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Op-Ed

Le tourisme est l’affaire de tous

Si il y a une question à laquelle devraient répondre les 1 000 participants parmi les universitaires, les experts et les professionnels invités aux Assises nationales du tourisme, c’est celle relative au désintérêt, voire au rejet de la destination Algérie par les Algériens, surtout en été.
En d’autres termes, pourquoi nos compatriotes, quand ils en ont les moyens, boudent nos plages et nos complexes pour se rendre par milliers chez nos voisins tunisiens, alors que nous avons une côte qui suffit largement à répondre à la demande, aussi bien sur le plan espace que sur celui de la beauté des sites, qui plus est, sont entièrement sécurisés grâce aux efforts consentis par les corps de sécurité, à leur tête l’ANP.
Selon des chiffres du ministère tunisien du Tourisme, publiés le 30 novembre par l’agence Sputnike, le nombre d’Algériens qui se sont rendus en Tunisie pendant les dix premiers mois de l’année 2018 a dépassé pour la première fois le cap symbolique des deux millions, soit une progression de 4,9% par rapport à 2017. En termes de recette, la Tunisie a engrangé 125 millions d’euros. À ce chiffre s’ajoute l’argent dépensé par les touristes algériens qui ont préféré, pour des raisons d’aisance financière, se rendre en Turquie qui en a accueilli en 2017 quelque 220 000, ou en Espagne, une destination très prisée pour celles et ceux qui disposent d’un visa Schengen. Pour résumer, il s’agit d’une perte sèche qui s’accumule d’année en année pour nos professionnels algériens, mais aussi pour le Trésor au moment où l’économie algérienne peine à trouver des alternatives aux devises issues des revenus pétroliers. L’Algérie qui avait bien connu, dans les années 1970, ses heures de gloire, n’a-t-elle pas aujourd’hui les moyens de le faire ?
La réponse est oui, mais encore faut-il définir les acteurs qui doivent contribuer à l’essor d’un secteur aussi stratégique, car il faut être honnête, ce n’est pas uniquement le département de Abdelkader Benmessaoud et encore moins les chiffres prometteurs en matière de capacité hôtelière qui vont pallier le déficit en clients. Le tourisme est l’affaire de tous et seule une approche transversale et synergique entre les différentes composantes de la société peut garantir la réussite des recommandations issues de ses assises et du SDAT 2030.
Le succès du tourisme commence certes par la prestigieuse école du tourisme de « l’Aurassi », mais il dépend également de la disponibilité des moyens de transport et de leur valorisation, des produits alimentaires de qualité et débarrassés de toute spéculation, d’un produit culturel intéressant, mettant en relief une histoire et une identité à découvrir pour les touristes étrangers, cela sans oublier bien sûr la propreté à laquelle il faudra un jour songer à consacrer un chapitre pour la résoudre. 

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