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Le violeur en série arrêté

Le violeur en série arrêté

C’est une grosse enquête que les éléments de la police de Bir Mourad Raïs sont en train de mener, mettant en cause un jeune Algérois de 27 ans, taxieur clandestin, qui a abusé sexuellement de plus de 165 filles, dont la plupart sont étudiantes à Alger. La liste risque d’être plus longue, selon les enquêteurs.

Agé de 27 ans, un jeune taxieur clandestin originaire d’Alger a été récemment arrêté par les éléments de la sûreté d’Alger pour avoir enlevé et violé plus de 165 jeunes filles, dont la plupart sont étudiantes.

Le chef de la sûreté urbaine de Dély Ibrahim, le commissaire Radouane Boudraâ, n’a pas caché sa crainte de voir d’autres filles victimes du psychopathe d’Alger se manifester après qu’un appel a été lancé dans ce sens.

Ce jeune de 27 ans se faisait passer pour un chauffeur de taxi clandestin. Il proposait ses services de transport à travers des annonces publiées sur Facebook et Instagram. Une fois installées à bord de son véhicule, les victimes étaient conduites dans des lieux isolés.

« Elles ne pouvaient rien faire », affirme un policier en charge de cette affaire, car il les menaçait avec un revolver, qui était en plastique ». Le violeur en série d’Alger terrorisait ainsi les jeunes filles, généralement âgées entre 19 et 20 ans, les faisant plier. 70 d’entre ses victimes (une liste provisoire), ont été filmées avec son propre téléphone portable ou celui de ses victimes.

Lors de leurs investigations, les policiers chargés de cette affaire ont retrouvé dans sa voiture plus de 32 GB de vidéos stockées sur une clé USB. Le violeur en série avait l’intention de les vendre à des sites Internet pornographiques étrangers. L’auteur de ces crimes a été auditionné avant-hier par le procureur de la République près le tribunal de Bir Mourad Raïs.

Il a été placé en détention provisoire en attendant ce que l’enquête va dévoiler. Pour sa part, le procureur de la République a également ordonné de poursuivre l’enquête pour identifier d’autres éventuelles victimes que le suspect faisait chanter en les menaçant de mettre en ligne des photos et des vidéos obscènes prises sous la menace.

Par ailleurs, lors d’une conférence de presse tenue au siège de la sûreté de wilaya d’Alger, le commissaire Boudraâ a indiqué que l’affaire, qui a suscité l’intérêt de l’opinion publique car elle a bouleversé l’ensemble de la société civile, est toujours en cours.

Pour rappel, l’affaire a débuté le 10 janvier suite à une plainte déposée par l’une des victimes qui a affirmé avoir été agressée par le suspect. Les investigations menées par les services compétents pendant plus de deux mois ont permis l’identification du mis en cause et son arrestation le 23 mars dernier. 

L’enquête a révélé que le suspect se déplaçait à bord d’un véhicule avec une fausse plaque d’immatriculation. Il ciblait en particulier les étudiantes devant les universités de la capitale en se faisant passer pour un chauffeur de taxi clandestin sur les réseaux sociaux (Facebook et Instagram).

Le mis en cause, qui proposait la course à un tarif abordable en vue d’inciter les étudiantes à monter avec lui, changeait d’itinéraire et conduisait ses victimes dans des endroits isolés en les menaçant avec un pistolet factice.

L’enquête a également permis la saisie de 16 téléphones portables, 14 appartenant aux victimes et 2 au suspect, munis d’une carte mémoire de plus de 120 gigas sur laquelle avaient été téléchargés les scènes du viol qu’il comptait vendre à des sites porno, tout en menaçant ses victimes de les mettre en ligne.

A noter que l’’une des victimes a réussi à s’échapper en se jetant hors du véhicule en marche, a affirmé le commissaire de police, précisant que les investigations avaient révélé que les agressions remontaient au mois d’octobre 2016, mais qu’aucune plainte n’avait été déposée avant le mois de janvier dernier.

Lors de l’interrogatoire, le mis en cause a affirmé n’avoir contraint aucune des filles à le suivre, celles-ci l’ayant toutes accompagné de leur propre gré.

Le commissaire Boudraâ a souligné la nécessité de sensibiliser les filles et même les garçons aux dangers des réseaux sociaux et de l’Internet en général, affirmant que cette affaire, qui a débuté par des délits de vol, d’agression et coups et blessures, s’est révélée par la suite plus grave. Il a ainsi appelé toutes les victimes à faire preuve de courage et à se rapprocher des services de sûreté pour déposer plainte contre lui.

Une fille sur trois victimes de « cyber-intimidation »

Il est conseillé aux internautes de ne pas diffuser des informations personnelles telles que son adresse, son numéro de téléphone, le lieu de travail des parents, le numéro de la carte bancaire, l’adresse de l’école, etc.

Selon le Centre de recherche juridique et judiciaire (CRJJ), près d’une fille sur trois en Algérie a été victime de cyberintimidation en 2016. Elles ont reçu des messages méchants ou ont fait l’objet d’images humiliantes sur le Net.

Le CRJJ considère que la fille algérienne, à l’instar des autres pays du monde, est plus que jamais ciblée par des personnes anonymes difficiles à identifier ; ce qui peut la conduire à se méfier de toutes ses relations. Les risques de la criminalité informatique ont triplé dans notre pays. La sécurité nationale et celle des personnes sont également en jeu.

La menace aurait été beaucoup plus sérieuse si notre pays avait un haut débit Internet, affirment les experts du CRJJ. Il convient souligner que sur le seul site de Facebook, les enquêteurs ont enregistré des infractions dangereuses à l’encontre de plus d’un million d’utilisateurs de ce site. Beaucoup d’Algériennes accros à Facebook ont été victimes de personnes dangereuses qui ont utilisé leur noms et photo dans des affaires d’escroquerie.

1 055 affaires de cybercriminalité traitées par la police en 2016

Les affaires de cybercriminalité sont en croissance en Algérie. Si en 2014 le nombre d’affaires traitées par la DGSN était de 211, en 2016 il a été multiplié par cinq. Pas moins de 1 055 affaires ont été traitées l’an dernier. Faut-il s’alarmer ? La DGSN a déjà tiré la sonnette d’alarme contre le « boom » de la cybercriminalité en Algérie.

En 2016, elle en a recensé 1 055 sur la Toile, en particulier sur les réseaux sociaux où ces criminels d’un nouveau genre ciblent régulièrement les couches vulnérables de la société, à savoir les jeunes filles, les enfants et les mineurs.

Selon la DGSN, 946 internautes présumés criminels ont été arrêtés en 2016 pour diverses affaires, entre autres atteinte à la sécurité des personnes, attaques électroniques contre des bases de données d’entreprises et d’institutions, apologie du terrorisme, escroquerie et bien d’autres chefs d’accusation.

Par ailleurs, la DGSN a déjà organisé plusieurs campagnes de sensibilisation au profit des personnes vulnérables aux grands dangers que représente une mauvaise utilisation de la Toile.

Sur sa page officielle Facebook, la DGSN s’adresse aux enfants, aux mineurs et aux jeunes filles, leur conseillant d’éviter certains sites dangereux sur la Toile. Par la même occasion, elle recommande à ces catégories fragiles de la société de s’éloigner de la drogue, car beaucoup de criminels tentent de convaincre ces jeunes de consommer du cannabis.

« Chaque internaute doit s’armer du sens de la responsabilité, quel que soit son âge, son travail, son poste et sa situation sociale, pour éviter une mauvaise utilisation de l’Internet. Il faut insuffler une culture collective chez les enfants et les jeunes pour une bonne utilisation de la technologie moderne numérique », a conseillé la DGSN aux parents, lesquels sont les premiers responsables.

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