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Nationale

Le travail mémoriel s’accomplira sans commission mixte

Le travail mémoriel s’accomplira sans commission mixte

L’historien Benjamin Stora a été reçu vendredi par le président français Emmanuel Macron, afin de lui confier la mission de mener « le travail mémoriel » lié à la question du « colonialisme et la guerre d’Algérie », selon la présidence française.

Cette mission s’inscrit dans le cadre de la démarche entreprise par les deux présidents algérien et français, pour tenter de régler la question de la mémoire entre les deux pays et visera à favoriser les voies de « la réconciliation entre les peuples algérien et français ». Ainsi des conclusions de ce travail mémoriel sont attendues à la fin de l’année en cours.

« Elle permettra de dresser un état des lieux juste et précis du chemin accompli en France sur la mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie, ainsi que le regard porté sur ces enjeux de part et d’autre de la Méditerranée », précise la présidence française.

Côté algérien, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune avait annoncé, il y a une semaine, avoir désigné Abdelmadjid Chikhi, directeur général du Centre national des archives et conseiller auprès de la Présidence chargé des archives nationales et de la mémoire nationale, afin de lui confier la mission « d’un travail de vérité sur les questions mémorielles entre l’Algérie et la France ».

Après des spéculations dans les milieux médiatiques sur les noms des historiens nationaux en mesure de prendre en charge le dossier de la mémoire si épineux, le choix est tombé sur M. Chikhi qui aura à présenter un travail sur une question qui semble être « une priorité » pour les autorités politiques à Alger. « Nous souhaiterons être des partenaires de la France et non des antagonistes, car le dossier de la mémoire est prioritaire et vient avant toute relation économique ou humaine », avait indiqué le ministre des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum le 11 juillet dernier.

Cependant, le chef de la diplomatie algérienne avait affirmé la position de l’Algérie de ne pas céder sur cette question mémorielle, et qu’après la récupération des restes mortuaires des résistants martyrs le 3 juillet passé, d’autres pas devront suivre pour arriver à un apaisement des relations entre Alger et Paris. Il avait mis l’accent à ce propos sur la récupération de tout le reste des ossatures des chouhadas qui se trouvent actuellement en France, ainsi que les archives et le règlement du dossier des essais nucléaires effectués durant les année soixante à Reggane au sud-ouest algérien. 

Pour rappel, le chef de l’Etat avait déclaré dans un entretien accordé au journal français L’Opinion que « l’historien Benjamin Stora a été nommé pour accomplir ce travail mémoriel pour la partie française ». La nouvelle s’est limitée à ce niveau sans plus de détails sur une éventuelle mise en place d’une commission mixte entre les deux pays.

De son côté, l’historien Stora a infirmé sur son compte Facebook l’existence de cette commission mixte, précisant qu’il s’agissait plutôt d’un « travail qui consiste à remettre des notes personnelles et réflexions autour de cette question ». 

A la veille de la réception de sa lettre de mission, M. Stora et lors de son passage jeudi dernier sur les ondes de RFI (Radio France Internationale), a souligné le fait qu’il n’est pas représentant de l’Etat français. « On ne peut jamais définitivement réconcilier des mémoires. Mais, je crois qu’il faut avancer vers une relative paix des mémoires pour précisément affronter les défis de l’avenir et pour ne pas rester prisonniers tout le temps du passé, parce que l’Algérie et la France ont besoin l’une de l’autre », a-t-il éclairé.

« L’histoire en Algérie comme en France est une histoire à enjeux. On a effectivement de part et d’autre de la Méditerranée à essayer d’approcher au plus près possible une histoire, qui soit celle des faits eux-mêmes et qui ne soit pas une histoire idéologisée en permanence », ajoute encore l’historien français d’origine algérienne.

Si les historiens chargés de ce « travail mémoriel » sont appelés à approcher au plus possible une histoire « non idéologisée » afin d’affronter « les évènements douloureux de la période coloniale », l’historien Mohamed Arezki Ferrad avait souligné dans un entretien accordé au Jeune Indépendant que « le règlement de la question mémorielle devrait passer par l’incrimination de la colonisation ».
 

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