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Nationale

Le torchon brûle à l’OPEP

Le torchon brûle à l’OPEP

Aucune solution n’a été trouvée pour faire face à la chute des prix de pétrole hier à Vienne entre les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) qui ont quitté la table de réunion avec un total désaccord sur la question des quotas.

Le volume global de 31.5 millions de barils par jour a été maintenu alors que des pays comme le Venezuela ou l’Algérie plaidaient pour une baisse de la production pour relancer les prix qui ont atteint hier les 40 dollars.

Au terme de la réunion le Brent était à 42.94 dollars tandis le baril (léger) était 39.99 dollars. Le baril perdu plus de 60% de sa valeur depuis la mi-2014, une situation qui ne semble pas émouvoir l’Arabie Saoudite et ses alliés du Golfe qui, au poursuivent leur action « destructrice » des démarches prônées par les autres membres, selon les analystes.

Les ministres des 12 pays de l’OPEP en plus de l’Indonésie, qui a signé son retour au sein de l’Organisation après six ans d’absence étaient censés relevé leur quota théorique de production uniquement pour prendre en compte l’arrivée de Jakarta, dont la production représente actuellement quelque 850.000 barils par jour.

« Les prix actuellement sont trop bas pour permettre de financer le renouveau de la production et de l’offre donc si nous ne faisons rien, sur le moyen terme, il y aura des problèmes d’offre », a observé le ministre algérien de l’Energie, Salah Khebri, soulignant que cette situation n’arrangeait personne, ni les pays producteurs, ni les compagnies pétrolières internationales. « La situation du marché est excédentaire, tout le monde le sait. Il y a trop de production, cette production n’est pas seulement imputable à l’OPEP, elle est imputable à tous les acteurs », a précisé M. Khebri.

La chute des cours du brut, qui évoluent actuellement non loin de leurs plus bas en six ans et demi, est en grande partie imputable à l’offensive commerciale de l’OPEP, Arabie saoudite en tête, qui inonde le marché d’or noir pour contrer l’essor des hydrocarbures de schiste aux Etats-Unis, mais aussi aux pays non membres de l’Organisation, notamment la Russie, dont la production a récemment atteint des niveaux records.

Les experts estiment toutefois que les pays du Golfe, soucieux plus que jamais de préserver leurs parts de marché alors que l’Iran prépare son retour sur le marché, n’accepteront de réduire leur production que si les producteurs extérieurs à l’OPEP s’engagent également dans cette voie.

L’Arabie Saoudite et les autres pays de la péninsule arabique « sont manifestement d’accord pour maintenir leur stratégie de hausse de la production, en dépit des contraintes importantes que cela fait peser sur leurs finances publiques et sur leur modèle social, habituellement très généreux « , a affirmé Christopher Dembik, expert en questions énergétiques. 

« Les pays membres de l’organisation qui souffrent beaucoup plus des prix bas, comme le Venezuela et l’Algérie, sont complètement muselés. Ils ne peuvent actionner aucun levier pour faire pression sur le bloc du Conseil de Coopération du Golfe « , a-t-il dit.
Les experts voient mal comment des acteurs clés, comme l’Irak et l’Iran, qui n’ont pas pu profiter autant que les autres de la période de forte hausse des prix du pétrole pendant la décennie 2000, accepteraient aujourd’hui de baisser leur production.

Selon eux, ils ont une volonté réelle et certainement légitime de reconquérir les parts du marché ultérieurement perdues. Dès la levée totale des sanctions, la production iranienne devrait grimper de 2,8 millions de barils par jour à environ 4 millions de barils au début de l’année prochaine.

Dans tous les cas, même si la production iranienne n’augmente que de 1,2 million de barils par jour, ce sera suffisant pour asphyxier davantage le marché pétrolier, estiment les experts. Tout indique que l’excès d’offre sur le marché pétrolier va demeurer car cette situation, pour l’instant, convient aux principaux producteurs pétroliers de l’OPEP.

Le ministre russe de l’Energie, Alexandre Novak, a ainsi répété jeudi qu’il ne jugeait pas judicieux que la Russie baisse son niveau de production et estimé qu’il serait « opportun pour l’OPEP de respecter les quotas qu’elle fixe ».

De son côté, l’Iran a de nouveau revendiqué jeudi son droit à augmenter sa production dès que la levée des sanctions occidentales serait effective, estimant que Téhéran n’avait aucune responsabilité dans la chute actuelle des cours. « C’est la responsabilité des membres producteurs de l’OPEP et des autres qui ont produit plus que le plafond », s’est défendu le ministre iranien du Pétrole, Bijan Namdar Zanganeh.

Le ministre vénézuélien du Pétrole, Eulogio del Pino, a, quant à lui, appelé une nouvelle fois à une réduction de 1,5 million de barils par jour, soit 5% de la production réelle de l’OPEP, qui dépasse dans les faits son quota de quelque 2 millions de barils par jour. 

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