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Culture

Le village Aourir et la maison de Si Sadek protégés

Le village Aourir et la maison de Si Sadek protégés

Le village traditionnel Aourir et la maison du colonel Si Sadek sont classés par la commission de la wilaya des biens culturels de Tizi Ouzou comme des biens culturels

Les dossiers de classement du village traditionnel Aourir et la maison du colonel Si Sadek viennent d’être approuvés par la commission de wilaya des biens culturels, indique la direction de la culture de Tizi Ouzou dans un communiqué.

Direction qui a présenté les dossiers de ces biens, lors d’une réunion qui s’est tenue le 24 décembre dernier avec les membres de ladite commission. Ces deux biens enrichissent la liste des biens culturels qui font la fierté de la wilaya de Tizi Ouzou et de sa population. Une liste qui témoigne de son histoire antique à travers les temps. Le village traditionnel Aourir, perché sur une montagne rocheuse de 976m d’altitude, se situe à 4 km du chef lieu de la commune d’Ifigha et à 53 km à l’est de Tizi Ouzou.

Ce village est composé de 107 maisons, aujourd’hui complètement désertées par ses habitants ayant opté pour une vie plus ou moins facile en contrebas du village sur des terrains moins accidentés. Résultat de l’abandon, certaines maisons sont complètement en ruines, tandis que d’autres sont dans un état de délabrement très avancé.

Ni Lhara Oufella (partie haute du village), ni Lhara bwadda (côté bas) ou encore moins la mosquée, la fontaine ou la tajmaât n’ont échappé à la dégradation que la direction de la culture veut stopper en proposant le classement de ce village dont les normes de l’architecture kabyle ancienne sont parfaitement représentées, sur la liste des biens culturels protégés de la wilaya.

Construites à base de pierre et de terre, les maisons d’Aourir racontent toute l’authenticité de la vie villageoise d’il y a encore quelques décennies. Tigherghert, adaynin, thakana, afrag sont autant d’espaces qu’on trouve inévitablement dans chaque habitation traditionnelle kabyle mais qu’on ne trouve nul part aujourd’hui dans les nouvelles constructions en béton qui ont envahi les villages.

En plus de la dimension architecturale, le village Aourir était du point de vue historique, la première capitale des Ath El Kadhi, fondateurs du royaume de Koukou. Selon Amar Boulifa, Ahmed Oulkadi avait entamé la mise en place de sa dynastie en 1632 à partir de ce village des Ath Ghobri, la terre de ses ancêtres, juste après son retour de Tunis.

L’autre monument qui vient d’enrichir le patrimoine local est la maison du colonel Slimane Dehiles connu sous le pseudonyme de Si Sadek, sis au village Aït Berdjel dans la commune des Ouadhias, à 35km au sud de la wilaya de Tizi Ouzou.

D’après le classement, le périmètre s’étale sur une superficie de 88 m² sur laquelle est implantée la maison familiale composée d’un seul bloc : le rez-de-chaussée, le sous-sol et une cour.

Actuellement, la bâtisse se trouve entre les mains des héritiers du colonel Si sadek. Celui-ci était l’un des principaux chefs politico-militaires de la révolution algérienne. Né le 14 novembre 1920, Slimane Dehiles a consacré sa vie à la lutte pour la libération nationale. Il a adhèré au MTLD en 1946 et active sous l’égide de la Fédération de France. Il a passé plusieurs mois en prison pour ses activités dans le mouvement national.

Dès novembre 1954, il fut l’un des premiers à rejoindre les rangs de l’ALN et créer quelques temps après la première organisation politico-militaire en Kabylie. En 1957, il est désigné par Abane Ramdane pour organiser la wilaya IV (Algérois) après le départ du colonel Amar Ouamrane à Tunis et devient membre du CNRA.

En 1958, il devient l’adjoint de Houari Boumediene qui était à la tête du Comité d’Organisation militaire pour la zone Ouest. A l’indépendance en 1962, Si Sadek est élu député de la wilaya de Tizi-Ouzou. Il était dirigeant du FFS de 1963 à 1965. Slimane Dehiles est décédé le 5 novembre 2011 à l’âge de 91 ans.

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