Le syndicat rejette le statut particulier des médecins généralistes – Le Jeune Indépendant
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Nationale

Le syndicat rejette le statut particulier des médecins généralistes

Le syndicat rejette le statut particulier des médecins généralistes

Le Syndicat national des médecins généralistes de la santé publique (SNMG/SP) a catégoriquement rejeté la version de leur statut particulier présentée par la fonction publique. C’est ce qu’a affirmé au Jeune Indépendant le président du syndicat, le Dr Abderrahmane Maskri.

Le président du SNMG/SP lance un appel au président de la République, Abdelmadjid Tebboune, pour prendre en charge leurs doléances puisque leur statut devrait être incessamment promulgué.

Il réclame la prise en charge de leurs revendications dans la mouture finale du statut particulier de la corporation tel que négocié avec le ministère de la Santé, et ce conformément aux directives du président de la République, qui a appelé à l’amélioration des conditions socioprofessionnelles des professionnels de la médecine.

Le Dr M. Maskri explique que suite à la lecture de la copie révisée du statut élaboré par la fonction publique, censée prendre en compte les propositions finalisées entre la commission de la révision des statuts particuliers du ministère de la Santé et le syndicat, il s’est avéré que « seulement 5 % de nos propositions ont été prises en compte ».

Il ajoute qu’« il n’y a pas du tout de grand changement dans l’amendement des statuts tel que nous le revendiquons depuis des années. Bien au contraire, il y a même une certaine régression puisque nos droits ont été réduits alors que nos obligations ont été augmentées ».

Le président du SNMG/SP insiste sur le fait que cette version de la révision du statut particulier telle que proposée par la fonction publique va aggraver les problèmes spécifiques à la carrière des médecins généralistes et, par ricochet, aggraver le phénomène de la fuite des médecins du secteur public vers le secteur privé et vers l’étranger.

Il tient à mettre en exergue que la consternation parmi les médecins généralistes est d’autant plus grande que la mouture envoyée à la fonction publique a été élaborée et validée en concertation avec le ministère de la Santé, et ce sur la base de toutes les dispositions légales telles que les circulaires, les arrêtés ou les décrets et les lois en vigueur.

Ainsi, la fonction publique n’a pas tenu compte de la principale revendication qui est la création d’un statut particulier pour les médecins généralistes. Le syndicaliste explique que le ministère avait validé cette proposition après avoir été convaincu par l’argumentaire présenté par le SNMG/SP. Dans leur plaidoyer, les syndicalistes avaient souligné que les médecins généralistes ont un cursus universitaire de bac+7 et que ce n’est pas logique qu’ils soient intégrés dans un statut avec d’autres corps qui ont fait moins d’années d’études universitaires.

De plus, le diplôme de médecin généraliste est délivré avec un diplôme de docteur en médecine et non de praticien, d’où l’impératif d’un statut correspondant à leur cursus.

Pour cela, le SNMG/SP réclame que « les médecins généralistes soient classés dans un corps à part afin de créer les grades en fonction de notre corps et pouvoir ainsi intégrer les compétences et les formations post-graduation ». Il ajoute que l’objectif est « un changement en profondeur de l’évolution de carrière ».

En termes de titre, le nouveau projet de statut particulier comporte la création du titre de « médecin référent ». Ainsi, il est spécifié dans la version présentée à la fonction publique qu’au bout de cinq ans de pratique, tout médecin généraliste peut prétendre au titre de médecin référent. Mais la fonction publique n’a pas pris en compte cette proposition et a complètement occulté d’intégrer statutairement le titre de médecin référent.

Le Dr Maskri précise que le médecin référent existe dans la loi de la santé 2018 mais n’existe pas dans le statut particulier, d’où l’importance de l’intégration du titre de médecin référent dans les statuts particuliers pour qu’il soit rémunéré avec une bonification.

De plus, à maintes reprises, ces derniers mois, le ministère de la Santé a souligné l’importance de la place du médecin référent dans le système de santé du fait que le médecin est celui qui va assurer le suivi du malade depuis les premiers symptômes jusqu’au parcours de fin de vie, rappelle le syndicaliste.

L’autre point de discorde par rapport à la nouvelle mouture des statuts particuliers est celui de la valorisation des compétences. Le syndicaliste explique qu’il n’y a pas de reconnaissance des certificats d’études supérieurs, soulignant que cela risque fortement de démotiver les médecins quant à faire de la formation continue puisque cela n’ouvre pas droit à une rétribution ni à une valorisation de grade.

Il rappelle que le ministère de l’Enseignement supérieur reconnaît les CES mais la fonction publique ne reconnaît que les diplômes, pas les CES.

Il s’indigne également du fait que la revendication de la réglementation des heures de travail des médecins généralistes n’a pas été prise en compte. Pourtant, lors des négociations avec le ministère de la Santé, un consensus a été conclu pour la réglementation statutaire du volume horaire des heures de travail à 35 heures, incluant les heures de garde. Le président du SNMG/SP affirme à ce sujet qu’« actuellement, beaucoup de médecins dans certains établissements travaillent plus de 70 heures par semaine ».

Il explique que du fait de la persistance d’un flou réglementaire, dans la majorité des cas, les médecins généralistes sont astreints à faire, en plus de leurs 40 heures de travail, trois ou quatre gardes. Par conséquent, il dépasse les horaires légaux de travail, souvent jusqu’à 70 heures par semaine.

En outre, le texte émis par la fonction publique ajoute de nombreuses nouvelles tâches au médecin, sans oublier la mobilisation du médecin pour travailler en dehors de l’établissement d’origine, à tout moment, et ce sans aucune compensation financière.

Face à cette situation, le SNMG/SP a transmis une réclamation officielle au président de la République, au chef du gouvernement, au ministère de la Santé et au secrétariat générale de la fonction publique rejetant la mouture telle que présentée par la fonction publique, appelant à prendre en compte la version élaborée avec le ministère de la Santé.

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