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Nationale

Le Syrpalac échoue face aux spéculateurs

Le Syrpalac échoue face aux spéculateurs

Les fortes pluies et le manque de main-d’œuvre agricole ont retardé la récolte de la pomme de terre, d’où la flambée du prix de ce produit sur le marché.

Ce sont du moins les explications du ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Abdelouahab Nouri, qui annonce des champs de pommes de terre de plus de 15 000 hectares en attente. « Nous avons connu une pluviométrie très importante qui a retardé la récolte de la pomme de terre.

Mais en plus des difficultés d’accès aux champs, les producteurs n’ont pas trouvé suffisamment de main-d’œuvre qui accepte de travailler dans de pareilles conditions », a expliqué le ministre en marge d’une séance de questions orales tenue jeudi au Conseil de la Nation. Produit de large consommation, le prix de la pomme de terre a atteint la barre de 100 dinars le kilogramme sur les marchés au moment où les rendements et les superficies dédiées à cette culture sont en constante augmentation.

En effet, la production moyenne de l’Algérie en pomme de terre atteint en moyenne 44 millions de quintaux selon les chiffres du ministère. Une quantité jugée suffisante pour répondre à la demande -évaluée à 40 millions de quintaux- et garantir des prix stables de ce produit de large consommation, sans recourir aux importations, estiment les responsables de la filière.

Les professionnels de la filière estiment que le stockage de plusieurs tonnes de ce produit dans les chambres froides est le meilleur moyen pour stabiliser les prix en évitant la flambée des prix mais aussi leur effondrement en cas de surabondance du produit qui risque de causer des pertes financières importantes aux agriculteurs.

Une approche adoptée depuis 2008 à travers le Syrpalac, un système de régulation des produits agricoles à large consommation, notamment de la pomme de terre afin de barrer la route aux spéculateurs et protéger ainsi le pouvoir d’achat des ménages. Six ans après, le Syrpalac a prouvé son échec.

Le marché des fruits et légumes notamment la pomme de terre échappe totalement au contrôle. Le prix de ce féculent de très large consommation dépasse parfois la barre de 100 dinars le kilogramme alors que les opérateurs économiques propriétaires de chambres froides bénéficient toujours des primes de stockage établit à 1,80 dinars par mois pour chaque kilogramme conservé.

Un agronome au ministère de l’Agriculture incrimine les services de contrôle du ministère de Commerce qui ne font pas le suivi de ces chambres froides, utilisées par certains à contresens.

« Au lieu de réguler le marché en le préservant de la spéculation, ces chambre froides sont devenues un outil pour les spéculateurs », a-t-il regretté. D’ailleurs, le ministre du Commerce, Amara Benyounès, a clairement affirmé que son secteur ne peut rien contre l’envolée des prix en justifiant cela par la loi du marché dont les prix sont déterminés par l’offre et la demande.

« Même si la pomme de terre serait vendue à 3000 dinars le kilo, c’est la loi de l’économie de marché », a-t-il déclaré la semaine écoulée lors de sa dernière visite à Mascara. Le ministre a, par contre, passé sous silence les intermédiaires qui se sont accaparés du marché des fruits et légumes, faisant main basse sur des filières juteuses.

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