « une arme spécifique a un impact spécifique. Plus elle est puissante et de longue portée, plus la contre-offensive ira vite ». En réalité, même les plus ardents va-t-en-guerre atlantistes rechignent à doter les Ukrainiens en armes sophistiquées étant sûr que ces derniers les utiliseraient contre le territoire russe.

Sur ce registre, le chef d’état-major des forces armées britanniques, Tony Radakin, n’est pas parti par quatre chemins. Selon lui, il pourrait être nécessaire « d’ajuster » les attentes concernant les résultats de la contre-offensive des forces armées ukrainiennes à court terme. L’amiral a rappelé les problèmes de ces forces ukrainiennes : le manque de formation militaire parmi les soldats mobilisés et l’hétérogénéité des armes (équipements de type soviétique et occidental). Pour Tony Radakin, la situation actuelle en Ukraine comme une « guerre d’usure », ce qui sous-entend le risque de l’épuisement avant l’anéantissement totale de ce qui reste de l’armée de Kiev.

A Kiev, il semble que le pessimisme est en passe de gagner la partie, car après Zelensky qui s’est lamenté à propos de l’aide occidentale et de l’échec patent de la contre-offensive, voilà le tour du secrétaire du Conseil de la sécurité nationale et de la défense (NSDC) d’Ukraine, Oleksiy Danilov.

Les propos de ce dernier sont éloquents : « à ce jour, personne ne peut nous donner une réponse claire sur ce que signifie notre victoire. Ils nous disent que nous vous soutiendrons jusqu’à ce que – et au-delà, je n’ai jamais entendu l’expression « victoire » nulle part. Ils disent « jusqu’à ce que vous décidez vous-même, prenez certaines décisions ». Dans le langage des Occidentaux, il est clair que l’option d’une victoire totale de l’Ukraine n’est qu’une chimère.

« Et nous devons comprendre clairement : ils sont avec nous jusqu’à la victoire ou ils sont avec nous pendant un certain temps, et ensuite ils examineront et tireront certaines conclusions », a déclaré le secrétaire du NSDC ukrainien.

Comble de l’ironie, nous voilà face à une situation rocambolesque. Kiev qui ne tient que par les aides et les subventions de ses sponsors atlantistes qui utilise le régime comme un Etat proxy dans la guerre non déclarée de l’Otan contre la Russie, se trouve en train de faire du chantage et de la pression sur ses parrains. Et pour maquiller leur déroute, les Ukrainiens n’ont rien trouvé d’autre que des lancer des attaques une sorte de coups d’éclat en Crimée ou dans quelques villes russes pour faire croire qu’ils tiennent le coup.

Cap sur 2025
Or, à Moscou, le ministre de la défense Serguei Choigou a affirmé récemment que la Russie projette que « l’opération militaire atteindra ses objectifs d’ici 2025 » en comptant sur le  renforcement du potentiel de combat et de la formation sur la base de l’expérience acquise depuis 19 mois par l’armée russe. Pour ce faire, la Russie va augmenter le budget de la défense, et surtout développer davantage ses potentialités qui n’ont pas été affectées par les sanctions, de l’avis de nombreux experts.

Choigou fixe le deadline de l’opération spéciale

Par contre dans les capitales atlantistes les plus russophobes, la tendance pro-ukrainienne semble s’inverser. Ainsi, à Londres, le Premier ministre britannique Rishi Sunak a déclaré hier qu’il n’était pas prévu dans l’immédiat de déployer des instructeurs militaires en Ukraine, faisant suite aux propos rapportés par son ministre de la Défense selon lesquels il souhaitait commencer à former des troupes ukrainiennes dans le pays.

Le ministre britannique de la Défense, Grant Shapps, nommé à ce poste le 1er septembre dernier, a déclaré dans une interview au journal The Sunday Telegraph qu’il souhaitait déployer des instructeurs militaires en Ukraine, en plus de former les forces armées ukrainiennes en Grande-Bretagne ou dans d’autres pays occidentaux.

Jusqu’à présent, la Grande-Bretagne et ses alliés ont évité une présence militaire formelle en Ukraine afin de réduire le risque d’un conflit direct avec la Russie. Par ailleurs, le prestigieux hebdomadaire britannique « The Economist », adossé sur les plans de Washington, admettait dans sa dernière édition que l’offensive ukrainienne piétinait et que les pays de l’OTAN doivent repenser leur engagement aux côtés des ukrainiens, et sur les moyens de poursuivre ou pas la guerre contre la Russie.

A Washington cette fois-ci, les États-Unis ont évité in extremis la paralysie de leur administration fédérale ce samedi 30 septembre, avec l’adoption par le Sénat, à trois heures seulement du « shutdown », d’une mesure d’urgence permettant de continuer temporairement son financement. Cette disposition d’urgence adoptée par le Congrès prévoit que l’administration américaine continue d’être financée pendant 45 jours. Elle exclut cependant l’aide à l’Ukraine en guerre, demandée par la Maison-Blanche.

Pour y remédier, les législateurs américains doivent se pencher sur un projet de loi distinct portant sur une aide militaire et humanitaire de 24 milliards de dollars à l’Ukraine, que le président Joe Biden souhaitait voir figurer dans le budget. Un vote pourrait avoir lieu en début de semaine prochaine, selon les médias américains.

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