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Nationale

Le syndicaliste Merabet : « Il faut instaurer un climat de confiance »

Le syndicaliste Merabet  :  « Il faut instaurer un climat de confiance »

Aussitôt plébiscité président de la République, Abdelmadjid Tebboune a tendu sa main au mouvement populaire et l’a appelé au dialogue. Ce dernier n’est pas rejeté. « Ce n’est pas le meilleur choix, mais c’est le seul choix ». Conditionné par des préalables, ce dialogue doit définir les objectifs et il faut surtout éviter de reproduire l’échec du panel de dialogue de Karim Younes.

C’est ainsi que le dialogue est perçu par Lyès Merabet, président du Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP) et coordinateur de la Confédération des syndicats algériens (CSA).

Dans sa déclaration au Jeune Indépendant, il a indiqué que « le fait est là ! » Tebboune est élu Président, et c’est lui le représentant du pouvoir. Un pouvoir qui, dit-il, « n’a pas trop le choix de continuer sans le peuple ». Pour lui, il est nécessaire d’asseoir un climat favorable et se mettre d’accord sur les préalables. Pour ce faire, il est essentiel que le pouvoir prenne des décisions concrètes pour apaiser les esprits et établir un climat de confiance. Il faut donc, estime-t-il, libérer les activistes du hirak qui sont nombreux à croupir en prison pour seulement avoir voulu porter la voix du peuple, citant au passage le moudjahid Lakhdar Bouregaâ, Karim Tabou, Abdelwahab Fersaoui…Il faut aussi garantir la liberté d’expression et donner la parole à tout un chacun malgré les divergences et surtout, souligne-t-il, alléger le dispositif sécuritaire déployé autour des manifestants qui, pourtant, agissent pacifiquement.

« Il n’y a aucun prétexte pour instaurer ce dispositif incroyable si ce n’est de dissuader les gens de sortir manifester », précise-t-il. Des préalables posés, rappelons-le, en septembre dernier par le panel de Karim Younes, et que la Présidence avait ignoré.

Si du côté du pouvoir on a un représentant, il faut qu’il en soit de même du côté du hirak. Une question que le mouvement populaire appréhende, lui qui a su garder son caractère horizontal et son union depuis le 22 février. Merabet, qui a aussi coordonné la rencontre des dynamiques de la société civile, rappelle dans ce sens les différentes feuilles de route élaborées, notamment dans le cadre de la plateforme de Aïn Benian, celle initiée par des forces du pacte de l’alternative démocratique et celle proposée par les dynamiques de la société civile ; des initiatives qui peuvent donc tenir la route. Selon lui, on peut s’organiser autour de ces feuilles de route et il ne faut surtout pas compliquer les choses.

Cependant, même si le dialogue est lancé, la mobilisation à travers les manifestations pacifiques doit continuer en y associant d’autres actions civiques. « C’est une manière d’accompagner, d’appuyer et de soutenir ceux qui vont dialoguer », explique le coordinateur de la CSA qui se dit favorable au dialogue « sans précipitation » et sans « mettre la pression sur le hirak ».

Travailler dans la transparence est également recommandé, car le doute derrière l’initiative risque de faire échouer cette démarche. De fait, on signale déjà des appels lancés par des « activistes du hirak » pour établir le dialogue et que des rencontres sont déjà programmées. « S’il y a ceux qui ont demandé le dialogue, il faut les nommer et ainsi travailler dans la transparence. » C’est ce qu’a déclaré Merabet, qui affirme n’être sollicité par une aucune partie pour participer au dialogue. Et le cas échéant, il compte ne pas prendre de décision à titre personnel. « C’est une question qui doit être discutée. Il faut revenir aux espaces organisationnels (SNPS, CSA) pour adopter une position », a-t-il précisé.

Se disant favorable au principe du dialogue, le syndicaliste met toutefois en garde contre le risque de refaire les erreurs du dialogue du panel. « Il ne faut pas reproduire le même échec. Il faut instaurer un climat de confiance » a-t-il affirmé, signalant que le panel de Karim Younes a été boycotté par les représentants réels du mouvement populaire. Un « dialogue » qui avait un objectif précis, celui d’aller vers l’élection présidentielle.

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