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Monde

Le vide institutionnel menace la stabilité du pays

Le vide institutionnel menace la stabilité du pays

Plus de quatre mois après l’investiture du président Ashraf Ghani, l’Afghanistan n’a que l’ombre d’un gouvernement car le parlement refuse d’approuver les ministres désignés par le chef de l’Etat, laissant le pouvoir à Kaboul affaibli en plein retrait des forces étrangères.

La semaine dernière avant de terminer leur session et de partir en congés, les membres de la Wolesi Jirga, la chambre basse du parlement, ont rejeté les candidatures des deux tiers des 25 candidats présentés par le président Ghani.

Parmi les raisons invoquées, figurent plusieurs cas de double nationalité incompatibles avec une fonction de ministre, un cas de curriculum vitae jugé douteux et… un candidat recherché par Interpol pour corruption. Après environ quatre mois de négociations entre le président et son chef de l’exécutif et ancien rival à la présidentielle, Abdullah Abdullah, une première liste avait été soumise aux parlementaires.

L’idée était de former un « gouvernement d’union nationale » ainsi que le prévoyait l’accord entre Ghani et Abdullah, issu de leur longue dispute électorale à la présidentielle de 2014, chacun accusant le camp adverse de fraudes.

Le Parlement s’étant retiré, Ashraf Ghani devra patienter jusqu’à la fin mars avant de présenter de nouveaux candidats, sans garantie de succès. Et pendant ce temps, les portefeuilles non attribués, dont celui crucial de ministre de la Défense, resteront sous la responsabilité de ministres par intérim, qui n’ont pas les mêmes pouvoirs que les véritables titulaires. « C’est très troublant pour l’Afghanistan de ne pas avoir de gouvernement complet à ce moment critique », souligne Abdul Waheed Wafa, directeur du Centre de recherche sur l’Afghanistan à l’Université de Kaboul.

« Les gens espéraient voir un gouvernement fort et uni mais avec le retard et le rejet de la plupart des membres du cabinet et les dirigeants en conflit, nous savons que cela n’aura pas lieu de sitôt », ajoute-t-il. Or les défis qui attendent le nouveau gouvernement ne manquent pas avec l’insurrection, toujours très active des talibans, la corruption ou encore l’état de l’économie.
Depuis 2001 l’économie afghane a reçu des milliards de dollars d’aide internationale.

Mais au moment du départ des troupes étrangères, les investissements eux aussi diminuent. Selon la Banque mondiale, la croissance afghane s’est contractée au cours des dernières années, passant de 14,4% du PIB en 2012 à 4,9% en 2013, puis 1,5% en 2014, en raison notamment des craintes liées aux élections, privant l’Etat de millions de dollars essentiels pour payer les fonctionnaires. 

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