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Nationale

Le vaccin qui a fait trembler l’école

Le vaccin qui a fait trembler l’école

Encore une fois, une campagne de vaccination suscite le doute chez les Algériens. Le vaccin ROR (vaccin contre la rubéole, les oreillons et la rougeole) a semé un vent de panique chez les parents.

Le professeur Khiati, président de la Fondation nationale pour la promotion de la santé et de la recherche (FOREM), a appelé le ministère de la Santé à geler cette campagne de vaccination jusqu’à nouvel ordre, et ce à cause de l’état psychologique des élèves et celui de leurs parents. M. Khiati a fait savoir que la plupart des parents ont boycotté le vaccin à cause de la panique qui a suivi l’introduction de ce vaccin. Selon lui, cette panique a été alimentée par l’absence de sensibilisation, de dialogue et de coordination, ce qui a contribué à la propagation de rumeurs quant à la dangerosité du vaccin.

Par ailleurs, le président de la FOREM a vivement critiqué l’introduction de nouveaux vaccins de la part du ministère de la Santé et celui de l’Education sans procéder à des campagnes de sensibilisation. Pourtant, dit-il, « ces vaccins nouvellement introduits dans nos écoles concernent des millions d’élèves ». Le Pr Khiati a également exprimé son étonnement quant aux contradictions entre le ministère de la Santé, qui a critiqué la distribution des formulaires aux parents d’élèves, et le ministère de l’Education qui, pour sa part, est resté silencieux. En effet, les parents d’élèves se sont vu délivrer un formulaire par les écoles primaires pour accepter ou pas de faire vacciner leurs enfants âgés de 6 ans avec le ROR. Le document fourni par l’école ne précise ni la nature exacte du vaccin ni sa composition, encore moins ses effets secondaires. Chose qui a suscité moult interrogations. L’Organisation nationale des parents d’élèves a donc mis en garde contre ce vaccin. Elle appelle à son boycott. Après concertation avec les parents d’élèves, l’Organisation nationale des parents d’élèves exige du ministère de la Santé des clarifications au sujet du nouveau vaccin destiné aux enfants âgés de 6 ans et plus, appelé ROR. 

L’APOCE met en garde
De son côté, l’Organisation nationale de la protection des consommateurs (APOCE) a lancé un appel urgent aux parents d’élèves pour boycotter ce nouveau vaccin, lancé par le ministère de la Santé en milieu scolaire, en attendant qu’ils soient informés sur les données précises concernant les composants du vaccin et ses risques. En effet, l’APOCE a affirmé que les parents avaient le droit de recevoir un complément d’informations et que les autorités compétentes sont dans l’obligation de les leur fournir. Les directeurs d’établissements ont, pour la première fois, exigé l’accord préalable des parents en leur demandant de signer une sorte de décharge assortie d’une déclaration de consentement. Cette procédure, qui a alimenté cette polémique, est « inacceptable », selon la même source.

De ce fait, l’APOCE a estimé que les parents ne peuvent signer cette décharge en l’absence d’informations suffisantes sur le contenu et les effets collatéraux de ce vaccin, lesquels peuvent se produire à court et à long terme, d’autant plus que certaines informations non confirmées affirment que ce vaccin contiendrait certaines quantités de substances minérales qui induiraient, selon certaines études, des maladies incurables. Cependant, l’Organisation algérienne de protection des consommateurs conseille aux parents de ne pas accepter cette vaccination jusqu’à ce que le ministère de la Santé établisse un formulaire unifié comprenant des données précises sur les composants du vaccin et les risques encourus, et ce afin que l’accord soit donné en toute connaissance de cause.

Le ministère de la Santé rassure
Le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière a rassuré les parents d’élèves quant à l’innocuité des vaccins du calendrier national, les appelant à poursuivre la vaccination de leurs enfants. Les vaccins du calendrier national sont « sûrs et conformes aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé », a soutenu, lors d’une conférence de presse, le directeur de la prévention et de la promotion de la santé au ministère, le professeur Smaïl Mesbah. Le responsable a insisté sur l’impératif de vacciner les enfants âgés entre 6 et 14 ans contre la rougeole et la rubéole, précisant que la vaccination était « obligatoire ».

Les ministères de la Santé et de l’Education nationale ont mobilisé pour cette campagne de vaccination 5 000 médecins et 8 000 agents paramédicaux au niveau de 1 800 unités de médecine scolaire à travers le territoire national.
De son côté, le Conseil national des professeurs de l’enseignement secondaire et technique de l’éducation (Cnapeste) a appelé hier les ministères de l’Éducation nationale et de la Santé à reporter la campagne de vaccination contre la rougeole et la rubéole dans le milieu scolaire.

Le Cnapeste, qui décrit une situation « d’horreur », demande aussi à commencer « immédiatement » une campagne de sensibilisation en utilisant les moyens appropriés afin de rassurer les parents et de préserver le moral des écoliers. Le syndicat conteste la conduite de la campagne de vaccination, notamment l’obligation faite aux parents de signer un document où ils s’engagent à prendre leurs responsabilités en cas de refus de vacciner leurs enfants.

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