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Nationale

L’eau à Kidal est plus chère qu’à Londres et à Paris

L’eau à Kidal est plus chère qu’à Londres et à Paris

L’approvisionnement en eau pose problème à Kidal. Les nappes tarissent à certaines périodes de l’année. Il y a aussi des difficultés par rapport au fonctionnement des générateurs des forages alimentant la ville. Les habitants se plaignent.

Que ce soit avant ou après 2012, l’approvisionnement en eau a toujours posé problème à Kidal, notamment durant le mois de juillet.

Les nappes tarissent et les forages parviennent mal à satisfaire les besoins des habitants de cette ville du nord du Mali, faisant déjà l’objet de tensions sécuritaires.

La population locale vit régulièrement des difficultés pour trouver cette denrée précieuse. Pourtant, ils ne sont que 18 000 habitants environ à Kidal, qui en comptait plus de 25 000 avant 2012. De plus, l’eau n’est pas uniquement inaccessible. C’est également une denrée chère pour le commun des familles.

« La cuve d’un mètre cube peut facilement dépasser les 5 000 FCFA (sept euros) », remarque Hadjeratou, une mère de famille, qui ajoute : « Il faut passer des heures à courir derrière les camions-citernes pour satisfaire nos besoins en eau. » A Kidal, l’eau est donc plus chère qu’à Londres, à Rome ou à Paris.

Hadjeratou raconte comment elle se réveille vers 6 h et s’occupe de ses premières tâches ménagères, notamment la préparation de la nourriture pour ses trois enfants. Ensuite, elle les emmène chez sa mère, qui habite à un kilomètre de chez elle, et prend sa charrette pour aller chercher de l’eau pour sa famille et ses voisins.

« J’attelle une cuve d’un mètre cube derrière ma charrette. Elle nous suffit pendant deux jours. Mes parents et mes voisins se répartissent le prix. Moi, je ne paie rien parce que j’utilise ma charrette et je fais des efforts pour ramener l’eau. Notre quartier se trouve à huit kilomètres en dehors de Kidal », précise-t-elle.

Il convient de souligner que l’approvisionnement en eau de la ville de Kidal au nord du Mali, n’est aujourd’hui possible que grâce aux efforts de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies (MINUSMA) et du Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Ces deux organisations se répartissent les tâches et les charges pour éloigner le spectre de la soif de cette ville, réduite à moins de 20 000 habitants des suites de la guerre.

La MINUSMA et le CICR agissent surtout pour assurer le bon fonctionnement des forages hydrauliques, essentiels pour alimenter le principal château d’eau de la ville d’un volume de 500 m3 ainsi que le réseau de distribution d’eau.

Le fonctionnement de ces forages est possible grâce à l’appui du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), qui prend en charge le carburant, le traitement de l’eau et l’entretien des générateurs.

Par ailleurs, le coordonnateur régional du Bureau des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) pour le Sahel au Mali, Toby Lanzer, pense que « la situation humanitaire dans le nord du Mali est critique. Il y a même un risque de pénurie d’eau dans la région de Kidal ».

Pour éviter ce risque, Toby Lanzer conseille de creuser urgemment des forages de 350 à 400 mètres de profondeur dans la région de Kidal. Il appelle les groupes armés à épargner les organisations humanitaires présentes pour leur permettre d’aider à l’amélioration des conditions de vie des populations locales. Le déficit sécuritaire entrave donc le retour à la normale dans le nord du Mali, pas uniquement pour l’approvisionnement en eau.

L’électricité aussi bouge mal et traîne dans son sillage le secteur de la santé. Le secteur de l’éducation, pour sa part, n’a repris que partiellement en 2015 après quatre années de rupture. Mais ce n’est pas sûr que l’année 2016 soit meilleure concernant la fréquentation des écoles. L’approvisionnement en eau n’est donc que la partie visible de l’iceberg. Le nord du Mali peine à retrouver son rythme de croisière.

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